PSYCHANALYSE HOMO-
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A côté du saint du paradis, on compte le sein, la cloche, le seing, signature, sain, de la bonne santé, deux autres disparus : un sain qui désignait un lien, une ceinture, le sain, graisse, qui a donné le saindoux, sans oublier le sein, mamelle, qui désigna d’abord le giron puis vers le 13ème le sein de la femme que jusqueà on appelait le pis – c’est le sens propre du mot.
Ce terme appartient aux psychopathies sexuelles. C’est une déviation sexuelle. En ce qui concerne les facteurs héréditaires on peut citer les travaux de KRAFT-EBING, qui faisaient autorité au 19ème siècle. Cet auteur, s’il admet l’influence de facteurs exogènes, insiste très particulièrement sur les facteurs endogènes. Il écrit : « L’homosexualité est un signe de dégénérescence fonctionnelle, phénomène partiel d’un état névropathique, la plupart du temps héréditaire. La disposition naturelle est dominante et non pas l’éducation. » La doctrine est basée sur la constatation dans beaucoup de ses cas, de stigmates de dégénérescence, soit somatiques, soit mentaux, et sur la présence de stigmates semblables chez certains ascendants et collatéraux de ses malades.
Il s’y trouve le mythe de l’androgyne exprimé par la bouche d’ARISTOPHANE.
ALLEN pense que l’homosexualité peut être causée par l’un des quatre mécanismes suivants : une hostilité pour la mère, une affection excessive pour la mère, une hostilité pour le père, une affection pour le père lorsque celui-ci ne montre pas assez de traits hétérosexuels ; introjection d’un père anormal.
Son intérêt est de nous rappeler l’importance, la fréquence, l’intensité des désirs homosexuels chez l’homme. L’orgueil phallique dissimule mal, dans son mépris des femmes, l’envie que suscite la jouissance féminine. Quand les représentants de l’un et l’autre sexe témoignent de leur désir de posséder les organes et les possibilités de jouissance de l’autre sexe, ils expriment un souhait en relation avec la bisexualité. Un tel souhait est celui qui veut annuler que sexe vient de secare, couper, séparer.
Marie DELCOURT a très bien mis en lumière la collusion des projections légendaires hermaphrodites avec le thème de l’immortalité dans son livre intitulé Hermaphrodite. L’immortalité ne nie pas seulement la Mort, mais l’incomplétude sexuelle, la « sexion » (pour employé un terme de Roger LEWINTER) primitive que la castration hypostasie.
Le fantasme d’une jouissance intégrale est frustré par le Destin sexuel qui assigne à chaque sexe la moitié de la jouissance possible, théoriquement du moins. C’est là une des raisons du grief que nous faisons à notre constitution sexuelle et à l’Objet auquel notre attachement érotique nous lie en lui demandant de satisfaire les deux sexes en chacun de nous. Mais il faut encore faire la part du fantasme d’autosuffisance narcissique qui permet ainsi par la possession des deux sexes de se faire jouir auto‑érotiquement par la fusion de ces deux moitiés complémentaires qui se délivreraient ainsi des vicissitudes de l’Objet.
NACHT au sujet de l’homosexualité masculine affirme que trois éléments président à sa genèse : le narcissisme, la peur de castration, la fixation à la mère. Ces trois éléments peuvent agir isolément ou se combiner entre eux, ce qui entraîne des différenciations structurales et cliniques.
Dans la forme psychopathique, l’homosexualité est, chez celui qui en est atteint, consciente, assumée, revendiquée, pour lui-même et pour les autres (prosélytisme). Les activités homosexuelles sont orgastiques et sources de plaisir.
Dans la forme névrotique, les tendances homosexuelles sont réprouvées, condamnées, si possible refoulées. Si le névrosé sexuel cède néanmoins à ses pulsions, ses activités sexuelles sont peu orgastiques, elles ne procurent guère de plaisir, mais au contraire de l’angoisse, de la honte, de la culpabilité.