PSYCHANALYSE AMNESIE - AMOUR
a Clefs pour la caractérologie. 2
aInfantile
Amnésie qui recouvre généralement les faits des premières années de la vie. FREUD y voit autre chose que l’effet d’une incapacité fonctionnelle qu’aurait le petit enfant à enregistrer ses impressions ; elle résulte du refoulement qui porte sur la sexualité infantile et s’étend à la presque totalité des évènements de l’enfance. Le champ recouvert par l’amnésie infantile trouverait sa limite temporelle dans le déclin du complexe d’ Œdipe et l’entrée dans la période de latence.
bAntérograde
Correspond à une incapacité à fixer des informations nouvelle alors que le stock mnésique ancien demeure intact et utilisable. Là, les souvenirs sont effacés de la mémoire au fur et à mesure qu’ils se forment. Ce type d’amnésie est caractéristique du syndrome de KORSAKOFF, de l’ictus amnésique et s’observe également au cours de l’encéphalite herpétique et au début des états démentiels.
cRétrograde
Correspond à l’incapacité à restituer à volonté les souvenirs antérieurement fixés. Les événements ou expériences survenus avant la maladie sont oubliés. Elle est observée dans les états de confusion mentale, au cours de multiples pathologies cérébrales, et lors des phases évoluées des démences.
dAntérograde-rétrograde
Lors des traumatismes cérébraux, des encéphalites, des encéphalopathies, des confusions mentales après un choc bilatéral. Elles peuvent être réversibles, ou non, selon la nature du processus pathologique. Elles correspondent à des dysfonctionnements ou à des lésions des circuits cérébraux et des aires associatives corticales.
ePsychogènes
Absence de toutes lésions organiques par des facteurs affectifs sont fréquentes en pathologie psychiatrique. Ce sont pas exemple les amnésies électives au cours desquelles l’oubli concerne un événement, une personne, un objet, occupant une place précise dans l’existence du sujet, et les amnésies lacunaires, qui portent sur tous les événements d’une période particulière de sa vie (comme les amnésies infantiles).
aDéfinition
L’amorphe est un type caractérologique assez peu favorisé. Il est à la fois non émotif, non actif et primaire.
bCaractéristiques
Ce qui caractérise les amorphes, c’est, au départ, une indifférence quasi totale à l’entourage. Leur inémotivité les rend insensibles aux stimulations extérieures, tandis que leur manque d’activité les fait influençables, malléables, conciliants. Parfois, cependant, ils font preuve d’obstination, d’entêtement dans leurs idées.
Dans la vie professionnelle, ils se révèlent négligents, paresseux, peu organisés. Ils manquent de ponctualité et recherchent avant tout la facilité et la satisfaction de leurs intérêts organiques.
cCe qu’en disent
Traditionnellement, ils sont appelés amorphes à cause de l’inconsistance de leur structure psychologique. Mais ce terme déplaisant englobe un jugement de valeur négatif. ROGER MUCCHIELLI propose de les appeler nonchalants, ce qui n’est guère moins péjoratif. Pour notre part, nous hésitons entre « plastiques » et « hypotoniques ». Le premier substantif est réservé par le même caractérologue, ROGER MUCCHIELLI, à ceux qui sont en syntonie, avec le milieu, ce qui déborde largement la seule catégorie des nEnAP (non‑émotif, non‑actif, primaire). Aussi y avons‑nous renoncé. Restaient des noms comme « mous », « paresseux », « lents », « hypotoniques », « malléables », etc. Aucun d’entre eux n’est tout à fait satisfaisant, mais le moins désobligeant d’entre eux nous apparut être hypotonique, et c’est finalement lui que nous préférons retenir, peut‑être à cause de sa forme un peu savante et sibylline, conforme pourtant au type en question.
Ce qui frappe au premier abord, c’est que les Sujets de ce type sont généralement volumineux et, adultes, souvent obèses. Pourtant, leur poids ne correspond pas à leur corpulence, car ils sont fournis en tissus adipeux, moins lourds que le muscle. Mais ces réserves ne sont pas utilisées ou, plus exactement, elles ne le sont qu’en des actes faciles et « à ras de terre ». C’est ainsi qu’à l’école les hypotoniques dépensent beaucoup de forces en cours de récréation ou sur le terrain de sports, mais ne conservent pas la même vigueur en classe. C’est parmi eux que se recrutent d’ailleurs les vrais paresseux. Ils disposent de réserves, mais manquent de tonus pour les mobiliser, et comme ils n’éprouvent aucune joie dans la détente physique ou intellectuelle imposée, ils s’orientent vers d’autres plaisirs : boire, manger, dormir, s’amuser.
Ce qu’ils ne peuvent obtenir par leur effort personnel, ils sont habiles à se le procurer à bon compte au détriment des autres. Le parasitisme des amorphes est patent, et ils n’en ont nullement honte.
Si leur entourage les admoneste et tente de les obliger à prendre en main leur avenir, ils semblent acquiescer et peuvent même amorcer quelques preuves de bonne volonté. Mais comment pourraient‑ils faire longuement pression sur eux‑mêmes et persévérer dans un « redressement » imposé de l’extérieur et auquel ils n’adhèrent par vraiment ? Et si, dans la meilleure hypothèse, ils parviennent à quelques progrès, cette réussite partielle risque d’être fréquemment remise en cause, et il faudra avoir la patience de reprendre à zéro, ou presque.
Les non‑émotifs, non‑actifs primaires sont des compagnons agréables qui aiment profiter des joies de l’existence et qui savent aussi distraire les autres. Ils supportent très bien, et même s’amusent les premiers, des plaisanteries qu’on fait sur leur dos. Leur primarité leur donne parfois un sens de la répartie qui tranche avec leur mollesse organique.
Il faut donc des circonstances exceptionnelles pour que ces êtres émergent et, à plus forte raison, pour qu’ils accèdent aux leviers de commande. C’est l’hérédité qui a porté l’amorphe paranerveux Louis XV sur le trône. C’est un concours de circonstances et une bravoure antérieur (les amorphes par inconscience du danger, sont souvent courageux) qui ont porté GOERING dans l’orbite hitlérienne. Mais même dans ces conditions exceptionnelles, les représentants de ce caractère s’y montrent avec tous les penchants inhérents à leur formule. »
C’est la caractère le moins entreprenant qu’il y ait dans l’ensemble de l’humanité. L’importance sociale et historique de ce caractère est basse en comparaison des autres.
L’amour est, avec la haine, le grand moteur de l’existence humaine. Il reste peu de choses qui ne soient accomplies par amour, pour l’amour ou avec amour ; au moins si l’on met l’amour de Soi à parité avec l’amour d’objet, et si l’on prend à compte les contingents inhibés quant au but et sublimés de l’érotisme.
L’amour a un sens plus large en psychanalyse. Il est déterminé par les phénomènes d’équivalence, de substitution et de transfert, observables dans la cure. Il caractérise alors toute forme pour les êtres : pour Soi, mais aussi pour les choses, les concepts, les idéaux. L’amour forme la composante érotique de l’Instinct de Vie en opposition avec les tendances de destruction ou de mort. L’amour est toujours couplé avec la haine dans l’ambivalence du sentiment. Et, le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence. L’énergie de l’instinct de Vie (Eros) est alors nommée libido pour autant qu’elle correspond aux métamorphoses du désir.
agénital
Terme souvent utilisé dans le langage psychanalytique contemporain pour désigner la forme de l’amour à laquelle le sujet parviendrait dans l’achèvement de son développement psychosexuel, ce qui suppose non seulement l’accès au stade génital, mais le dépassement du complexe d’ Œdipe.
L’amour concerne de fait l’investissement de l’Objet sexuel. L’Objet d’amour est alors l’enjeu d’un choix ; tandis que les différentes pulsions sexuelles partielles sont synthétisées sous la primauté du génital. L’amour condense ici le courant sensuel, le courant de tendresse et l’idéalisation, la surestimation de se cible.
Il évolue en deux temps chez l’Homme. le premier choix est soumis au refoulement du Complexe d’ Œdipe (barrière de l’inceste). Celui‑ci est lié à la sexualité infantile qui culmine dans son organisation prématurée. L’existence d’une phase de latence, entre le déclin de la sexualité infantile réprimée et le retour de la puberté, conduit au problème du changement d’objet. Ses avatars expliquent les diverses retombées de la vie amoureuse dans la suite de la déception oedipienne qui marque au coin l’amour d’insatisfaction, de jalousie, d’inhibition, de blessure. Le garçon renonce sexuellement à sa mère, mais continue, en principe, d’investir les femmes. La fille doit renoncer à sa père puis à son père. Au double changement de personne, elle doit associer un changement de sexe de l’objet. Il y a là un chemin plus aventureux, plus difficile, expliquant la plus grande fréquence des névroses féminines, comme les exigences d’amour plus intenses chez la femme.
C’est là la base d’un choix dit anaclitique (par étayage du sexuel sur le vital et qui fait de la mère le Premier Amour). Cependant, l’existence d’homosexuels témoigne de la réalité d’un choix narcissique (selon un reflet de Soi). En fait, les deux choix se rencontrent au départ. L’être humain a d’abord deux objets sexuels : lui‑même et la femme qui s’occupe de lui. D’une manière générale, il appartient à la psychologie amoureuse différentielle des sexes de remarquer que l’homme est plus anaclitique et transfère son narcissisme dans la surestimation de l’Objet sexuel. Après le développement sexuel pubertaire, la vraie femme est plus narcissique (elle aime surtout être aimée) et se rend, comme telle, fascinante pour celui qui a partiellement renoncé au narcissisme.
L’état amoureux suppose que l’Objet draine la plus grande partie des ressources en libido et prenne la place de l’Idéal du Moi. Il y a ici la condition d’un appauvrissement du Moi (aimer rend humble) qui ne eut être compensé que par le fait (aléatoire) d’être aimé en retour. La vie amoureuse engendre donc, possiblement, un cortège de sentiments d’infériorité faisant bientôt place à l’ambivalence. Par ailleurs, l’idéalisation excessive de l’objet amour peut conduire à un platonisme impuissant ou à un rabattement dans le clivage de l’objet idéalisé et de l’objet sexuel. Il est nécessaire qu’une fraction d’activités perverses n’ait été ni refoulée, ni l’objet de formations réactionnelles pour fournir les plaisirs préliminaires indispensables à l’acte sexuel.