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8 août 2003

PSYCHANALYSE SIDA - SITUATION

Chapitre 1 SIDA : 1

Chapitre 2 SIGNAL d’angoisse : 2

Chapitre 3 SIGNIFICATION.. 2

a Dite du phallus. 2

Chapitre 4 SITUATION.. 3

a Typologie. 3

i Dite extrême (BETTELHEIM) 3

a Processus de modification psychique. 3

Un Choc de l’emprisonnement 3

Deux L’environnement 3

· « La dialectique du Maître et de l’Esclave » (selon moi, c’est une fantaisie de ma part) 3

i L’ordre d’enterrer vivant 4

· Ou « être un cadavre ambulant ». 4

i Neurologie. 4

b Système de défense. 5

Un Liens rappelant vie passée. 5

Deux Dissociation. 5

c Profil 5

Un Criminels. 5

Deux Non politiques, classe moyenne. 5

Trois Politique. 6

Quatre Témoins de JEHOVAH.. 6

Le Virus de l’Immuno-déficience Humaine est responsable du déclenchement de troubles psychiatriques, directement ou indirectement en rapport avec le virus VIH. En effet, il faut se rappeler que ce virus est un virus neurotrope qui peut être responsable directement de lésions cérébrales telles que la toxoplasmose cérébrale ou du tableau d’un lymphome cérébral primitif. Mais le VIH est indirectement responsable du fait de l’immuno-dépression qu’il provoque, de syndromes méningés voire de méningite tuberculeuse, ou, par l’intermédiaire de différents agents infectieux d’encéphalites subaiguës. Mais les manifestations psychiques réactionnelles sont les premières en cause, lorsque le malade apprend sa séropositivité. Souvent chez le même malade on observe non seulement des troubles psychotiques et confusionnels provoqués directement par la maladie, mais aussi des syndromes dépressifs avec des crises anxieuses paroxystiques, et bien entendu des troubles du comportement. Il y a donc tentative de suicide. En dehors des troubles que nous venons de décrire, on assiste parfois à des décompensations délirantes aiguës et même à des syndromes psycho-organiques et démentiels.

Terme introduit par Freud dans le remaniement de sa théorie de l’angoisse (1926) pour désigner un dispositif mis en action par le moi, devant une situation de danger, de façon à éviter d’être débordé par l’afflux des excitations. Le signal d’angoisse reproduit sous une forme atténuée la réaction d’angoisse vécue primitivement dans une situation traumatique, ce qui permet de déclencher des opérations de défense.

aDite du phallus

Quelques années avant la cure de l’Homme aux loups, l’analyse du petit HANS livre les observations qui vont permettre d’identifier le représentant perdu comme signifiant phallique. A partir des données exposées par ce cas paradigmatique, FREUD va en effet déterminer les trois actes qui scandent chez le petit garçon l’introduction au manque, accomplie dans la reconnaissance du phallus. Le premier retrace comment le pénis du petit garçon, point de focalisation durant les premières années d’une jouissance narcissique autoérotique, est à un certain moment négativé au lieu de l’Autre, quand la croyance infantile qui l’attribuait jusqu’ici aux deux sexes est l’Objet d’un refoulement à la suite de la découverte des organes génitaux de la femme. Au‑delà du démenti infligé à la volonté de jouissance de l’enfant, volonté à présent bridée par la menace de castration, cette révélation vient signifier à l’intéressé le défaut essentiel qui le marque et qui frappe en même temps l’Autre du langage et la réalité. Le deuxième acte marque la consécration de cette signification, effectuée autour d’un nouveau personnage introduit sur la scène : la mère. Au temps où la femme était pour l’enfant pourvue d’un pénis au même titre que l’homme, le petit garçon manifestait une curiosité ardente (Shnsucht) pour le supposé pénis de la mère. Or à un moment advient, nous dit FREUD, un phénomène de retournement au terme duquel la curiosité de jadis se transforme dans son contraire : le sexe de la mère devient pour l’enfant un Objet d’aversion (Abscheu), sentiment qui traduit le refoulement de la croyance primitive au pénis maternel. Le troisième acte décrit le retournement quand le pénis maternel refoulé fait retour métaphorisé sur le corps de l’autre femme comme phallus sous les traits notamment de certaines figures élues (la vierge, la putain). Au dénouement du drame, la femme est donc instituée comme lieu du phallus, privilège qui lui  confère ce qu’on appelle son charme et qui constitue le mystère de la féminité. La reconstitution des trois phases du procès qui préside au refoulement du signifiant phallique confirme ainsi l’identité de celui‑ci avec le représentant primordial du Sujet. La conclusion de ce processus long et compliqué que FREUD désigne du nom de Complexe d’Œdipe, est toutefois que le désir de l’homme ne se fixe pas sur le corps de la femme considéré comme tabernacle. L’épilogue normalement attendu du drame présente l’introduction du Sujet à la vie, advenue quand le signifiant phallique est lui‑même métaphorisé une seconde fois sous les espèces de diverses représentations secondaires, constitutives de la réalité psychique, lorsque divers Objets in‑signifiants (les petits biens, les petits riens) sont appelés par le Sujet comme substituts du signifiant perdu pour soutenir dans le monde du semblant l’ombre de la Chose et faire tourner la noria du désir. La psychanalyse nous apprend que ce happy end n’est cependant pas toujours assuré.

aTypologie

Aujourd’hui, les camps de concentration ALLEMANDS appartiennent au passé. Mais il n’est pas certain que l’idée de modifier la personnalité pour l’adapter aux besoins de l’Etat ne renaisse pas en d’autres circonstances. C’est pourquoi BETTELHEIM analyse les camps de concentration en tant que moyens utilisés pour produire des Sujets plus propres à servir les buts d’un Etat totalitaire.

Les modifications de la personnalité étaient obtenues en soumettant les prisonniers à des conditions d’existence délibérément conçues à cette fin. Leur caractère extrême obligeait les prisonniers à une adaptation totale et rapide. Cela se déroule en plusieurs phases. La première consistait dans le choc initial de l’emprisonnement, du transport jusqu’au camp. La seconde était son adaptation à la vie dans le camp, au cours d’une évolution psychologique qui changeait à la fois sa personnalité et sa façon d’envisager l’existence. Pendant que cette évolution était en cours, on pouvait difficilement apprécier l’ampleur de ses effets, car après un premier changement brutal, tout se produisait graduellement. C’est pourquoi, afin de rendre les choses plus claires, BETTELHEIM compare deux catégories de prisonniers. Les premiers, chez lesquels le processus n’est qu’amorcé, sont qualifiés de « nouveaux prisonniers ». Les seconds, chez lesquels le processus en est à un stade avancé, d’ « anciens prisonniers ». La dernière phase de modification de la personnalité était atteinte lorsque le prisonnier s’était pleinement adapté à la vie du camp. Elle se caractérisait par une différence radicale d’évaluation du SS et un changement d’attitude correspondant envers lui, ou du moins envers ses valeurs et le mode de vie qu’il défendait.

Les changements brusques de personnalité sont souvent le résultat de traumatismes. Leur initiation au camp avait lieu pendant le transport. C’est très souvent leur première expérience de la torture, et pour la plupart d’entre eux, la pire à laquelle ils seraient exposés, physiquement et moralement. Le degré de traumatisme qui en résultait dépendait de l’Individu. Si l’on veut généraliser, on peut analyser les réactions des prisonniers en fonction de leur classe socio‑économique et de leur culture politique. Il y avait également des différences de réaction selon que le détenu avait déjà fait de la prison en tant que criminel ou pour des activités politiques.

Dans les camps, le prisonnier doit s’octroyer une zone de liberté d’action et de liberté de pensée, si insignifiante fût‑elle. Les deux libertés, celles de l’activité ou de la passivité, constituent deux des attitudes humaines les plus fondamentales ; de même que l’absorption et l’élimination, l’activité mentale et le repos, sont nos activités physiologiques les plus fondamentales. Prendre conscience de temps à autre qu’on est actif ou passif de sa propre initiative, en esprit et physiquement, beaucoup plus que l’utilité objective de ce comportement, cela a permis de survivre.

Avaler une nourriture répugnante est un acte de liberté. Etant donné la décision initiale : survivre, on se forçait soi‑même à manger. Ce n’étais pas un acte imposé par les SS et, contrairement à un expédient tel que faire l’espionnage pour survivre, il ne violait pas les valeurs intérieures et n’affaiblissait pas le respect de soi‑même. Tant qu’un prisonnier luttait de quelque façon pour survivre et pour s’affirmer dans le cadre d’un environnement écrasant ou en opposition avec lui, il ne risquait pas de devenir un « musulman ». Une fois qu’il avait acquis la conviction qu’il n’avait aucun moyen d’action sur sa vie et sur l’environnement, la seule conclusion logique était de s’en désintéresser. Mais à partir de ce moment, tous les stimuli externes étaient exclus de la conscience, et l’Individu ne réagissait plus qu’à des stimuli internes.

iL’ordre d’enterrer vivant

KOGON raconte un des multiples incidents qui illustrent cette affirmation. Un groupe de prisonniers JUIFS travaillaient à côté d’un groupe de prisonniers POLONAIS. Le SS qui les surveillait remarquent deux JUIFS qui selon lui ralentissaient le rythme de leur travail, leur ordonna de se coucher dans le fossé et appela un prisonnier POLONAIS du nom de STRZASKA, pour les enterrer vivants. STRZASKA, pétrifié de terreur et d’angoisse, refusa d’obéir. Le SS lui tapa dessus avec une pelle, mais le POLONAIS persista dans son refus. Furieux, le SS ordonna aux deux JUIFS de sortir du fossé et à STRZASKA d’u entrer, et aux deux JUIFS d’enterrer le POLONAIS. En proie à une anxiété mortelle, espérant échapper à ce sort eux‑mêmes, ils jetèrent de la terre dans le fossé, sur leur codétenu. Lorsque seule la tête de STRZASKA demeura visible, le SS leur ordonna de s’arrêter et de le déterrer. Une fois STRZASKA hors du fossé, les deux JUIFS reçurent l’ordre d’y retourner et cette fois, STRZASKA obéit à l’injonction renouvelée de les enterrer, peut‑être parce qu’ils n’avaient pas refusé de l’enterre lui, peut‑être parce qu’il espérait qu’ils seraient épargné à la dernière minute. Mais cette fois, le SS ne fit pas grâce et une fois le fossé rempli, il piétina la terre au‑dessus des victimes pour la tasser. Cinq minutes plus tard, il ordonna à deux autres prisonniers de les déterrer, mais ils eurent beau se hâter, il était trop tard. L’un était déjà mort et l’autre mourrant. Le SS ordonna de les porter tous les deux au crématoire.

Les prisonniers qui en venaient à croire les affirmations répétées des SS qu’ils ne quitteraient le camp qu’à l’état de cadavres, et qui avaient la conviction qu’ils n’avaient pas le moindre pouvoir sur leur environnement, devenaient littéralement, des cadavres ambulants. Dans les camps on les appelait les « musulmans » en attribuant à tort leur comportement à une soumission fataliste à l’environnement analogue à celle qu’on impute aux musulmans. Mais ces Individus n’avaient pas, comme les véritables musulmans, pris la libre décision d’accepter leur sort. Au contraire, ils étaient si totalement privés de réactions affectives, d’amour‑propre et de toute forme de stimulation, si totalement épuisés, physiquement et psychiquement qu’ils se laissaient totalement dominer par l’environnement. Ils tombaient dans cet état le jour où ils renonçaient à exercer la moindre influence sur leur vie ou leur entourage. Même les « musulmans », étant des organismes, réagissaient dans une certaine mesure à leur environnement, mais en le privant de tout pouvoir de les influencer en tant que Sujets. Pour cela, ils renonçaient à toute prise de position et devenaient des Objets. Du même coup, ils renonçaient à leur qualité de personnes. Ils devenaient des ombres ambulantes qui ne tardaient pas à mourir. En d’autres termes, après une période de privation extrême, l’environnement ne fait plus que tourner autour d’une coquille vide, ce qui était le cas pour la routine du camp et ces musulmans. Ils se comportaient comme s’ils avaient cessé de penser et de sentir, incapables d’agir ou de réagir, mus mécaniquement de l’extérieur.

iNeurologie 

On peut se demander si ces Individus avaient réussi à exclure le phénomène de l’arc‑réflexe menant des stimuli externes ou internes par les lobes frontaux à la sensation et à l’action. Ils avaient commencé par renoncer à l’action, qui semblait dénuée d’utilité. Puis à l’émotion car toutes étaient pénibles ou dangereuses. Finalement, le processus aboutissait au blocage de la stimulation elle‑même.

Parmi les prisonniers, BETTELHEIM étudie leur système de défense. Deux des prisonniers s’étaient pris d’affection, ayant pour point en commun la philatélie. Mais, ils n’avaient pas conscience de leurs motivations, ils s’efforçaient de se protéger contre l’impact de la vie concentrationnaire en demeurant ensemble le plus souvent possible. Cela leur permettait d’échapper par instants à leur misère en parlant de leur passe‑temps, et en en maintenant l’existence. Jusqu’à un certain point cette réaction leur fut utile. Mais leur force résidant dans le fait qu’ils soient sans arrêt au contact, cela devint très vite périgueux. Cependant, déçus par ce qui avait donné tant de sens à leur vie passée, ils n’avaient plus de moyen de défense Individuelle et devinrent rapidement l’ombre d’eux‑mêmes.

Pour prendre du recul, BETTELHEIM différencie l’observateur de l’homme subissant les événements, ce qui est typique de la schizophrénie. Mais, cela permet de conserver, dans le cas du psychanalyste, le sens à sa vie d’avant. Il fallait user de sa mémoire dans la mesure où il était impossible de conserver des notes.

Les criminels étaient les moins affectés par leur emprisonnement. Tout en subissant leur sort de mauvais gré, ils manifestaient un malin plaisir à se retrouver sur un pied d’égalité avec des hommes politiques et des hommes d’affaire, les procureurs ou les juges qui les avaient autrefois envoyés en prison. Le ressentiment qu’ils éprouvaient à l’égard des bourgeois expliquait pourquoi beaucoup d’entre eux acceptaient d’être les instruments de police des SS dans le camp. Lorsqu’ils avaient la possibilité d’exploiter des prisonniers économiquement, la tentation de servir les SS devenait irrésistible. 

C’étaient les prisonniers non politiques des classes moyennes, en minorité dans les camps, qui se révélèrent les moins capables de résister au choc initial. Ils ne comprenaient ni ce qui leur arrivait, ni la raison pour laquelle on les traitait ainsi. Ils se cramponnaient plus que jamais à ce qui avait été le fondement de leur dignité jusque‑là. Même lorsque les SS les injuriaient, ils leur assuraient qu’ils n’avaient jamais été les adversaires au nazisme. Ils ne comprenaient pas pourquoi eux, qui avaient toujours respecté la loi, étaient persécutés. Bien qu’injustement emprisonnés, ils n’osaient pas résister à leurs oppresseurs en pensée, alors qu’ils y auraient puisé une dignité dont ils avaient terriblement besoin. Ils ne pouvait que plaider, et beaucoup d’entre eux rampaient. La Loi et la police étant au‑dessus de tout reproche, ils acceptaient comme juste tout ce que faisait la Gestapo. Leur seul objection était qu’eux fussent l’Objet d’une persécution qu’ils ne mettaient pas en question, puisqu’elle était imposée par les autorités. Ils rationalisaient la contradiction en affirmant qu’il s’agissait d’une erreur. Les SS se moquaient d’eux, les rudoyaient, et prenaient plaisir à des scènes qui soulignaient la supériorité de leur position. Ce group tenait particulièrement à ce qu’on respectât son statut social. Ce qui le choquait le plus, c’est qu’on put le traiter comme de vulgaires criminels. Ce comportement démontre à quel point l’ALLEMAND apolitique des classes moyennes était incapable de tenir tête au national‑socialisme. Aucune idéologie cohérente, ni morale, ni politique, ni sociale, ne protégeait son intégrité et ne lui donnait la force de résister au nazisme. Une fois emprisonné, il disposait de peu de ressources intérieures pour réagir au choc. Sa dignité avait été fondée sur son statut social et sa responsabilité dépendait de ses fonctions, de sa qualité de chef de famille, ou d’autres facteurs extérieurs du même ordre. Jamais ils ne s’étaient rendu compte que les supports qui leur tenaient lieu de respect de soi et de force morale étaient artificiels et précaires. Subitement tout ce qui avait nourri leur amour‑propre pendant des années s’effondrait. Ils finissaient malgré eux par prendre conscience de ce changement abyssal de statut. Comme ils y perdaient tout respect d’eux‑mêmes, ils se désintégraient en tant qu’Individus autonomes. Pour eux, le simple emprisonnement suffisait à réaliser une bonne partie du processus. Par exemple, les suicides qui se produisirent en prison et pendant le transport eurent lieu dans ce groupe social.

Ils s’étaient attendus à être persécutés par les SS et ils subissaient un choc moindre, car ils y étaient préparés. Tout en étant pleins de ressentiment, ils acceptaient leur sort comme une conséquence logique des événements. Tout en s’inquiétant à juste titre de leur avenir, du sort de leur famille et de leurs amis, ils ne voyaient pas de motifs de se sentir dégradés par leur emprisonnement bien qu’ils souffrissent autant du régime concentrationnaire que les autres prisonniers.

Ils étaient détenus en tant qu’objecteurs de conscience. Ils étaient encore moins affectés par leur détention et conservaient leur intégrité grâce à des convictions religieuses rigides. Leur seul crime aux yeux des SS étant de refuser de porter les armes, on leur offrait fréquemment de les libérer s’ils accomplissaient leur service militaire. Ils refusaient toujours.

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