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21 février 2007

FN : dernière (bêtise) en date !

Jean-Marie Le Pen qualifie les attentats du 11-Septembre d'" incident "   

            

    SELON Jean-Marie Le Pen, les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés par Al-Qaida contre les tours jumelles du World Trade Center à New York ne seraient qu'un " incident ". Au journal La Croix, qui lui demande, dans son édition du 21 février, ce qu'il pense " de l'initiative commune prise par les responsables des grandes religions - islam compris - de dénoncer les attentats de New York de 2001 ", le président du Front national répond : " C'est une excellente chose. Mais elle fait partie de ces pétitions de principe qui ont une influence éphémère. Sur le moment, l'événement du 11-Septembre, pour ne pas dire l'incident, a conduit un certain nombre de gens à prendre leurs distances pour ne pas tomber sous le coup des accusations qui étaient alors lancées. "

Les journalistes de La Croix s'étonnant de l'utilisation du mot " incident " pour parler de l'attentat qui fit près de 3 000 morts, Jean-Marie Le Pen déclare : " 3 000 morts, c'est ce qu'il y a en un mois en Irak, c'est beaucoup moins que les bombardements de Marseille ou de Dresde à la fin de la seconde guerre mondiale, qui étaient aussi des actes terroristes car ils visaient expressément des populations civiles pour faire capituler des militaires. "

Adversaire de la politique américaine dans le Golfe, opposant de l'intervention en Irak, Jean-Marie Le Pen a toujours minimisé les attentats. Après avoir pris la précaution de préciser qu'il a " toujours condamné sans équivoque la pratique du terrorisme, de tous les terrorismes ", le président du FN avait ainsi estimé, le 21 septembre 2001, que les attentats du 11-Septembre étaient " directement liés " à la politique américaine.

SABLER LE CHAMPAGNE

Une justification politique qu'il avait réitérée par la suite et notamment lors de son discours de clôture de la fête de Bleu-Blanc-Rouge, le 23 septembre 2001 à Paris. " Nous ne devons pas nous aligner comme le premier des serfs ou des vassaux des Etats-Unis " qui paient leur " politique hégémonique dans le monde ", avait-il déclaré avant de conseiller à la France de se préoccuper de sa situation interne. " Certains seront tentés d'adopter le point de vue à la mode et réduiront l'analyse à la lutte contre le terrorisme islamique (...) mais là n'est pas l'essentiel. Le risque pour la France est celui de la submersion et de la subversion à partir d'une folle politique d'immigration qui a fait entrer chez nous des millions d'étrangers tandis qu'on poussait à la désintégration de la nation et de la République ", avait-il poursuivi.

A l'époque, le FN avait été partagé entre ceux qui souhaitaient une solidarité de l'Occident et ceux qui estimaient que les Etats-Unis payaient le rôle de " gendarme du monde qu'ils s'étaient assignés ". Certains, parmi ces derniers, avaient été jusqu'à sabler le champagne, le 11 septembre 2001, au siège du FN, avant que Jean-Marie Le Pen, qui avait alors commencé sa campagne présidentielle de 2002, ne calme leurs ardeurs.

Christiane Chombeau

          

          

© Le Monde

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