En 2006, Internet a stimulé la consommation des médias
Réalisée pour les acteurs économiques, l'étude " Media in life " de Médiamétrie décrypte l'évolution des comportements multimédias des Français
PLUS DE 9 000 SONDES
L'étude a porté sur 21 jours en 2005 et les mêmes jours en 2006, soit 9
083 Français de 13 ans et plus chaque année. Les membres de
l'échantillon ont noté leurs activités quart d'heure par quart d'heure,
du lundi au dimanche d'une même semaine. Ont été recensées les
activités média et multimédia où qu'elles se pratiquent, en plus des
autres activités de la vie courante. Centrée sur le consommateur, cette
étude est commercialisée auprès des agences médias, des médias
eux-mêmes, des fournisseurs d'accès à Internet et moteurs de recherche.
Recours systématique à Internet pour préparer un exposé, déplacements en musique avec des oreillettes et un baladeur numérique - et bientôt avec la télévision mobile personnelle -, retour à la maison vers la console de jeux : ces pratiques fréquentes chez les jeunes préfigurent-elles nos futurs modes de consommation des médias ? Et face à la montée en puissance de ces habitudes numériques, les médias traditionnels auront-ils encore leur place ?
La dernière étude de Médiamétrie, intitulée " Media in life ", tente de répondre à ces questions en analysant et décryptant les comportements multimédias des Français au cours d'une journée moyenne. Cette étude mesure l'évolution en un an - entre 2005 et 2006 - de la consommation de l'ensemble des " médias " : presse, cinéma, radio, télévision, Internet, ordinateur, téléphone, jeux vidéo, vidéo enregistrée, musique, services interactifs via la télévision.
Pour ce faire, l'institut de sondages a demandé à un échantillon de plus de 9 000 personnes de noter leurs pratiques multimédias et, en parallèle, leurs autres activités courantes (manger, faire les magasins, se déplacer, se reposer, etc.). Ont été relevés les " contacts " avec chaque média, sans toutefois prendre en compte la durée de ces contacts. Ainsi, écouter la radio quelques secondes tout en surfant sur Internet pendant le même quart d'heure équivaut à deux contacts.
Au-delà des éclairages pointus que rechercheront les acheteurs de cette étude - essentiellement les agences de conseils et d'analyses -, " Media in life " livre quelques grands enseignements. Médiamétrie note tout d'abord une augmentation globale de 6,9 % de la pratique d'activités multimédias entre 2005 et 2006, sachant que de plus en plus de Français prennent l'habitude de recourir à plusieurs médias en une journée. En 2006, ils ont été 18,5 % à consulter chaque jour la télévision, la radio, la presse écrite et Internet.
" TOUT EST À LA HAUSSE "
Une étude plus fine des comportements des internautes livre des résultats parfois surprenants. Si l'on appelle internaute toute personne ayant fréquenté la Toile au moins une fois par jour, Médiamétrie constate que les internautes représentaient le quart de la population en 2005 (24,6 %), et le tiers en 2006 (31,2 %). En comparaison, 60 % des Français vont au moins une fois au cinéma par an, soit 1 % sur une journée moyenne. Une grande partie de la consommation Internet a lieu au travail, et la hausse concerne surtout l'après-midi.
Grands adeptes des loisirs numériques, surtout entre 13 et 24 ans, les internautes, par rapport à l'ensemble de la population, consomment plus de radio (86 % au lieu de 80 %) et de presse écrite (76 % au lieu de 73 %). Les 13-24 ans regardent toutefois un peu moins la télévision que les autres et en 2006, chez les 13-17 ans, l'usage d'Internet et des loisirs numériques a plus augmenté que celui des médias plus traditionnels.
" En termes de consommation, tout est à la hausse chez les internautes : téléphone fixe et mobile, musique préenregistrée, vidéo et jeux vidéo, télé et même la presse, notamment la presse gratuite. Au final on n'observe pas de baisse des contacts auprès des médias traditionnels ", explique Arnaud de Saint Roman, directeur des activités convergence médias, radio et cinéma à Médiamétrie. Toujours selon Médiamétrie, la hausse du temps consacré à Internet ne se substitue pas aux pratiques des médias classiques. Elle mord surtout sur des activités qui n'étaient pas toujours dévolues aux médias : le repos, les déplacements, le silence.
Martine Delahaye
© Le Monde