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8 août 2003

PSYCHANALYSE SYMBOLE

Chapitre 1 SYMBOLE. 1

a Selon. 1

i GRODDECK.. 1

b Catégories. 2

i Dit ascensionnel (Gilbert DURAND) 2

ii Dit de l’inversion. 2

iii Dit lumineux (Gilbert DURAND) 2

iv Dit mnésique (FREUD) 2

c Terminologie. 3

i -ique. 3

a LACAN.. 3

b MAJOR.. 3

ii -isme. 3

a JONES. 4

Un Comparaison. 4

Deux Métaphore. 4

b ROHEIM... 4

Un symbole représente ou remplace une autre idée dont, d’après le contexte, il tire une signification secondaire que par lui‑même il ne possède pas. Il importe de noter que la signification va de l’idée primaire à l’idée secondaire, c’est‑à‑dire qu’elle se porte sur le symbole de sorte qu’une idée essentielle se trouve symbolisée par une idée qui l’est moins. C’est ainsi que des choses très importantes peuvent être représentées par un lambeau d’étoffe appelé drapeau. Un symbole représente l’élément primaire parce qu’il a quelque chose de commun avec lui. ce serait donc faire une entorse à la langue que de dire que le nœud que nous faisons à notre mouchoir pour nous souvenir d’une chose symbolise  l’idée dont nous voulons nous souvenir. L’association peut être externe ou interne. Cependant, une association qui apparaît superficielle au jugement de la raison peu souvent avoir une profonde signification affective, surtout de l’inconscient. Ce qui caractérise un symbole, c’est qu’il est sensible et concret, alors que l’idée qu’il représente peut être relativement abstraite et complexe. Le symbole tend donc à être plus bref et plus condensé que l’idée qu’il représente. Nous en avons un exemple dans le geste de s’incliner dont nous avons parlé plus haut. Dans la plupart de ses usages, le terme « symbole » exprime une idée plus ou moins cachée, secrète ou tenue en réserve. Fait très caractéristique, la personne se servant d’un symbole n’est pas toujours consciente de ce qu’il représente réellement. Les symboles ressemblent aux mots d’esprit en ce qu’ils sont, au sens large du terme, automatiques et inconscients. Cette proposition est d’autant plus vraie que le sens qu’on attache au mot symbolisme est plus étroit.

aSelon

Pour lui, c’est la correspondance existant entre des mots ou des Objets usuels, et des éléments ayant trait à la vie sexuelle. Il va plus loin que la symbolisation de son époque afin de mettre en rapport tout Objet et toute action, soit avec une partie du corps et essentiellement les organes génitaux, soit avec une action en liaison avec la relation sexuelle, soit encore avec le rapport père‑mère‑enfant, et fait ainsi découler le monde de ce creuset. Il faut noter que cette signification est contraire au courant de LACAN. Là où GRODDECK parle de symbole ou de symbolique, c’est plutôt au registre de l’imaginaire qu’il faut se référer, même si, bien évidemment, il n’est pas possible de superposer le concept d’imaginaire et sa théorisation lacanienne, avec ce que décrit GRODDECK sous le terme de symbolique. Pour lui, le principe même de la maladie est de nous empêcher d’accomplir des actes que nous ne désirons pas accomplir ou d’éprouver des sensations (entendre, voir, etc.) que nous ne voudrions pas ressentir. Ce refus inconscient (au sens descriptif de ce qui n’est pas conscient) entraîne des troubles de l’organe concerné. Ainsi, une surdité survient parce que le malade ne veut pas entendre telle parole, sa vue baisse parce qu’il ne veut pas voir telle image, etc. Seul le malade est susceptible d’éclairer la source du mal ce qui constitue une première parenté avec la méthode psychanalytique. On appelle symbole, en psychanalyse, le rapport constant entre certains éléments muets du rêve (c’est‑à‑dire qui ne donnent pas lieu à associations) et leur traduction typique. Exemples : le symbole se donne comme un type de comparaison qui en fait un élément de la pensée inconsciente. Le rêveur ne reconnaît pas, en effet, une batterie limitée d’Objets symbolisés : le corps humain dans son ensemble, les parents, les enfants, les frères, la naissance, la mort, la nudité. Pour expliquer le symbole, on admet qu’il y a d’abord principe du plaisir. Par ailleurs, il y a une assimilation. Elle s’opère entre les deux éléments suivants. D’une part, l’élément de la réalité : celle‑ci est étrangère, inquiétante, pénible, mais que l’on est contraint d’accepter, et, d’autre part, l’image libidinale : elle peut exister en une analogie formelle, aussi lâche soit‑elle. Ceci rendrait les symboles potentiellement universels et culturels.

bCatégories

Les symboles ascensionnels nous apparaissent tous marqués par le souci de la reconquête d’une puissance perdue, d’un tonus dégradé par la chute. Cette reconquête peut se manifester de trois façons fort voisines et que relient de nombreux symboles ambigus et intermédiaires : elle peut être ascension ou érection vers un au‑delà du temps, vers un espace métaphysique et OLYMPIENNE. Elle peut se manifester, d’autre part, dans des images plus fulgurantes, soutenues par les symboles de l’aile et de la flèche, et l’imagination alors se teinte d’une nuance ascétique qui fait du schème du vol rapide le prototype d’une sublimation de la chair et l’élément fondamental d’une méditation de la pureté. L’ange est l’euphémisme extrême, presque l’antiphrase de la sexualité. Enfin, la puissance reconquise vient orienter ces images plus viriles : royauté céleste ou terrestre du roi juriste, prêtre ou guerrier, ou encore têtes et cornes phalliques, symboles au 2ème degré de la souveraineté virile, symboles dont le rôle magique met à jour les processus formateurs des signes et des paroles. Mais, cette imagination du ZENITH appelle impérieusement, comme l’a bien montré ELIADE, les images complémentaires de l’illumination sous toutes ses formes.

iiDit de l’inversion (Gilbert DURAND)

Un remarquable isomorphisme unit universellement l’ascension à la lumière et d’ailleurs, BACHELARD remarque que c’est la même opération de l’esprit humain qui nous porte vers la lumière et vers la hauteur. Le même isomorphisme sémantique groupe les symboles de la lumière et les organes de la lumière, c’est‑à‑dire les atlas sensoriels que la phylogenèse a orientés chers la connaissance à distance du monde. Mais si les percepts visuels et audio‑phoniques dont des doublets vicariants et magiques du monde, nous avons constaté qu’ils sont vite doublés eux‑mêmes par le potentiel d’abstraction qu’ils véhiculent. Le mot pictorgaphique ou phonétique est sublimation abstraite du percept. C’est ce processus de dédoublement que nous avions déjà vu à l’œuvre à propos des symboles de la souveraineté telle que la conçoit DUMEZIL, et qu’une fois de plus nous venons de constater à l’occasion du phénomène linguistique dans son ensemble et de la magie vicariante des mantra et des runes, c’est ce processus qu’il faut examiner. Même dans le domaine de l’imaginaire, la clarté est accompagnée par les procédés de la distinction. Le glaive vient doubler le sceptre, et les schèmes diaïrétiques viennent consolider les schèmes de la verticalité. Toute transcendance s’accompagne de méthodes de distinction et de purification. C’est ce que nous laissait déjà entrevoir l’ascèse

Terme souvent utilisé dans les premiers écrits de FREUD pour qualifier le symptôme hystérique.

cTerminologie

les modes de penser symboliques sont les plus primitifs, tant au point de vue ontogénétique que phylogénétique, et représentent une réversion vers des phases d’évolution mentale plus ancienne. Cette réversion est par conséquent favorisée par certains états tels que la fatigue, l’engourdissement, la maladie, la névrose, la folie, mais on l’observe surtout dans les rêves lorsque la vie mentale consciente se trouve réduite au minimum. C’est ainsi qu’un homme fatigué préfère généralement, plutôt que lire, feuilleter un illustré qui lui présente les idées sur un plan sensoriel.

Terme introduit (sous sa forme de substantif masculin) par J. LACAN qui distingue dans le champ de la psychanalyse trois registres essentiels : le symbolique, l’imaginaire, et le réel. On appelle souvent symbolique le passage du système du plaisir, déplaisir (angoisse), caractéristique de la relation duelle à la mère et à son imago imaginaire, à un système où le désir est soumis à la loi de l’interdiction de l’inceste et à la médiation paternelle. Le symbolique désigne l’ordre de phénomènes auxquels la psychanalyse a affaire en tant qu’ils sont structurés comme un langage. Ce terme se réfère aussi à l’idée que l’efficacité de la cure trouve son ressort dans le caractère fondateur de la parole. Certains après LACAN, évoquent ici l’ordre du langage et ses signifiants‑clefs : le phallus et le nom‑du‑père.

Reprenant des considérations anciennes de FREUD sur l’appareil  de langage, certains auteurs (MAJOR) qualifient de symboliques les pensées intermédiaires (qui joignent la réalité externe et la réalité psychique) et de connexions symboliques ce qui garantit une partie préservée du Sujet contre la perte de l’Objet.

Dans un second temps, le symbole est mis au service de la signification indirecte. Le symbolisme, dans le travail analytique, amène une interprétation des symboles et la résistance la plus importante. Par ailleurs, le symbolisme se trouve constituer le centre de la plus grande opposition à la psychanalyse en général. Ce fait est vraiment beaucoup plus curieux qu’on ne pourrait le penser puisque la signification des symboles est la partie de la psychanalyse qui échappe le plus à l’arbitraire du psychanalyste. Elle lui est, pour ainsi dire, extérieure et constitue un ensemble de connaissances communes à beaucoup d’autres branches de la science : anthropologie, folklore, philologie, etc. A mesure, cependant, qu’on approfondit la question du symbolisme, on voit son intérêt et son importance croître rapidement. De nouveaux problèmes surgissent à chaque instant et on s’aperçoit finalement, surtout si le terme « symbolisme » est pris dans son sens le plus large, qu’on se trouve en présence d’une question qui, par sa généralité, intéresse tout le développement de la civilisation. En effet, qu’est‑ce que la civilisation, sinon une série sans fin de substitutions, un remplacement incessant de certains intérêts, de certaines idées et tendances par d’autres ? Du point de vue génétique, il s’avère que les progrès de l’esprit humain, loin de résulter de l’addition d’éléments venus du dehors, résultent de deux processus : d’une part, l’extension ou le transfert de l’intérêt et de la compréhension d’idées simples et primitives vers des idées plus difficiles et plus complexes qui, dans un certain sens, continuent et symbolisent les premières. D’autre part, le remplacement constant de symbolismes par d’autres, la reconnaissance du fait que ceux qu’on pensait vrais ne correspondent en réalité qu’à certains aspects, à certaines représentations de la vérité. Pour des raisons affectives ou intellectuelles, ces représentations étaient les seules que l’esprit pouvait concevoir à une époque donnée. Il suffit de réfléchir, par exemple, au développement de la science ou de la religion pour percevoir l’exactitude de cette description. Il devient donc nécessaire pour nous de chercher à mieux comprendre la nature du symbolisme et la manière dont il opère. Dès le début, notre effort se heurte à la difficulté suivante : le terme « symbolisme » a été utilisé pour désigner un très grand nombre de choses, certaines d’entre elles n’ayant pas de rapports avec les autres et toutes ayant besoin d’être différenciées. Ceux qui s’intéressent à la question liront avec profit l’ouvrage historique Geschichte des Symbols de SCHLESINGER dans lequel se trouvent réunies plusieurs centaines de sens et de définitions du mot. L’étymologie ne nous est ici d’aucun secours, étant donné que le sens le plus ancien du mot grec « sumbolon » ne paraît pas être celui d’aujourd’hui (signe), mais réunir, entremêler, ce qui s’explique peut‑être par le fait que beaucoup de symboles avaient plusieurs significations. La racine du mot, « gal » en sanscrit, « bal » en indo‑germanique, désignait plus particulièrement la réunion de plusieurs courants d’eau. Le terme « symbolisme » est employé couramment dans un sens large, qui est à peu près celui de « signe », et dans un sens plus limité (comme en psychanalyse). Pour donner une idée de la diversité des phénomènes inclus dans la première de ces catégories, nous citerons quelques exemples. Tout d’abord, le mot « symbole » s’applique ) l’idée de divers Objets : emblèmes, amulettes, devises, marques, insignes, talismans, trophées, charmes, phylactères. On emploie aussi ce terme pour désigner différentes figures du discours et différents modes de la pensée : analogie, métaphore, apologue, métonymie, synecdoque, allégorie, parabole, tous différenciés par les philologues. En outre, on qualifie souvent de symboliques les modes de penser mythologique, artistique, magique, religieux, mystique, ainsi que la métaphysique et la science primitives. Il y a un symbolisme du cubisme, de l’Eglise catholique, de la fran‑maçonnerie, un symbolisme des couleurs et même une logique symbolique. Sont également considérés comme symboliques certains signes, certaines formules, certaines coutumes. On dit, par exemple, que le fait de s’incliner symbolise l’ancienne coutume de prosternation, c’est‑à‑dire le respect sans intention hostile. Après avoir dépouillé son frère de la NORMANDIE, LOUIS XI brisa solennellement l’anneau ducal devant une assemblée réunie exprès à ROUEN en 1469 : cet acte symbolisait la destruction complète de l’autorité de son frère. Il serait facile de multiplier à l’infini des exemples similaires de l’emploi de ce mot. 

L’interprétation du symbole provoque généralement une réaction de surprise, d’incrédulité et de répugnance de la part de ceux qui ne connaissent pas cette question.

La comparaison constitue la figure la plus simple du discours. Logiquement, elle précède même la métaphore, et certainement l’adjectif. Certaines langues primitives, par exemple le tasmanien, n’ont pas d’adjectifs, lesquels sont remplacés par des images. La raison en est sans doute qu’il est plus facile d’observer un Objet concret susceptible de servir de comparaison que d’abstraire la notion d’un attribut.

La métaphore diffère de la comparaison par la suppression de l’un de ses termes. Nous disons par exemple : « il parait les coups de sort » au lieu de dire : « il luttait contre le mauvais sort comme s’il avait eu à parer des coups ». Une métaphore suppose donc toujours une image, qui est la figure la plus primitive. Dans la métaphore, les mots « à l’instar », « comme si », sont supprimés, bien que toujours impliqués. L’image fait ressortir une ressemblance entre des Objets qui diffèrent par ailleurs, comme par exemple lorsque nous disons : « les mots sont comme des oiseaux ; ils ont des ailes ». Un simple parallèle n’est pas une image. Nous employons des images pour orner notre phrase, lui donner plus de force et de vivacité, mais il est permis de supposer qu’à l’origine comme en TASMANIE elles servaient à indiquer par le simple procédé de la comparaison la présence d’un attribut. Le rêve se sert toujours de ce dernier expédient qui, en fait, constitue le moyen habituel d’indiquer un attribut. On peut souvent obtenir une description compliquée d’une personne en l’identifiant (en la comparant) à une autre. ce mécanisme d’identification, si fréquent dans le rêve, présente également des points de contact avec la métaphore. C’est ainsi que si une personne ressemble par son apparence ou sa façon d’agir à un animal, mettons à un lion ou à un taureau, elle peut se présenter dans le rêve sous la forme de l’un de ces animaux, comme l’expression : « il s’est battu comme un lion ». L’évolution, ou ce que les philologues appellent la décadence, de la métaphore présente trois phases entre lesquelles il n’existe d’ailleurs pas de limites bien tranchées. Dans la première phase, un mot qui est employé le plus souvent dans son sens littéral peut être employé occasionnellement dans un sens figuré, ce qui en révèle immédiatement la nature métaphorique, exemple : « la furie de la tempête ». Dans la seconde phase, les deux sens, le littéral et le figuré, sont bien connus, de sorte que lorsque le mot est employé au figuré nous nous rendons compte soit immédiatement, soit après réflexion (préconsciemment diraient les psychanalystes) de sa nature métaphorique : c’est ainsi que, littéralement, nous parlons de la « profondeur de la mer » et, au sens figuré, de la « profondeur du désespoir ». Dans la troisième phase, le sens figuré est devenu le sens usuel, littéral et, soit par ignorance, soit par oubli, nous n’avons plus conscience de son sens littéral primitif : c’est ainsi que le mot « mélancolie » ne nous fait plus penser à de la bile noire, de même que l’expression « acuité d’esprit » ne nous fait plus penser à un couteau tranchant. La décadence de la métaphore est ici complète et le symbole figuré a acquis une réalité objective propre, à la place de la réalité subjective qu’il avait pendant les phases précédentes. 

La fonction défensive (inconsciente) serait donc subordonnée au support de la réalité permis par le symbolisme et ses usages. Au sens large, mode de représentation indirecte et figurée d’une idée, d’un conflit, d’un désir inconscients ; en ce sens, on peut en psychanalyse tenir pour symbolique toute formation substitutive. Il est à cet effet un mode particulier de la figuration indirecte. C’est ainsi la maison qui symbolise la personne. Les enfants sont symbolisés par de petits animaux, de la vermine. Les parents sont de hauts personnages (Roi).

La mort est rendue égale au départ, au voyage. La naissance a une relation avec l’eau. Le domaine de la vie sexuelle donne lieu à un symbolisme extraordinairement riche et varié. Dans les deux sexes l’organe génital est symbolisé par le Petit. Les organes mâles sont symbolisés par le Trinité (le chiffre trois), la verge par la tige, l’arbre, l’arme, l’oiseau, le serpent, etc. L’organe femelle est la caverne, la vase, la porte, le bateau, le soulier, le bois, la table, le coquillage, la bouche, le bijou, le paysage, le jardin, etc. Les seins sont des fruits (pomme, poire). Les poils sont la forêt. La chute (extraction) d’une dent symbolise la masturbation, l’accouchement, la castration. Le rapport sexuel est symbolisé par l’équitation, l’ascension, l’écrasement. Dans un sens étroit, mode de représentation qui se distingue principalement par la constance se retrouvant non seulement chez le même individu et d’un individu à l’autre, mais dans les domaines les plus divers (mythe, religion, folklore, langage, etc.) et les aires culturelles les plus éloignées les unes des autres.

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