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21 février 2007

Des communistes soutenant Bové...

Des communistes dissidents aux avant-postes de la campagne Bové

            

    ILS SONT communistes et ont décidé de ne pas faire la campagne de Marie-George Buffet. Depuis l'annonce de la candidature de José Bové, ils sont nombreux à être entrés en dissidence. Le leader altermondialiste a saisi l'importance de leur présence et ne cesse de leur adresser des signes.

C'est à Saint-Denis qu'il organise, mercredi 21 février, sa première grosse initiative parisienne à la Bourse du travail. C'est également dans cette municipalité communiste qu'il a lancé sa campagne le 1er février, puis à Aubagne (Bouches-du-Rhône), autre fief du PCF, qu'il a tenu son premier meeting. Et il a largement représenté cette sensibilité dans son équipe de campagne. M. Bové a confié la direction de son équipe à Jacques Perreux, vice-président (PCF) du conseil général du Val-de-Marne. Puis choisi une figure des refondateurs, le député de Seine-Saint-Denis Patrick Braouezec comme un de ses principaux porte-parole. Tous deux ont été parmi les premiers à annoncer leur ralliement. D'autres élus franciliens les ont rejoints comme le conseiller régional Jean Brafman et le député de Seine-Saint-Denis François Asensi.

Fernanda Marrucchelli, membre de l'exécutif, a intégré le noyau qui entoure le candidat après discussion avec ses amis refondateurs emmenés par Pierre Zarka. " Les classes populaires sont à la recherche d'une réponse politique que Bové peut leur apporter ", explique cette élue du 20e arrondissement de Paris, assurant que le candidat attire les " citoyens invisibles ". Des ténors locaux comme le maire d'Aubagne, Daniel Fontaine - " 35 ans au parti " -, le sénateur des Bouches-du-Rhône Robert Bret ou le vice-président du conseil général du Gard, Christophe Cavard, se sont engagés " à fond ". Plus étonnant est le ralliement de Patricia Latour, élue d'Aubervilliers où elle mena la guerre au courant refondateur incarné par Jack Ralite et qui anima, avec Jean-Jacques Karman, un courant " orthodoxe " un temps proche du Parti des travailleurs (PT). " Bové n'a jamais été compromis dans un gouvernement de la gauche plurielle ", argumente-t-elle. " Le parti n'avait pas besoin d'avoir une candidature à l'élection présidentielle. " Il est " hors de question " pour elle d'appeler à voter Marie-George Buffet.

Même si Mme Buffet affirme qu'aucune sanction ne sera prise contre les dissidents, Olivier Dartigolles, un de ses proches prévient : " Je ne vois pas les communistes renouveler leur confiance à des personnalités qui ne sont pas présentes à la présidentielle. " Les communistes pro-Bové continuent, persuadés que le sort de " l'alternative " passe par cette " candidature populaire ". Pas sûr que leur " champion " puisse réunir les 500 parrainages, ni qu'il sache assumer une campagne collective compliquée.

" On ne s'engage pas derrière un homme mais derrière une dynamique possible ", précise Mme Marrucchelli. " Si ça ne prend pas, faudra réfléchir ", avance M. Braouezec. Mais, c'est juré, ils sentent que " ça bouge ". " Dans tous les collectifs de campagne, il y a des communistes ", insiste M. Perreux.

S. Z.

          

          

© Le Monde

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