PRISON 150 PERSONNES SE SONT RÉUNIES POUR RÉCLAMER LA LIBÉRATION DES QUATRE MILITANTS
LE CERCLE de ceux qui réclament la libération des prisonniers d'Action directe (AD) s'élargit. Quelque 150 personnes ont assisté, lundi 26 février à Paris, à une réunion publique organisée à l'occasion du 20e anniversaire de l'incarcération de Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani et Joëlle Aubron (décédée le 1er mars 2006). Arrêtés en février 1987, tous quatre avaient été condamnés deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour les assassinats du général René Audran, en 1985, et du PDG de Renault, Georges Besse, en 1986.
Maintenant que leur peine de sûreté a été accomplie, d'autres voix se joignent à celles de l'extrême gauche et du Parti communiste pour réclamer leur libération ; ce mot d'ordre rassemblant désormais d'ex-figures de 1968 dont les routes ne s'étaient plus croisées depuis longtemps.
Symbole de ce ralliement à " la cause ", le socialiste Alain Geismar a confié, lundi soir, qu'il avait " hésité un court moment " avant d'accepter l'invitation de la chanteuse Dominique Grange. " A aucun moment je ne me suis reconnu dans les discours et les actes des militants d'Action directe. Et un court instant, je me suis demandé si ma participation ne risquait pas d'entraîner une confusion ", a indiqué l'ancien leader de Mai 68 et ancien maoïste, devenu inspecteur général de l'Education nationale et ex-conseiller de plusieursministres socialistes. " La loi, si elle veut être respectable et respectée, doit être la même pour tous. Pourquoi appliquer une sévérité d'exception aux détenus d'Action directe ? ", s'est interrogé M. Geismar pour justifier sa présence. " Je ne me reconnais en rien dans ce qu'a fait Action directe. Mais la démocratie n'a pas à se mettre en miroir avec ceux qu'elle juge ", a également souligné le psychanalyste Gérard Miller.
Jean-Baptiste de Montvalon
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