Le gouvernement et les écologistes Mme Royal sur tous les fronts " verts "
vant
l'inévitable pause aoûtienne, Mme Ségolène Royal, ministre de
l'environnement, multiplie les déclarations et les missives. Dans la
revue Plaisirs de la chasse, elle suggère aux fédérations
départementales de chasseurs de s'entendre localement avec les
propriétaires qui refusent de laisser chasser sur leurs terres. Faute
de pouvoir modifier la loi Verdeille, qui accorde le droit de chasser
partout où se sont constituées des associations communales de chasse
agréées (ACCA), Mme Royal propose donc l'expérimentation locale du
droit de non-chasse, dont la seule évocation hérisse le poil de tous
les chasseurs. Dans l'espoir, sans doute, de se concilier la
sensibilité anti-chasse de certains écologistes...
Le ministre de l'environnement a aussi écrit à son collègue de l'équipement, M. Jean-Louis Bianco. Elle lui demande de lancer une procédure de déclaration d'utilité publique complémentaire pour la traversée, par la future autoroute A 16, du vallon de l'Authie, un site fragile entre la Somme et le Pas-de-Calais. Elle a pu annoncer cette bonne nouvelle par une lettre à Mme Marie-Christine Blandin, présidente " Verte " du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, qui lui avait écrit le 15 juillet après la déclaration d'utilité publique de l'autoroute A 16 par le ministre de l'équipement. Mme Royal en profite pour dire qu'elle " partage le point de vue " de Mme Blandin sur la nécessité de rééquilibrer les transports au profit du rail.
Dans sa lettre au ministre de l'équipement, Mme Royal demande aussi à M. Bianco d'étudier " un tracé alternatif " pour le passage du futur TGV Sud-Est dans le département de la Drôme. Le ministre de l'environnement écrit qu'elle ne peut que " s'opposer " à la traversée d'un périmètre à haut risque comme le site de la centrale nucléaire du Tricastin et de l'usine de Pierrelatte. En outre, Mme Royal fait remarquer que le tracé actuel traverse les ramières du Val de Drôme, une forêt alluviale où vit notamment le castor, espèce protégée.
Mme Ségolène Royal se démène donc sur tous les fronts pour tenter de plaire aux écolos, aux Verts... et même aux chasseurs (en ne proposant pas de faire abroger la loi Verdeille). Tous ceux dont les voix seront bien utiles en 1993.
CANS ROGER
Article paru dans l'édition du 25.07.92