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7 août 2003

PSYCHANALYSE FEU - FIN

Chapitre 1 FEU.. 1

a Expressions. 2

i Dite « sans feu ni lieu ». 2

b Typologie. 2

i Dit sexuel 2

ii Dit spirituel 2

a Présence dans/chez. 2

Un CHRETIEN.. 2

c Isomorphismes. 2

i Oiseau. 2

ii Poisson. 2

Chapitre 2 FEUILLE. 2

a Expressions. 2

i Dite « voir la feuille à l’envers ». 2

Chapitre 3 FIGURABILITE. 3

a Sa prise en considération. 3

Chapitre 4 FIL. 3

a Analogies au. 3

i Lien. 3

a Culture VEDIQUE. 3

b Présence dans/chez. 3

i Contexte MYCENIEN.. 3

Chapitre 5 FILM... 3

Chapitre 6 FIN.. 4

a Expressions. 4

i Dite « la fin des haricots ». 4

Nombreux sont ceux qui se sont demandé si le feu était ou non l’une des premières acquisitions culturelles de l’homme. Sa possession était‑elle importante au point d’exiger pour sa conversion la création d’un lieu central autour duquel la tribu se serait formée ? Le feu étant généralement fait par les hommes et non par les femmes, il serait plausible de penser que ce furent les hommes qui le découvrirent. Mettre le feu et l’éteindre sont des actes qui procurent, semble‑t‑il, de vifs plaisirs phalliques. Que la garde du feu eût été, à l’origine, confiée aux femmes est naturellement une pure spéculation, d’autant plus que le problème de sa conservation aurait précédé la découverte du tour de main pour l’allumer. Mais des récits relatifs à des divinités féminines du feu devait être tenu éloigné des hommes. D’autres dieux et déesses du feu comptaient parmi les divinités servies par des prêtresses uniquement, ce qui indiquerait que, peut‑être, les femmes étaient responsables de la protection du feu.

aExpressions

Etre « sans feu ni lieu » signifie sans domicile, sans parents, sans origine, sans rien. Seuls au monde, parfois enfants trouvés, certains oubliaient jusqu’au village qui les avait vus grandir. Ces errants inspiraient sans doute peu confiance à leurs contemporains mieux nantis puisque le Livre des métiers précise au 13ème siècle : « que nul ne puisse prendre apprentis si il ne tient chef d’ostel, c’est à savoir feu et lieu ».

bTypologie

C’est en suivant la dialectique du feu et de la lumière que se forme la vraie vertu sublimante du feu et BACHELARD écrit que la lumière est le génie du phénomène igné. Le feu est très apte à représenter l’intellect parce qu’il permet à la symbolisation de figurer d’une par la spiritualisation (par la lumière), d’autre part la sublimation (par la chaleur). L’emploi du feu marque l’étape la plus importante de l’intellectualisation du cosmos et éloigne de plus en plus l’homme de la condition animale. C’est pour cette raison spiritualiste que le feu est presque toujours présent de Dieu et se voit toujours doué d’un pouvoir apotropéïque. C’est sous l’aspect igné que la divinité se révèle dans ses manifestations OURANIENNES, aux apôtres de la Pentecôte, à Saint BONAVENTURE, comme à DANTE.

Le feu PASCAL est un feu conservé pendant toute l’année et les lettres mêmes du titre de la croix signifieraient « Igne Natvra Renovatvr Integra ».

cIsomorphismes

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PENTECOTE

Colombe

ANCIENS CELTES, INDIENS, ACTUELS AUSTRALIENS

Corbeau ignifère

Souvent, c’est la coloration d’un bec, d’une crête, d’un plumage qui décide du choix de l’oiseau de feu, et c’est probablement pour ces raisons qu’en EUROPE le pic noir à jabot rouge et le rouge‑gorge sont mêlés aux légendes du feu.

iiParole

Le feu est très souvent assimilé à la parole, comme dans l’UPANISHAD où l’isomorphisme relie remarquablement le sommet, le feu et la parole : « Quelle est la divinité du ZENITH ? – AGNI ! – Et AGNI sur repose‑t‑il ? – Sur la parole ! ». Dans La Bible, de même, le feu est lié à la parole de Dieu et, à la parole du prophète dont les lèvres sont purifiées avec un charbon ardent.

Lorsque ce sont les poissons qui apportent le feu en place de l’oiseau, ils ne remplissent cet office que par usurpation ou rapt, tel le brochet du KALEVALA.

aExpressions

Dans la même série à tendance champêtre, on peut citer aussi « voir la feuille à l »envers ». L’expression, d’origine plutôt lutteuse, ne semble s’être développée dans un sens érotique que vers le début du 18ème siècle. En 1690, FURETIERE, pourtant malin, n’y mettait encore aucun cochonceté :

« On dit aussi, qu’on fera voir à quelqu’un la feuille à l’envers, pour dire qu’on le renversera sur l’herbe dans un bois. »

Il est vrai qu’il n’y avait qu’un pas à franchir pour l’appliquer à une fille, à cause de la position de base ; en 1752 ; LE ROUX note dans son Dictionnaire comique :

« Faire voir les feuilles à l’envers : Manière de parler qui signifie embrasser une femme charnellement. On s’en sert ordinairement pour exprimer en termes honnêtes le gros mot. »

Ces termes honnêtes eurent un certain succès ; la chose était fort entendue au cours du 19ème siècle, comme dans ce passage nullement romantique du Bossu MAYEUX (ce texte est attribué à E. DEBRAUX) :

« Nous fîmes mille bêtises qui aboutirent à foutre encore deux fois, nous nous levâmes à la brune pour aller danser à MONTMARTRE, mais y étant arrivés, il fallut aller visiter un petit bois, où elle me dit qu’on serait très bien pour ‘’voir la feuille à l’envers’’ : je ne me fis pas prier pour lui procurer ce spectacle gratis, et je crois que, quoiqu’il fût presque nuit, elle s’amusa à les compter, car ses mains qu’elle appuyait fortement sur ma bosse, ses jambes dont elle avait entortillé les miennes me tinrent au moins une demi‑heure dans la même position, et à chaque feuille c’était un mouvement de cul très prononcé, qui ne laissait pas que d’être agréable. »

aSa prise en considération

Exigence à laquelle sont soumises les pensées du rêve : elles subissent une sélection et une transformation qui les rendent à même d’être représentées en image, surtout visuelles.

Le fil est le premier lien artificiel.

aAnalogies au

Le schème du liage est universel et se retrouve chez les IRANIENS, pour lesquels AHRIMAN est le néfaste lieur, chez les AUSTRALIENS et les CHINOIS pour lesquels ce sont respectivement la démone ARANDA ou le démon PAUHI qui occupent cette fonction. Chez les GERMAINS, pour qui le système rituel de mise à mort est la pendaison, les déesses funéraires hèlent les morts avec une corde. La Bible est riche d’allusions diverses aux liens de la mort. ELIADE établit d’ailleurs une importante corrélation étymologique entre lier et ensorceler : en TURCO‑TATR bag, bog, signifie lien et sorcellerie, comme en latin fascinum, le maléfice, est proche parent de fascia, le lien. En SANSCRIT, yukli, qui signifie atteler, veut dire aussi pouvoir magique, d’où dérive précisément le Yoga. Par ailleurs, liens et procédés magiques peuvent être captés, annexés par les puissances bénéfiques et doter ainsi le symbolisme du lien d’une certaine ambiguïté. Cette ambivalence, sur le chemin de l’euphémisation, est plus spécialement lunaire : les divinités lunaires étant à la fois facteurs et maîtres de la mort comme des punitions. Tel est le sens du bel hymne d’ISHTAR cité par HARDING : la déesse est maîtresse de la catastrophe, elle noue ou elle dénoue le fil du Mal, le fil du Destin. Mais cette ambivalence cyclique, cette élévation du lien symbolique à une puissance au carré de l’imaginaire, nous fait anticiper sur les euphémisations des symboles terrifiants.

ELIADE analyse que chez YAMA et NIRRTI, les deux divinités VEDIQUES de la mort, ces attributs de lieur sont non seulement importants, mains constitutifs, alors que VARUNA n’est qu’accidentellement un dieu lieur. De même URTRA, le démon, est celui qui enchaîne les Hommes comme les éléments : les lacets, les cordes, les nœuds caractérisent les divinités de la mort.

bPrésence dans/chez

Dans L’Odyssée, le fil est symbole de la destinée humaine. Comme dans le contexte MYCENIEN, ELIADE rapproche fort justement le fil, du labyrinthe, ensemble métaphysicorituel qui contient l’idée de difficulté, de danger de mort. Le lien est l’image directe des attachements temporels, de la condition humaine liée à la conscience du temps et à la malédiction de la mort. Très souvent dans la pratique du rêve éveillé, le refus de l’ascension, de l’élévation est figuré par une remarquable constellation : liens noirs qui rattachent le sujet par derrière le bas, lien qui peuvent être remplacés par l’enlacement d’un animal, et bien entendu par l’araignée.

La plupart des films, des émissions de télévision, ou des autres activités de loisirs sont conçus de façon à empêcher la prise de conscience. Leurs auteurs ne se permettent pas de laisser libre cours à leurs idées, ou n’y sont pas autorisés. Leurs œuvres ne sont pas censées donner à réfléchir. Mais sans ce libre jeu des idées, les choix qu’offrent le cinéma, le juke‑box, la télévision, sont si limités, ou dénués de sens que ce ne sont plus que des pseudo‑choix. Ils sont si creux, si stéréotypés, qu’ils ne provoquent aucune participation affective ou intellectuelle et ne peuvent pas contribuer à l’enrichissement de la vie. Après avoir suivi le même programme, les gens lisent souvent le même livre, recommandé par un club de lecture et choisi par les représentants des éditeurs qui l’ont publié. En échangeant leurs opinions, ils éprouveront peut‑être le confort du conformisme jusqu’au moment où, brusquement, ils ressentent le vide d’une vie qui leur offre trop peu d’expériences qui leur appartiennent en propre.

aExpressions

Quand rien ne va plus, c’est la fin des haricots. L’expression paraît relativement récente. Maurice RAT en fournit l’explication que voici : « La fin de tout – les haricots étant une nourriture substantielle et fondamentale dans beaucoup de pensionnats, internats, collèges, séminaires, quand leur provision touchait à sa fin, on ne savait plus quoi donner à manger aux internes. » Il aurait pu ajouter les casernes et les prisons. A l’origine, le haricot n’était pas un légume mais un ragoût : le haricot de mouton – « en fait avec du mouton coupé en morceaux, des pommes de terre et des navets ». En effet, « haricot » vient du vieux verbe « harigoter » qui signifiait tailler en pièces, « mettre en lambeaux ». On peut donner l’exemple d’une recette dantant de 1393 :

« Hericot de mouton : despeciez le par petites pieces, puis le mettez pouboulir une onde [un instant], puis le friziez en sain de lart, et frisiez avec des oignons menus minciés et cuis, et deffaitez du boullon de bœuf, et mettez avec macis [écorce de muscade], percil, ysope, et sauge, et faites boulir ensemble. »

MENAGIER

Lorsque le légume, cette espèce de fève exotique venue du Mexique, fit son apparition en France vers le début du 17ème siècle, on l’appela d’abord « fève de haricot », probablement parce qu’on s’était aperçu que cette nouvelle fève blanche était excellente avec le haricot de mouton. On abrégea peu à peu à et la fève devient haricot tout court. Ce qui trouble certains étymologistes, c’est que le haricot acquérait ainsi un nom qui n’est pas sans rapport sonore avec son appellation AZTEQUE d’origine : « ayacotti », mais ce baptême au ragoût ne se fit qu’en FRANÇAIS. En OCCITAN, par exemple, le nouveau légume se nomme « favol », nom dérivé de celui de la fève ; en certaines régions il prit même le nom du pois – peso – sur lequel se trouva forcé de devenir alors « petit pois » - petiot peso. L’expression « c’est la fin des haricots » s’est employée dès les années 20 ; plutôt que dans les collèges ou autres casernes, où, loin d’être synonyme de catastrophe, le tarissement de cette denrée maudite aurait provoqué des cris de soulagement, il faut peut‑être chercher son origine dans la guerre des tranchées. En effet, on dit « la fin des haricots » lorsqu’on envisage une dernière avanie qui viendrait s’ajouter à des difficultés déjà existantes ; ce serait le cas précis des soldats dont les gamelles étaient souvent renversées par une attaque avant d’être consommées, et même plus radicalement dont les provisions étaient détruites par l’explosion d’un obus. Outre que l’expression était connue et employée par les anciens combattants attestée, est cependant peu convaincante.

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