PSYCHANALYSE NARCISSE - NEUTRALITE
a Reconstruction d’une condition idéale de réalisation hallucinatoire 3
b Complément psychique de fusion entre libido et Instinct du Moi 3
Un L’importance en tant que concept économique 3
ii Le choix objectal narcissique 3
a Phénomène d’identification 4
Deux Le rôle de l’Idéal du Moi 4
i Dite de la double négation 4
a FREUD : procédé de la Verneinung 4
c Où PAVLOV rejoint HIPPOCRATE_ 5
N
C’est un héros GREC. Il est beau et jeune. Il symbolise l’amour de sa propre personne.
aOrigine
NARCISSE est fils du dieu CEPHISE de la nymphe LIRIOPE. Le devin TIRESIAS prédit que l’enfant vivra très vieux s’il parvient à ne jamais se regarder.
D’une beauté exceptionnelle, NARCISSE attire les regards aussi bien des femmes que des garçons. Insensible, il continue son chemin sans même tourner la tête. Il passe sont temps à la chasse, ne s’occupe que de lui‑même. AMINIAS, son ami, se décourage et se suicide de désespoir. Ses amoureuses se découragent et cirent vengeance. La nymphe ECHO se laisse dépérir.
bDans les écrits
NEMESIS décide de venger les victimes de ce bel indifférent. Un jour de grande chaleur, NARCISSE, épuisé et altéré, se penche sur une source pour y boire. Apercevant son reflet dans l’eau, il devient aussitôt amoureux fou de ce qu’il voit. Il s’approche de l’Objet de son amour, perd l’équilibre et se noie. De son corps naît la fleur qui porte son nom.
cLa morale :
NARCISSE est mort de n’avoir pas voulu se donner.
Par référence au mythe de Narcisse, amour porté à l’image de soi-même. Il va de l’entichement pour soi et ses productions (dont les enfants) jusqu’aux phénomènes de perversions (narcissisme proprement dit, homosexualité) et de mégalomanie psychotique.
aLes états‑limites
La psychanalyse contemporaine a été ici rendue sensible à la condition clinique des états‑limites qui témoignent d’une évolution troublée du narcissisme primaire et secondaire et d’un défaut d’idéalisation responsables de transferts en miroir difficilement aménageables.
bTypologie
Il recouvre un stade (reconstruit théoriquement) de développement du Moi : celui d’une condition idéale de réalisation hallucinatoire du désir dans la phase de dépendance infantile, phase propice à l’établissement d’un autoérotisme et d’un fonctionnement mental selon le principe du plaisir pour peu que soient assurées, de l’extérieur, les nécessités vitales. Il correspond plus ou moins à un moment du développement collectif (animisme, magie).
En tout cas, il est le complément psychique, par la fusion de la libido et de l’Instinct du Moi dans l’autosuffisance du rêve, du retour du sommeil vers le nirvana prénatal.
Si l’amourachement de Soi et l’investissement sexuel du corps propre gardent une place importante au cœur du concept psychanalytique de narcissisme, c’est surtout en tant que concept économique (doublant le concept topique d’un Moi devenu la réserve de la libido et le point de départ ou de retour des investissements) que le narcissisme prend toute son importance.
Ce type de libido se développe, en effet, en équilibre avec l’investissement narcissique.
i L’amour
Ainsi, dans l’état amoureux (où l’objet semble drainer la totalité des ressources) phénomène qui s’oppose à la fantaisie de fin du monde du psychotique dont la manie des grandeurs peut d’ailleurs être comparée à la surestimation amoureuse de l’objet sexuel. On est ainsi amené à admettre un optimum des investissements. Mais, si la psychanalyse nous montre surtout les phénomènes d’opposition entre les deux investissements (objectal et narcissique), elle les trouve liés de façon caractéristique autour du complexe de castration.
Dans le choix narcissique sur le choix de l’Objet (d’amour), l’idéal sexuel permet une satisfaction substitutive de la situation narcissique : on aime ce qu’on a été, ou les qualités qu’on n’a jamais eues ; et toute personne qui possède les qualités manquantes au Moi pour atteindre son Idéal est alors aimée. Cet expédient prend une importance spéciale chez le névrosé où il est à la racine de la recherche d’une cure d’amour.
ii Le choix objectal narcissique
Poussé à sa dimension radicale, le choix objectal à but narcissique (à l’inverse du choix anaclitique, par étayage) reste un investissement précaire et peu stable. Toute déception (perte, désillusion, etc.) risque alors de faire refluer massivement la libido sur le Moi, sans retour ou déplacement, avec divers effets (opposition du Surmoi, stase hypocondriaque, etc.) définissant la condition des névroses narcissiques.
Le narcissisme secondaire désigne un retournement sur le Moi de la libido, retirée de ses investissements objectaux. C’est l’identification qui sert de régulateur des investissements.
Ce type de narcissisme se base sur un phénomène d’identification qu’on pourrait qualifier dérobé aux Objets, ou situer comme le pivot conjoint du Moi et de l’Objet.
Par le procès des identifications, et à l’occasion des investissements narcissiques, le Moi se construit et évolue en prenant barre sur le Ça : on assiste ici à une renonciation aux buts purement sexuels et à une sorte de sublimation.
Le narcissisme subit d’ailleurs, au cours du développement, un destin particulier : la mégalomanie infantile du Moi Idéal est surmontée, sans que les investissements soient tous réorientés pour autant vers les Objets. Ils se portent en partie sur l’Idéal du Moi qu’ils constituent, et consolident, dans l’estime et le respect de Soi comme dans l’autoconservation, voire dans la Conscience de Soi. L’Idéal du Moi est l’héritier du narcissisme infantile. Là où l’accord avec l’Idéal se double de l’accord avec les tendances sexuelles, là est réalisée la condition du bonheur humain (qui reste ainsi en rapport avec la satisfaction narcissique).
aTypologie
Processus que révèlent de nombreuses légendes et fabliaux populaires où l’on voit le voleur volé, le trompeur trompé, etc., et que signalent les centons à redoublement comme par exemple : « Tel est pris qui croyait prendre », « A malin, malin et demi », etc. Le procédé réside essentiellement en ce que par du négatif on reconstitue du positif, par une négation ou un acte négatif on détruit l’effet d’une première négativité. On peut écrire que la source du rebroussement dialectique est dans ce procédé de la double négation vécue sur le plan des images avant d’être codifié par le formalisme grammatical. Ce procédé constitue une transmutation des valeurs : je lie le lieur, je tue la mort, j’utilise les propres armes de l’adversaire. Et, par là même, je sympathise avec le tout, ou une partie, du comportement de l’adversaire. Ce procédé est donc bien indicatif de toute une mentalité, c’est‑à‑dire de tout un arsenal de processus logiques et de symboles qui s’oppose radicalement à l’attitude diaïrétique, au pharisaïsme et au catharisme intellectuel et moral de l’intransigeant Régime Diurne de l’image. La double négation est le critère d’une totale inversion d’attitude représentative.
Procédé qui consiste en ce que la négation du langage traduit une affirmation du sentiment intime : présenter ce que l’on est sur le mode de ne l’être pas. Comme le remarque HYPPOLITE (dans Commentaire parlé sur le Verneinung de FREUD), cette fonction de dénégation est fort proche de l’Aufhebung qui fonde la dialectique HEGELIENNE : la dénégation est une Aufhebung du refoulement, mais non pas pour autant une acceptation du refoulé. La dénégation n’est une timide esquisse de la négation double. La dénégation est le moyen‑terme psychologique entre la totale négation du régime antithétique et la double négation du régime de l’antiphrase.
aPrésence dans/chez
BLANCHE‑NEIGE est l’un des contes de fées les plus célèbres. Il a été raconté pendant des siècles en différentes versions dans tous les pays et dans toutes les langues d’EUROPE. De là, il a gagné d’autres continents. Le plus souvent, le conte a simplement pour titre le nom de BLANCHE‑NEIGE, mais il existe beaucoup de variantes.
aMélancolie
Gérard de NERVAL avait déjà derrière lui une œuvre connue quand il fut interné pour la première fois en 1841. Passionné d’occultisme, d’alchimie, de science des chiffres, d’harmonie des couleurs, il suivit parallèlement les poussées de son génie et de sa folie. Ses hallucinations, ses fantasmes, s’accommodaient très bien d’une pathologie mentale dans laquelle ne se trouvait pas de processus de dissolution du psychisme. Il pouvait s’accrocher à tous ses souvenirs, aussi bien à ceux de ses voyages qu’à ceux qui avaient suivi sa passion amoureuse pour Jenny COLON. Pendant ses crises qu’il traversait comme des épreuves purificatrices, comme sans ses rêves délirants aux significations ambiguës, il restait pénétré du sentiment qu’il pouvait être pardonné, sauvé par ses rêves et surtout par son souvenir.
Il se pendit à l’aube du 26 I 1855, dans la ruelle rue de la Lanterne.
aTypologie nerveuse
Travaillant sur les chiens, PAVLOV constate de grandes diversités de comportements pendant la formation des réflexes conditionnés. En effet, chez certains animaux, ils s’établissent rapidement, chez d’autres plus lentement. En outre, certains Sujets sont trop excités, d’autres trop inhibés. Cela permet à PAVLOV de les classer en un groupe excitable, un groupe inhibé, un groupe central.
Dans le groupe excitable, les chiens manifestent de l’agressivité.
Dans le groupe inhibé, ils montrent des manifestations de peut et de soumission immédiate à la moindre frayeur.
Le groupe central comporte en réalité deux catégories de Sujets : les animaux vifs et remuants, les animaux calmes apparemment peu intéressés par ce qui se passe autour d’eux.
Dans ce dernier groupe, les excitations‑inhibitions s’équilibrent harmonieusement, car seuls ils se maintenaient en bonne santé après les expériences. Les deux autres demeuraient perturbés : les excités devenaient neurasthéniques et les inhibés tendaient vers l’hystérie. D’où l’établissement par PAVLOV de quatre types de l’activité nerveuse chez le chien.
PAVLOV pense alors qu’il doit exister des rapports entre cette classification et les quatre tempéraments humains envisagés autrefois par HIPPOCRATE : les colériques, les mélancoliques, les sanguins et les flegmatiques.
Le type excitable est comparable au colérique, le type inhibé au mélancolique et les deux types centraux correspondent au flegmatique et au sanguin.
Les deux derniers types sont bien adaptés à la vie, tout en étant de comportements différentes : l’un tenace et travailleur, obstiné : l’autre, actif, entreprenant, créateur, aimant être surchargé d’activités.
aSelon
Affection décrite par le médecin américain George BEARD (1839-1883), comportant un tableau clinique centré sur une fatigue physique d’origine « nerveuse » et comprenant des symptômes des registres les plus divers.
FREUD, un des premiers, a souligné l’extension trop grande prise par ce syndrome qui doit en partie être démantelé au profit d’autres entités cliniques. Il n’en maintient pas moins la neurasthénie comme une névrose autonome. Il la caractérise par l’impression de fatigue physique, les céphalées, la dyspepsie, la constipation, les paresthésies spinales, l’appauvrissement de l’activité sexuelle. Il la fait rentrer dans le cadre des névroses actuelles, à côté de la névrose d’angoisse, et cherche son étiologie dans un fonctionnement sexuel incapable de résoudre de façon adéquate la tension libidinale (masturbation).
Une des qualités définissant l’attitude de l’analyste dans la cure. L’analyste doit être neutre quant aux valeurs religieuses/morales/sociales, c’est-à-dire ne pas diriger la cure en fonction d’un idéal quelconque et s’abstenir de tout conseil, neutre en regard des manifestations transférentielles, ce qu’on exprime habituellement par la formule « ne pas pénétrer dans le jeu du patient » ; neutre enfin quant au discours de l’analysé, c’est-à-dire ne pas privilégier a priori, en fonction de préjugés théoriques, tel fragment ou tel type de significations.