Ségolène Royal veut accélérer l'application du plan d'intégration des handicapés
AGIR EN FAVEUR des personnes handicapées est du même ressort que le
combat pour la parité homme-femme. » Ségolène Royal, ministre déléguée
à la famille et à l'enfance, a présenté, mercredi 18 juillet en conseil
des ministres, les douze mesures de son « plan d'action en faveur des
personnes handicapées ». Regrettant qu'en France « on ne s'étonne pas
de ne pas voir, dans une entreprise, dans une école ou à la télévision
» des personnes handicapées, la ministre entend « changer le regard de
la société » sur les quelque trois millions et demi de personnes en
situation de handicap afin que « les fragilités humaines ne soient pas
aggravées par l'environnement, les normes dominantes et les préjugés ».
En charge de ce portefeuille depuis mars - après le départ de Dominique Gillot du gouvernement - la ministre souhaite donner une « nouvelle impulsion » au plan triennal pour l'intégration des handicapés, présenté en janvier 2000 par le premier ministre. Ecole, emploi, logement, transports, loisirs, structures spécialisées, rénovation de la loi de 1975, Ségolène Royal reprend tous les grands thèmes du plan de Lionel Jospin en y ajoutant sa touche personnelle. Ainsi « la règle de l'accueil » doit être effective dès la petite enfance. Le fonds d'investissement pour les crèches ne financera que les projets qui prévoient une intégration d'enfants handicapés. Côté école, la ministre se veut très offensive et promet la fin du parcours du combattant pour les parents.
DROIT À LA SCOLARITÉ
Tous les inspecteurs d'académie et tous les directeurs départementaux des affaires sanitaires et sociales (DDASS) ont reçu, le 11 juillet, une circulaire cosignée par Jack Lang, ministre de l'éducation nationale, leur indiquant que « la prochaine rentrée scolaire doit marquer un tournant décisif dans la mise en oeuvre concrète du droit pour tout enfant ou adolescent atteint par le handicap ou la maladie à bénéficier d'une scolarité conforme à ses capacités personnelles et organisée comme le souhaite sa famille ».
Deux ans après avoir lancé le plan Handiscol lorsqu'elle était ministre déléguée à l'enseignement scolaire, Ségolène Royal entend profiter de ses nouvelles fonctions pour « accélérer » l'application de ce plan. Les familles rencontrant des difficultés pour scolariser leur enfant handicapé disposeront, fin août, d'une permanence téléphonique départementale. « L'inscription doit être la règle, le refus doit être l'exception et doit être justifié », a martelé la ministre, pour qui « ce sont aux structures de s'adapter aux personnes handicapées et pas le contraire ».
A la prochaine rentrée, mille postes supplémentaires d'auxiliaires de vie scolaire devraient permettre d'intégrer environ deux mille enfants. « Les établissements scolaires qui n'accueillent aucun enfant handicapé doivent se dire qu'il y a un problème », a insisté Ségolène Royal. Dans le domaine de l'emploi, le plan prévoit d'encourager les employeurs à « reprendre » leurs salariés devenus handicapés à la suite d'un accident et de développer la formation professionnelle. Côté culture, la ministre a choisi une mesure très « visible » en fixant comme priorité « l'accessibilité des cinémas ». Elle devrait rencontrer prochainement les grands distributeurs afin d'obtenir de « vraies places » dans les salles. Enfin, reconnaissant que « l'offre quantitative » des structures spécialisées est « insuffisante », Ségolène Royal a promis « un état des lieux des besoins ».
Attachée aux vertus de l'exemple, la ministre organisera en décembre une journée nationale « Réussite et handicap » pour valoriser les parcours individuels.
SANDRINE BLANCHARD