VDS95 PSYKA AGRESSEUR DANS CAUCHEMARS ENFANTS 130707
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Par cette action, l’agresseur réduit la distance qui le sépare de la victime. Dans la majorité des cas, cette action de l’agresseur succède à son irruption, mais aussi à sa simple manifestation ou à l’action par laquelle la victime s’expose au danger. Quant aux événements qui lui succèdent, ils se répartissent également en nouvelles actions de l’agresseur (poursuite, capture, éduction à l’impuissance, sévices ou meurtre) et actions défensives de la victime : fuite, aide demandée ou reçue. Enfin, le récit peut s’interrompre après avoir mentionné l’approche de l’agresseur.
On peut remarquer qu’une même action a une signification différente selon le personnage qui l’exécute. En effet, le fait pour l’agresseur de se cacher se traduit par un surcroît de puissance alors que pour la victime il était une simple action défensive, bien souvent inefficace d’ailleurs. L’agresseur peut utiliser la magie pour disparaître ou se cacher, par exemple, dans une grotte. On peut noter qu’à l’apparition d’un auxiliaire, l’agresseur peut se cacher et réapparaître ce qui mettra l’auxiliaire en position de faiblesse, lequel cherchera de l’aide. Tout se passe comme si en se cachant l’agresseur s’était retrempé dans son élément et se manifestait ensuite avec une puissance accrue. Généralement, ce constituant a un caractère statique plutôt que dynamique : l’agresseur est caché. Il pourrait alors être considéré soit comme une motivation (expliquant dans certains cas pourquoi la victime se dirige vers son agresseur) ou encore comme une espèce d’attribut de l’agresseur.
Il s’agit beaucoup plus souvent d’un attribut de l’agresseur que d’une action ayant pour elle‑même une signification dans le récit. Le fait, pour un auxiliaire de se déguiser, a une signification morphologique plus précise.
Par cette action, l’agresseur impose un déplacement à la victime, mais tandis que l’enlèvement est caractérisé par son point d’origine, c’est la narration qui est caractéristique de ce déplacement : le lieu d’arrivée est toujours le repaire de l’agresseur. Cette décision de décomposer un même mouvement en deux parties définies l’une par le point de départ et l’autre par le point d’arrivée se justifie par l’insistance de nombreux récits non seulement sur les déplacements mais aussi sur les lieux : elle sera discutée à nouveau lorsqu’on étudiera plus précisément la signification des lieux et des mouvements dans le cauchemar. Le repaire peut être caverne, grotte toute noire, vieille cabane dans la forêt.
Il s’agit d’une action ponctuelle par laquelle l’agresseur se saisit de sa victime et que l’on homologue indépendamment de toute indication de lieu ou de déplacement.
L’agresseur peut commettre un cambriolage. Quand sa nature est précisée, l’objet dérobé est un objet de valeur : argent, sac à main, bijoux, etc. D’ailleurs, il est possible que l’objet change d’identité en cours de récit, par exemple si l’objet est un contenant (une valise avec de l’argent qu’il y avait à l’intérieur). Mais, le cambriolage peut également s’accompagner d’une capture de la victime. De toute façon, avec ou sans capture de victime, l’objet est souvent personnifié et sa perte est vécue comme une perte véritable pour l’enfant, en cela que l’objet aimé devient séquestré dans le repaire de l’agresseur.
Généralement, l’irruption est toujours présente dans les récits.
Réduction à l’impuissance de la victime, transport au repaire, meurtre ou encore fuite (avec ou sans aide d’auxiliaire).
C’est une action par laquelle l’agresseur impose à la victime un changement de lieu. L’enlèvement apparaît donc comme un événement significatif du récit qui mérite, malgré les difficultés, d’être distingué et de la simple capture et du transport au repaire.
C’est une sorte de rubrique des « coups et blessures ». Il convient de distinguer des formes normales : les formes affaiblies de sévices et une forme spéciale : les lésions.
L’agresseur frappe la victime, lui donne des coups de fouet, lui inflige des tortures, tentative de mort de faim. Il s’agit dans bien des cas d’une atteinte douloureuse à l’intégrité du corps. Cependant, il arrive qu’il y ait attaque bien davantage cruelle : fouet, ou encore morsures et donc supplice et lésions.
Cela concerne les questions posées par l’agresseur à sa victime, elles peuvent avoir une connotation sexuelle. L’agresseur peut encore menacé de tuer la victime, sans le faire de façon effective : la menacer de la dévorer, de la brûler vive, etc. La victime peut finir par s’enfuir, dans le verbal n’aura pas l’occasion d’être accompli, elle aura pu bénéficier d’une aide d’un auxiliaire.
Cela est assez voisin des tâches pénibles. L’agresseur peut lui ôter ses vêtements, lui imposer de faire du ménage, faire tomber la victime de son lit, l’allonger sur une table, etc.
Cela est le plus souvent : piqûres, morsures, coups de cornes, blessures résultant d’armes blanches, enfermement et dans une sorte de prison (ce qui symbolise une sanction par excellence) : lâcher la victime dans un labyrinthe, une cave, une chambre sans lumière, etc. Du point de vue de leur place dans le récit, ces sévices ne sont malheureusement pas bien caractérisés par les événements qui les précèdent, trop divers. Ils le sont un peu mieux par ceux qui leur succèdent : le meurtre, mais aussi des actions par lesquelles la victime se défend ou des interventions auxiliaires. Or, la distribution des événements qui suivent la forme typique des sévices est sensiblement analogue : meurtre, opposition de la victime, intervention d’auxiliaires, etc.
La différence entre meurtre et sévices n’est pas toujours nette, et bien souvent le meurtre apparaît comme une amplification des sévices.
Le meurtre de la victime est un événement fréquent, mais représente généralement un événement culminant et ultime du récit, bien qu’à la mort, parfois, le récit continue : il peut arriver que des auxiliaires s’en prennent à l’agresseur, autre cas de figure possible, une victime peut être tuée et les autres peuvent réussir à s’enfuir. Ou, une victime dévorée peut réussir à s’en sortir…
Les événements qui le précèdent sont, le plus souvent, la manifestation ou l’irruption de l’agresseur, la capture ou la réduction à l’impuissance, les sévices. Cela peut être exécuté de différentes manières, d’où l’utilité d’en examiner les variantes et d’indiquer les raisons qui conduisent à les enregistrer néanmoins dans une même classe d’événements. Les cas les plus simples, et aussi les moins instructifs, sont ceux où le récit ne précise pas la manière dont le meurtre est accompli, seul le terme « tuer » est employé. Parmi les formes du meurtre que spécifie le récit, on peut distinguer les suivantes : l’agresseur dévore la victime, l’étrangle, la jette au feu ou la brûle, la précipite dans l’eau ou dans le vide, lui administre du poison, la tue avec des armes blanches, lui coupe la tête, la coupe en morceaux, l’écrase en la piétinant, etc. La distribution des événements qui précèdent le meurtre est sensiblement la même pour les différentes variantes du meurtre.
La rencontre entre l’agresseur et la victime est un moment important du cauchemar. Lorsque cette rencontre se produit à l’extérieur, en particulier dans des lieux ou des circonstances favorables à l’agresseur : la victime s’expose au danger. Lorsque le récit ne précise pas le lieu de cette rencontre, on considère qu’il s’agit d’une manifestation de l’agresseur. Le lieu violé par l’irruption de l’agresseur est soit la maison de la victime, soit une de ses parties (chambre à coucher, le plus souvent), soit encore dans le lit de la victime. On a cru pouvoir homologuer un cas où les agresseurs font irruption à l’intérieur d’un compartiment de chemin de fer où dorment les victimes. En effet, dans plusieurs récits, la victime est dans son lit, en train de dormir, au moment où l’agresseur pénètre chez elle, sans oublier que l’agresseur peut sortir la victime de son lit. Dans le cas où le récit le précise, l’irruption est une action violente, accompagnée d’effraction, ou au contraire un action insidieuse : l’agresseur possède une clef dont il s’est éventuellement emparé. Les fenêtres représentent sans doute une faiblesse dans la protection qu’assure le domicile, puisque c’est souvent par là que l’agresseur fait irruption, parfois en volant. Pour ce qui est de ses contextes, l’irruption est une action presque toujours initiale. L’irruption peut même être le seul événement dans le cauchemar. La victime peut bénéficier de l’aide d’un auxiliaire ou laquelle, au contraire, fait le jeu de son adversaire en s’approchant de lui ou en tombant. Sinon, le schéma peut être le suivant : approche, rapt, cambriolage, réduction à l’impuissance, sévices, ou encore meurtre.
La manifestation de l’agresseur est l’un des événements les plus fréquents du cauchemar et il n’est pas rare que dans un même récit, l’agresseur ou l’un de ses associés se manifeste plusieurs fois. La simple mention de la présence d’un agresseur peut constituer en elle‑même un récit de cauchemar. Mais, dans nombre de cas, cette présence est l’objet d’une mise en scène et surtout, dans la majorité de ses occurrences, la manifestation de l’agresseur a une valeur dramatique démontrée par le contexte. C’est ce dernier point qui rend légitime d’accorder à la simple présence de l’agresseur la valeur d’un événement : c’est en tant que cette présence est chargée de menaces, donc d’actions possibles, qu’elle est un moment réel du récit. Mais, elle est elle‑même, dans suffisamment de cas, un événement dont il importe de relever comment il s’actualise et quelles conséquences il entraîne.
Cela est très courant chez les enfants jeunes, voire très jeunes. Généralement, ces apparitions ne comportent aucune indication de lieu. La présence de l’agresseur constitue une fonction de l’agresseur. De façon typique, l’apparition précède le fait que l’agresseur dévore la victime.
En général, le mouvement ou une spécification de l’action est renforcée : des animaux peuvent montrer leurs dents, l’atmosphère devient alors lourde et menaçante. Une forme encore plus marquée de la menace est l’attaque. Dans ces récits, il est d’ailleurs généralement possible d’identifier la victime, mais la nature exacte des actions subies par elle reste encore conjecturale. Pourtant, dans certains cas, un commentaire du sujet permet d’affirmer qu’il s’agit bien d’une façon plus explicite d’exprimer des actions de l’agresseur. Il paraît donc légitime de considérer ce que l’on a appelé provisoirement des « formes renforcées » de la présence plutôt, ainsi qu’on l’a déjà proposé pour les formes simples de présence, comme des expressions dégradées d’actions à la fois plus précises et sans doute plus nombreuses : de même la simple présence, l’attaque peut être l’expression concentrée à la fois de l’approche d’un agresseur et de l’exécution de quelques‑uns de ses méfaits habituels.
De nombreux récits réalisent une mise en scène significative de l’apparition de l’agresseur et créent de la sorte une ambiance dramatique. Par exemple, l’agresseur, avant de se montrer à sa victime, peut lui faire connaître sa présence par des signes inquiétants : par des bruits qui sont d’autant plus effrayants, parfois, que la victime est dans l’obscurité. Plus impressionnantes encore, les manifestations d’un agresseur qui reste néanmoins invisible. Parfois aussi, la présence des agresseurs se fait insistante, leur menace se précise : ils entourent la victime, la dominent, ou se multiplient et, tout en n’exécutant aucune action, lui coupent toute retraite et la réduisent, par leur seule présence multipliée, à l’impuissance. Certains récits amplifient ce procédé : tout y est présence mystérieuse de l’agresseur. Il est possible que soit ainsi exprimée la puissance de l’agresseur, comme aussi dans les récits où c’est sa façon d’apparaître qui est soulignée : mystérieuse et inattendue quand c’est par le trou d’une cheminée ou encore d’ailleurs très cinématographique dans ces récits où l’agresseur se manifeste par plans successifs. De même que certaines des conditions dans lesquelles la victime s’expose au danger soulignaient sa faiblesse, certaines des modalités d’apparition de l’agresseur suggèrent sa puissance.
L’étude des actions qui suivent l’apparition de l’agresseur permet d’établir que celle‑ci possède bien une fonction dans le déroulement du récit. Généralement, c’est une nouvelle action de l’agresseur qui s’ensuit : approche, poursuite, capture, etc. Mais, aussi souvent, c’est une action de la victime qui a lieu : fuir, se cacher, s’opposer à l’agresseur, demander de l’aide – ou en recevoir – quand ce n’est pas tomber et faire ainsi le jeu de l’agresseur. Dans d’autres récits, au contraire, c’est par l’événement qui précède la manifestation de l’agresseur qui peut être démontrée la fonction de celle‑ci dans le récit. Par exemple, lorsque la victime fuyant un premier danger se trouve en face à un agresseur. Il est clair alors que la manifestation de l’agresseur constitue un obstacle à l’action de la victime. L’agresseur ayant transportée la victime dans son repaire, la victime se trouve en présence de nouveaux agresseurs. Mais, bien souvent, les nouveaux agresseurs ne se livrent à aucun forfait et se contentent, pour ainsi dire, d’imposer leur présence à la victime. En comparant ces à ceux où les nouveaux agresseurs s’en prennent à leur victime, on peut se demander si la seule présence n’y équivaut pas à des sévices. On voit, en tout cas, que s’il est des récits où la présence est un équivalent dégradé d’autres actions, il en est aussi où elle se révèle un élément effectif de l’action dramatique. S’il est légitime de classer les personnages en fonction des actions qu’ils exécutent, il n’en demeure pas moins que chaque personnage est aussi porteur des actions qu’il pourrait accomplir, et que sa simple apparition les évoque déjà.
Il s’agit ici d’une action par laquelle l’agresseur réduit la distance qui le sépare de la victime. Mais, il y a deux traits distinctifs : l’agresseur et la victime ne sont pas face à face ; la victime est généralement en mouvement, si bien qu’il y a quelque raison de considérer que la poursuite cumule deux actions, l’une de l’agresseur et l’autre de la victime. Cette dernière composante est manifeste dans plusieurs récits, soit que la fuite de la victime précède l’action de l’agresseur, soit qu’elle soit mentionnée après. D’une manière moins explicite, il est clair que la victime poursuivie est elle‑même animée d’un mouvement de fuite : lorsque l’action immédiatement précédente réalise une confrontation entre l’agresseur et la victime (manifestation ou approche de l’agresseur) la poursuite implique un et même deux déplacements de la victime : se retourner et fuir.
Il s’agit d’actions par lesquelles l’agresseur neutralise les possibilités de défense de la victime : en la ligotant, il l’empêche soit de combattre soit de fuir, en la bâillonnant il l’empêche de crier ou d’appeler à l’aide, en l’enfermant il lui ôte toute possibilité de fuite. on a considéré comme leur étant équivalents ceux où les agresseurs encerclent leur victime, ce qui a pour effet de lui supprimer la possibilité de s’enfuir, ainsi que quelques cas où la capture de la victime est réalisée de façon telle qu’elle entraîne son immobilisation. On voit que si la réduction à l’impuissance peut être exécutée de diverses manières, sa signification dans l’action est bien définie. Elle peut d’ailleurs connaître des degrés. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, capture et réduction à l’impuissance se laissent assez bien distinguer, même si la réduction à l’impuissance apparaît comme une forme renforcée de capture. Concernant l’utilisation d’un véhicule utilisé par l’agresseur, la question est de savoir s’il faut le considérer comme un simple moyen de transport ou comme une forme de repaire. Mais, dans les deux cas, cela entraîne une réduction à l’impuissance pour la victime. Généralement, la réduction à l’impuissance est suivie le plus souvent de sévices et parfois, y succède un meurtre. La victime ne tente pas souvent de se défendre, mais, plus souvent, elle demande et obtient de l’aide d’auxiliaires.