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8 août 2003

PSYCHANALYSE PSYCHANALYSE

Chapitre 1 PSYCHANALYSE : 1

a Discipline fondée par FREUD.. 2

i Troubles dans la psychanalyse. 3

a Fermeté de FREUD.. 3

b Le freudo‑marxisme non avenu. 5

c Psychanalyse des enfants. 5

d Topo d’écrits à ce propos. 6

Un FREUD.. 6

· Histoire du Mouvement psychanalytique, 1914. 6

· Ma Vie et la Psychanalyse, 1925. 6

Deux JUNG.. 6

· Métamorphoses et symboles de la libido. 6

ii Méthode d’investigation. 6

a Mise en évidence de la signification inconsciente. 6

Un Libres associations. 7

· Paroles. 7

· Actions. 7

· Productions imaginaires (rêves, fantasme, délires) 7

i Rêves. 7

ii Fantasme. 7

iii Délires. 7

Deux Pas de libres associations. 7

iii Méthode psychothérapeutique. 7

a Investigation. 7

Un Résistance. 7

Deux Transfert 7

Trois Désir 8

iv Corpus de connaissances. 8

b Celle contrôlée ou sous contrôle. 8

c Celle sauvage. 8

La psychanalyse n’est pas une conception du monde (Weltanschauung) ni une idéologie. Elle ne participe pas du mouvement des idées, mais de l’inférence scientifique. Son point de départ est foncièrement empirique. Elle ne postule pas a priori. Elle reconstruit avec une marge d’approximation. Elle suit les modèles inductif, synthétique, et hypothético‑déductif de la Science, et les systématise sous bénéfice d’inventaire. La psychanalyse régulièrement sur des considérations philosophiques (l’Homme, sujet et objet d’angoisse), culturelles (nécessité de symboliser les fantasmes originaires), esthétiques (sublimation des Objets pulsionnels, idéalisation des affects), morales (institution de l’Autre au cœur du Désir), sociologique (substitut collectif de la Tutelle infantile), historiques, etc. Cependant, une remarque se doit d’être nécessairement faite. Il semble que l’examen de toute institution humaine doit commencer par la supposition a priori que, d’une manière ou d’une autre, elle sera utile à toutes les couches de la société. C’est seulement quand il aura été prouvé que cette supposition est erronée qu’on pourra conclure que l’institution profite à une partie seulement de la société. L’idée que les cérémonies d’initiation des filles et des garçons (rituels se pratiquant de par le monde et remontant dans le temps à de nombreuses générations) sont principalement ou uniquement destinées à satisfaire les intérêts des mâles ou d’un petit groupe d’anciens, semble infirmer cette hypothèse. Pourtant, si différentes que soient les interprétations anthropologiques et psychanalytiques des rites d’initiation, elles supposent toutes deux que le but de l’initiation est le renforcement de ce qu’on pourrait appeler les demandes du Surmoi. Il reste à savoir quelles réactions du Ça et du Moi sont évoquées. Examinons tout d’abord ceux qui font l’initiation.

aDiscipline fondée par FREUD

Historiquement, la psychanalyse est fondamentalement cette technique issue d’un abord nouveau des psychonévroses qui prend la suite des recherches sur la libération affective et sur la réminiscence des événements traumatiques. La psychanalyse, héritière de la méthode cathartique (dite d’abréaction) de BREUER et de l’hypnose, reste en ce sens un art médical, une psychothérapie. Son véhicule est la mise en œuvre de la règle fondamentales de l’association libre. C’est vers 1905 que commencent à se constituer les premiers regroupement autour de FREUD. En 1902, se fonde une « société psychologique du mercredi ». En 1907, JUNG pousse à la fondation d’une société FREUD à ZÜRICH. En 1908, se fonde la Société psychanalytique de VIENNE. Et, enfin en 1910 l’Association psychanalytique internationale commence son existence. Les choses, on le voit, allèrent vite, malgré les résistances effectives mais proclamées un peu trop haut. Malgré les scandales, ou à cause d’eux, les psychanalystes commencent à se former, la pratique à se répandre, moins rapidement sans doute que la théorie. Deux faits majeurs doivent être signalés : tout d’abord l’expansion de la psychanalyse dans les pays anglo‑saxons, et la rapidité de sa diffusion ; ensuite la répétition d’un phénomène que très tôt FREUD a dû affronter, les multiples dissensions, scissions et discordes du mouvement analytique. Quand on cherche à en expliquer les raisons, on se trouve confronté d’une part à une masse d’argumentation souvent confuse, et rendue telle par de polémiques allusions, d’autre part à des explications psychologisantes tendant à rendre responsable le caractère autoritaire de FREUD, les problèmes filiaux de ses disciples à son égard, et les questions de rivalité personnelle. Plus justement, il convient de rappeler que les premiers rassemblements de psychanalystes comportaient nécessairement des médecins ralliés sans formation, sans même la difficile et langue auto‑analyse pratiquée par FREUD sur lui‑même. Les premières analyses pratiquées durent rapides et souvent proches de la conversation. Enfin, le statut marginal déviant du mouvement psychanalytique y attirait des personnalités étranges, souvent individualistes et fort enclines à se promouvoir chef d’un nouveau mouvement, d’une nouvelle école. Ce phénomène dure encore, il se renouvelle sans cesse. En France, il est très marqué, puisque quatre mouvements freudiens se partagent le terrain de la psychanalyse, sans compter les mouvements jungiens. Les principales ruptures autour de FREUD méritent d’être signalées. Leur partage théorique, les points de tension avec la doctrine provoquent des condamnations vigoureuses de la part d’un FREUD soucieux de préserver de qu’il appelle « l’or pur de la psychanalyse ».

Situation idéologique des deux séries de rupture : ADLER et JUNG (1911-1913) d’une part, RANK et FERENCZI, d’autre part (1924-1929). On peut tenter un regroupement de ces importants clivages, voir aussi sur quels points FREUD n’a pas voulu céder. FREUD donne lui‑même l’explication de ses dissensions avec ADLER et JUNG : l’un et l’autre ont renoncé, apr des voies différentes, à la place déterminante de la sexualité. Le point de résistance est toujours la sexualité. Mais, il faut spécifier comment ADLER et JUNG ont abandonné ce terrain au profit d’une psychologie, pour ADLER, et d’uns mystique, pour JUNG. ADLER est l’inventeur d’un terme para‑psychanalytique qui est sans doute le plus répandu de tous : le complexe d’infériorité. Pour ADLER, cette infériorité est d’origine organique réelle. C’est un être physiquement inférieur que le névrosé, et il cherchera de ce fait à surcompenser l’infériorité, en particulier par l’agressivité. C’est là qu’intervient la volonté de puissance, qui, confusément analogue aux facultés défensives du Moi, agit pour la défense de l’inférieur. Pour FREUD, la chose est claire : en matière de constitution physique la seule infériorité réelle, c’est celle du sexe féminin par rapport au sexe masculin : le clitoris de la fille étant le ressort de la castration féminine, pénis trophié qu’elle tente de préserver et de compenser. Ce qu’ADLER jette par la fenêtre, c’est l’étude progressive de la sexualité infantile, surtout dans la recherche des causes de la névrose. ADLER, comme JUNG, comme RANK ; et FERENCZI, aplatissent la recherche des causes en posant une grande tendance psychique à laquelle tout se ramène. Or, si FREUD eut tendance à simplifier la théorie des pulsions et la dualité des instincts dans une métapsychologie dont nous avons déjà vu qu’elle était la partie la plus marquée d’idéologie, il n’alla pas jusqu’au principe unique, et en tous les cas jamais jusqu’à oublier les méthodes de différenciation dans l’écoute, et la construction d’une histoire particulière au cours de l’analyse : c’est cela aussi que semble avoir oublié JUNG. L’abstraction dont parle FREUD à propos des démarches de JUNG est claire : en transformant le fantasme en mythe, en archétype en recherchant les causes des troubles individuels dans une histoire archaïque, bien au‑delà des générations accessibles au souvenir d’un seul, JUNG transforme la psychanalyse en philosophe de la culture. C’est sans doute la raison de son succès : JUNG rejoint en effet les travaux des mythologues érudits et philosophes, tantôt appliqués à décrire les traits de figures mythiques, à les rapprocher, à en trouver les traces partout et nulle part, avant toute mythologie scientifique ; tantôt à énoncer des généralités idéalistes sur le rapport entre Individus et collectivité. C’est pourquoi JUNG va dans le sens de la suprématie de l’inconscient collectif, dont il fait le réservoir des images individuelles. On voit comment, à ce prix, JUNG peut ne pas prendre en compte l’histoire de la sexualité infantile. Plus loin encore que FREUD sur le chemin de l’analogie : mais du moins celui‑ci gardait‑il conscience du caractère hypothétique de ce postulat analogique, ce que JUNG ne fait plus. Cette déviation du côté des archétypes universels entraîne des conséquences dans la pratique analytique : JUNG prône les bienfaits de l’auto‑analyse, sans transfert, la psychanalyse devenant alors une activité auto‑éducative, morale et religieuse. Si le psychanalyste intervient, c’est au titre de guérisseur des âmes : « Le problème de la guérison est un problème religieux », et la vie religieuse est l’aboutissement normal de l’analyse jungienne. FREUD se défend vigoureusement, contre la trop grande proximité avec des tentations du côté de ce qu’il appelle : « Le fleuve de boue de l’occultisme. ». Quelques années plus tard le même processus recommence, avec RANK d’abord, FERENCZI ensuite, chacun des deux cherchant une causalité originelle avec un acharnement que FREUD ne peut contrarier. Pour RANK, que pourtant FREUD cite comme appui, par exemple dans Moïse et le Monothéisme, la cause des névroses est à trouver dans le traumatisme initial : au‑delà du complexe d’Œdipe, au‑delà de la scène primitive, que FREUD situe dans la toute petite enfance, il existe bien en effet un traumatisme premier, au cours duquel tout Individu se trouve dans une situation angoissante, déchirante : la naissance. C’est donc là la véritable cause de toute angoisse ultérieure. Un pas de plus que FERENCZI franchit. Avant la naissance, l’Individu se trouve protégé, entouré par les eaux maternelles, mieux que plus tard il ne sera jamais. Or, que fait l’homme, qu’est‑ce qui le pousse sexuellement ? Un instinct particulier, que FERENCZI appelle « instinct de régression maternelle », et qui se réalise dans le coït ; retour au ventre maternel. C’est là un mythe psychanalytique qui s’est très largement répandu, soutenu par un romantisme d’ailleurs bien séduisant dans le livre majeur de FERENCZI : Thalassa. Thalassa : en grec, le mot signifie la mer. La régression vers l’utérus renvoie en fait encore au‑delà des nostalgies pour les eaux amniotiques. Celles‑ci sont la trace d’un vécu préhistorique aquatique, perdu pour l’homme de par l’évolution des espèces. Mais le paradis perdu est un océan, dont l’inconscient se souvient : cette fois il n’est plus seulement collectif, il est aussi biologique. Les catastrophes naturelles des millénaires passés se répètent dans la catastrophe de la naissance, qui à son tour se répète dans les angoisses : le sommeil, la mort, le coït sont au contraire un retour à l’origine perdue. Du symbolique au biologique, FERENCZI établit une totale continuité. Son exemple est d’une grande pureté théorique, et permet de saisir plus clairement où se situe le clivage avec FREUD. Sur la réalité de la régression se porte les heurts avec FREUD. Pour RANK, pour FERECZI, il ne fait pas de toute que la régression correspond à une réalité matérielle, biologique et organique, dont il s’agit de trouver la nature dans un événement réellement survenu, de type historique : c’est la réalité durable de la naissance, c’est la réalité assignable des catastrophes préhistoriques, répétées dans l’utérus maternel, océan individuel. Même démarche pour JUNG, qui, en établissant un lien entre l’Individu et l’Antiquité (ou un autre passé historique) cherche à montrer le point limite de la régression : or, précisément, c’est ce concept qui peu à peu disparaît du système jungien, car la seule régression dans le réel dont FREUD parle et qu’il décrit, c’est celle des comportements, c’est une régression de langage. Il est cohérent que JUNG d’une part ait repoussé les racines névrotiques dans un passé symbolique, et que, semblant au contraire accentuer la régression, il en perd la notion freudienne et se détache de la sexualité infantile. C’est que les uns et les autres entendent régression en un sens philosophique, comme peut le faire un LEIBNIZ, par exemple, pour qui le présent étant gros du passé il est possible de faire machine arrière le long d’un temps continu, comme une ligne orientée dont con changerait le sens : pour LEIBNIZ, dormir, ou s’évanouir, sont des régressions dans le passé. Le temps pensé par les philosophes de l’idéalisme occidental est généralement sur ce modèle : continu, réversible, progressif ou régressif. Pour FREUD, le temps est complexe, au moins double : temps du vécu biographique, et temps de l’inconscient, non pas pris en lui‑même puisqu’il est intemporel, mais dans les inscriptions qu’il ne cesse d’effectuer. Du même coup, pour FREUD il est impossible de régresser réellement : le processus du fantasme, de l’écran du langage et d’images qui sépare le Sujet du réel et qui correspond à notre concept d’Idéologie, « rend impossible la découverte de la connexion originelle », dit FREUD. La régression est donc mise en acte de langages périmés, ceux de la sexualité infantile qu’on ne peut pas retrouver. Cependant au‑delà des distinctions légitimes qu’on doit faire pour comprendre l’enjeu théorique de ces discordes, il faut voir clairement qu’il est tributaire des incertitudes et des confusions de FREUD lui‑même. Car si tant de philosophes ont pu pousser autour de la régression, c’est bien parce qu’ FREUD lui‑même, avec l’hypothèse de la horde primitive, franchit le pas de l’analogie entre phylogenèse et ontogenèse, et rend possible les constructions mythiques, au‑delà de la préhistoire de l’homme, au‑delà de tout langage concevable. Il n’est pas plus étonnant qu’ADLER ait distordu la dualité des instincts, elle‑même si marquée de philosophie platonicienne. FREUD aura toujours eu le plus grand mal à défendre sa théorie de la psychanalyse contre des déviations philosophiques dont il était lui‑même profondément menacé.

Greffes du freudo‑marxisme : critiqué par FREUD, toujours renaissant des les interstices de l’idéologie dominante, le freudo‑marxisme peut difficilement s’exposer dans sa configuration d’ensemble. On choisira de prendre comme modèles MARCUSE, d’une part, en tant que philosophe, et REICH, d’autre part, exemplaire dans sa double exclusion (l’association psychanalytique, le parti communiste allemand) et symbole de l’individualisme anarchique qui caractérise toute tentative isolée de synthèse entre marxisme et psychanalyse. Si les scissions dont nous veons de faire état sont axés en partie autour de la notion de régression, c’est sur la notion de répression que porte le malentendu freudo‑marxiste. Avant d’analyser dans la démarche de REICH et dans celle de MARCUSE, les confusions et surenchères du freudo‑marxisme : la principale confusion, et celle‑là n’est pas dans FREUD, c’est celle qui consiste à assimiler le processus du refoulement qui fonctionne au niveau psychique, et la répression idéologique et politique : comme pour FREUD le refoulement touché à la sexualité, et porte sur les Objets sexuels, il devient alors facile de crier à la répression politique et idéologique de la sexualité, et plus facile encore de voir dans la sexualité, au mépris des autres processus de libération économique et politique le seul pivot par où soulever le monde. L’autre confusion est freudienne, et le freudo‑marxisme la porte à un point de développement démonstratif de ses appartenances réactionnaires : plus que FREUD, parce qu’il en parle sans cesse et que c’est son Objet de prédilection,

Développements de la psychanalyse aux Etats-Unis, où mourut REICH : la collusion de la théorie freudienne avec le béhaviorisme provoque une modification importante de la psychanalyse. Tout au contraire, d’autres recherches se développent dans un sens original : Mélanie KLEIN, psychanalyste d’origine hongroise, et Anna FREUD, fille de FREUD, s’opposent sur le terrain de la psychanalyse des enfants : l’enjeu est une éthique et une politique de l’éducation. Pour Anna FREUD, la psychanalyse des enfants pose de tels problèmes de situation qu’il est impossible de les assimiler à la pratique de la cure adulte. Mélanie KLEIN, elle, introduit dans le rapport psychanalytique à l’enfant une pratique du jeu en général : dessins, modelages, montages mécaniques et bricolages de toutes sortes, et s’appuie sur ces activités pour établir une situation de transfert différente certes de la situation d’un adulte, mais cependant déjà complète. C’est sur ce point que les divergences témoignent une fois de plus des incertitudes idéologiques de la psychanalyse. Anna FREUD préconise en effet un traitement quasi moral qui induise l’enfant à actualiser son malaise, sa culpabilité, à obtenir avec ses moyens l’équivalent du désir qui pousse l’adulte à entrer en analyse. Mélanie KLEIN joue avec les enfants, et aussi avec le transfert, sans que l’aspect thérapeutique soit clairement et distinctement posé. Au‑delà de cette divergence, se trouve une conception différente de la visée analytique : pour Anna FREUD, l’enfant petit dispose d’un Surmoi encore peu puissant, et une psychanalyse le conduirait à des satisfactions trop rapides de ses désirs : or la vie d’adulte vers laquelle il se dirige ne lui apportera pas les mêmes satisfactions. Il faut donc renforcer le Surmoi de l’enfant, et le préparer à l’insatisfaction ultérieure, pour qu’il s’en défende. On voit jusqu’où peut aller la moralisation pédagogique de la psychanalyse freudienne : jusqu’à un véritable enseignement du malheur.

Refonte de la doctrine freudienne avec l’intervention conceptuelle de la linguistique, de l’ethnologie, de la philosophie hégélienne : l’importance en France de la théorie de LACAN mérite un examen attentif ; sa diffusion, ses conséquences dans la pratique, et son impact dans la bataille d’idées, font des innovations qu’il propose un des centres de la réflexion sur la psychanalyse. Aux origines de la démarche de Jacques LACAN se sont trouvé réunis un certain nombre de facteurs qui ont rendu possible une refonte importante des théories freudiennes. Le point de départ peut se situer dans une critique radicale de la psychanalyse à l’américaine, adaptative. LACAN est un de ceux qui affirment le plus clairement, et très tôt, les liens profonds entre l’ego‑psychology avec l’American way of life l’idéologie des relations humaines, l’human engeneering. C’est de là que vient le retour à FREUD, son mot d’ordre permanent, qui doit être considéré comme l’essentiel de sa démarche. Mais pour faire retour à FREUD, LACAN emploie les instruments d’analyse que lui donnent des champs du savoir déjà constitués ou entrain de se constituer : déjà constitués, le vocabulaire de la dialectique hégélienne, les informations de l’anthropologie du 19ème siècle en voie de formation bien avant sa période de pointe des années 60, le structuralisme anthropologique à partir des études sur la parenté, de la linguistique saussurienne, les systèmes de formalisation, logiques, théories des jeux, topologies.

«  Les deux tendances rétrogrades qui s’écartent de la psychanalyse et que je veux maintenant comparer ont ceci de commun qu’elles sollicitent un préjugé favorable en affirmant certains points de vue levés, pour ainsi dire sub specie aeternitatis. »

« JUNG tenta une transposition des faits analytiques sur le mode abstrait, impersonnel, sans tenir compte de l’histoire de l’Individu, ce par quoi il espérait s’épargner la reconnaissance de la sexualité infantile et du complexe d’Œdipe en même temps que la nécessité de l’analyse de l’enfance. ADLER sembla s’éloigner encore davantage de la psychanalyse, il rejeta en bloc l’importance de la sexualité, rapporta exclusivement la formation du caractère comme de la névrose à la volonté de puissance des hommes et à leur besoin de compenser leur infériorité constitutionnelle. Il jeta par la fenêtre toutes les acquisitions psychologiques de la psychanalyse. »

«  Si nous parvenons à établir une distinction entre connaissance objective et valorisation sentimentale, nous jetons un pont sur l’abîme séparant notre époque de l’Antiquité et nous sommes étonnés de voir qu’Œdipe est encore bien vivant. Gardons‑nous de sous‑estimer l’importance d’une telle impression : cette connaissance nous apprend en effet que les conflits élémentaires des humains conservent une identité indépendante du temps et de l’espace… Nous avons simplement réussi à oublier qu’une communauté indissoluble nous unit aux hommes de l’Antiquité. […] Le leitmotiv de tous ces travaux est d’expliquer des problèmes historiques en appliquant à des thèmes historiques donnés des connaissances puisées dans l’activité de l’inconscient de l’âme moderne. »

Si la psychanalyse a cependant renouvelé les Sciences réputées Humaines, c’est pour autant qu’elle a rencontré, par la voie de sa technique et à partir du contre‑point de la névrose, l’évidence occultée, mais universelle, du registre de l’Inconscient, en tant que contenu latent des expressions psychiques et mode de fonctionnement originaire de la pensée. Il lui a bien fallu alors donner acte qu’elle cernait là la condition « métapsychologique » de tout sens possible : en ce que les différences d’expression, et de qualité, dans les productions humaines (normales et pathologiques) de toute sorte, s’avéreraient renvoyer à un même et ubiquitaire fonds originaire à l’organisation économique et topologique près de son exigence dynamique et motrice : celle qui veut que l’individu, comme la société, doive se défendre du malaise d’être homme. A travers la banalité des évidences régulièrement retrouvées par la psychanalyse, il devenait clair que, partout et toujours, pour soi et en son groupe, l’Homme a pour tâche aléatoire de résoudre son conflit fondateur. Ce dernier relève de la rencontre, formant matrice structurale, de la prématuration (source de l’antinomie attachement, individuation), de l’évolution biphasée de la sexualité articulée autour du Complexe d’ Œdipe (source de l’antinomie redoublée refoulement, sublimation, satisfaction), de la contradiction dans la nature des instincts (de Vie et de Mort), de l’opposition des investissements (de Soi et de l’Objet), de l’insuffisance de l’appareil psychique (absence d’un Moi à la naissance, manque de directivité), etc. Et, si c’est en se rendant aux Indes que COLOMB a découvert l’Amérique, c’est en réfléchissant sur la nervosité que FREUD a découvert Ça qui propulse l’Homme dans ses œuvres, ses ris et ses heures. Il reste d’ailleurs évocateur que, dans ses échanges avec les autres branches du savoir, la psychanalyse a toujours donné plus qu’elle n’a reçu, là où elle n’a pas révoqué en doute en faisant tomber le masque des rationalisations après coup. Les applications extrathérapeuthiques de la psychanalyse constituent ici un bénéfice secondaire tout à fait appréciable, et non négligeable, eu égard à son usage praticien. Mais aussi d’importantes et véritablement cruciales qu’elles soient, elle perdraient toute portée à oublier ce qui les rend possibles : la Clinique, sol nécessaire à l’édification d’une architecture anthropologique équilibrée.

Elle consiste essentiellement dans la mise en évidence de la signification inconsciente des paroles, des actions, des productions imaginaires (rêves, fantasme, délires) d’un sujet. Cette méthode se fonde principalement sur les libres associations du sujet qui sont le garant de la validité de l’interprétation.

iRêves

iiFantasme

iiiDélires

L’interprétation psychanalytique peut s’étendre à des productions humaines pour lesquelles on ne dispose pas de libres associations.

Elle est fondée sur cette investigation et spécifiée par l’interprétation contrôlée de la résistance, du transfert et du désir. A ce sens se rattache l’emploi de psychanalyse comme synonyme de cure psychanalytique ; exemple : entreprendre une psychanalyse.

Son principe est celui de la levée des refoulements pathogènes (qui conditionnent les symptômes nerveux) par le travail des résistances qui s’opposent à la liberté associative de leur représentation consciente.

Son ressort est celui de l’interprétation de la névrose de transfert, en qui a lieu la reviviscence des conflits en cause, mais devenus inconscients et par qui se rééditent, dans une situation épurée et maîtrisable, les émois et situations originaires sous‑tendant le refoulé.

bCelle contrôlée ou sous contrôle 

Psychanalyse conduite par un analyste en cours de formation et dont il rend compte périodiquement à un analyste expérimenté qui le guide dans la compréhension et la direction de la cure et l’aide à prendre conscience de son contre-transfert. Ce mode de formation est notamment destiné à permettre à l’élève de saisir en quoi consiste l’intervention psychothérapique (suggestions, conseils, directives, éclaircissements, soutien, etc.)

cCelle sauvage

Dans un sens large, type d’interventions d’ « analystes » amateurs ou inexpérimentés qui s’appuient sur des notions psychanalytiques souvent mal comprises pour interpréter des symptômes, des rêves, des paroles, des actions, etc. Dans un sens plus technique, on qualifiera de sauvage une interprétation qui méconnaît une situation analytique déterminée, dans sa dynamique actuelle et sa singularité, notamment en révélant directement le contenu refoulé sans tenir compte des résistances et du transfert.

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