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7 août 2003

ABANDON - ACTE

Chapitre 1 ABANDON : 2

a Psychodynamique. 2

i L’angoisse du 8ème mois. 2

ii SPITZ. 2

b Juridique. 2

i La loi de juillet 1966. 2

Chapitre 2 ABOULIE. 2

Chapitre 3 ABREACTION.. 2

a A son fondement 2

b Effet de catharsis. 2

Chapitre 4 ACCEPTATION.. 3

a Typologie. 3

i Dite passive. 3

Chapitre 5 ACCOMPLISSEMENT. 3

a Typologie. 3

i Dite de désir 3

Chapitre 6 ACHILLE. 3

a Un tempérament passionné. 3

i Lui en acte. 3

a La guerre de TROIE. 3

Un L’Iliade. 3

· IX, 414. 3

· XVII, 855 sqq. 3

· XIX, 417 ; XXII, 278. 3

Deux APOLLODORE.. 4

· III, 13, 6. 4

b Différents mythes sur lui 4

i APOLLODORE, III, 13, 6. 4

ii FULGENCE, III, 7. 4

Chapitre 7 ACIDE. 4

a Celui urique. 4

i Au MICHIGAN.. 4

a Le soin de cette étude. 4

b L’ouverture permise. 4

Chapitre 8 ACROPHOBIE. 4

Chapitre 9 ACTE. 4

a Différents types. 5

i Dit manqué. 5

a Délimitation actes manqués avec les échecs normaux. 8

b Sémiologie du désir 8

c Conflit psychique. 8

d Selon. 8

Un FREUD.. 8

ii Dit symptomatique. 8

A

aPsychodynamique

L’enfant passe au cours de son développement par une phase maturative appelée angoisse du 8ème mois. Il anticipe alors l’abandon insupportable que représente le départ de l’Objet, sa mère.

Pour SPITZ, cette réaction n’est pas un comportement de déplaisir devant l’étranger, mais bien une angoisse liée à l’absence de la mère. Il a très bien montré les troubles induits et pérennisés par certains établissements de soins.

bJuridique

L’abandon est en France régi par la loi de juillet 1966. Une femme peut accoucher anonymement d’un enfant et ne pas le reconnaître. On parle alors d’accouchement sous X. Elle a trois mois pour revenir sur sa décision, au bout desquels l’enfant devient pupille le l’Etat et donc adoptable.

Dépression

Mélancolie

Volonté diminuée ou absente. Le sujet reste capable de se représenter la tâche à accomplir, mais il ne parvient pas à passer à l’acte. L’aboulie diffère de l’indécision.

Décharge émotionnelle par laquelle un Sujet se libère de l’affect attaché au souvenir d’un événement traumatique, lui permettant ainsi de ne pas devenir ou rester pathogène. Le sujet se libère d’un refoulement enfoui dans l’inconscient. Ce retour du refoulé.

aA son fondement

Ce qui permet de catégoriser les névroses de défense est la représentation dans les fonctions psychiques de quelque chose (quantum d’affect, somme d’excitation) qui a tous les caractères d’une quantité, quelque chose qui est capable d’augmentation, de diminution, de déplacement et de décharge et qui s’étend sur les traces mnésiques des représentations un peu comme une charge électrique sur la surface des corps.

bEffet de catharsis

L’abréaction, qui peut être provoquée au cours de la psychothérapie, notamment sous hypnose, et produire alors un effet de catharsis (de par le retour du refoulé), peut aussi survenir de manière spontanée, séparée du traumatisme initial par un intervalle plus ou moins long.

aTypologie

Le processus d’acceptation passive commence en général par le conformisme extérieur, mais ne s’arrête pas là, car la vie extérieure et la vie intérieure sont trop intimement liées. Lorsqu’un Individu s’en remet à d’autres pour prendre des décisions réglant son mode de vie extérieur, il sera bientôt porté à régler ses conflits intérieurs de la même façon. Si cette désintégration s’étend à la majorité des Individus, il n’y a plus alors de frein à l’évolution sociale. Plus elle deviendra rapide plus il sera difficile de parvenir au niveau d’intégration qu’elle exigerait.

aTypologie

Formation psychologique dans laquelle le désir est imaginairement présenté comme réalisé. Les productions de l’inconscient (rêve, symptôme et par excellence le fantasme) sont des accomplissements de désir où le désir s’exprime sous une forme plus ou moins déguisée.

aUn tempérament passionné

Combattant quasi invulnérable : s’il boude, c’est la défaite ; s’il combat, c’est la victoire.

Deux textes différents relatent son départ pour TROIE.

Le sujet de L’Iliade est tout entier contenu dans la colère d’ACHILLE, auquel AGAMEMNON avait enlevé BRISEIS, une jeune fille reçue en butin.

L’un fait état d’un oracle qui le prévient : s’il part, il aura une vie courte et glorieuse. S’il reste, une vie longue et obscure. Le parti pris par ACHILLE est évidemment le plus noble.

Notre héros ne voulait pas aller au combat tant que ledit butin ne lui serait pas rendu. Et comme c’était lui, et lui seul, qui inspirait de la frayeur aux TROYENS, les GRECS allaient de défaite en défaite. Des ambassades lui étaient envoyées, le suppliant de reprendre les armes. Un jour, pour donner le change, il accepta de prêter son armure à PATROCLE, son ami, faisant croire ainsi aux TROYENS qu’il était au combat. Mais la ruse dura peu et PATROCLE fut tué. Alors ACHILLE entra dans une violente colère et courut venger son ami. Il tua HECTOR et donna la victoire aux GRECS.

ACHILLE fut tué par PARIS –ou par APOLLON lui‑même- d’une flèche au talon, le seul endroit de son corps qui fût vulnérable.

L’autre texte raconte que ses parents, prévenus qu’il devait mourir devant TROIE, le cachèrent, déguisé, parmi les filles du roi de SCYROS, LYCOMEDE. Mais ULYSSE, le rusé, le démasqua en faisant retentir la trompette. ACHILLE, cédant alors à son instinct guerrier, s’empara des armes qui se trouvaient là.

bDifférents mythes sur lui

Achille était le septième enfant du roi de PHTHIE, PELEE, et de la déesse THETIS. Celle‑ci, pour enlever à ses enfants ce qui les rendait mortels, les enduisait d’ambroisie, le jour, et les plongeait dans le feu, la nuit. ACHILLE seul en réchappa, grâce à son père, qui l’arracha à temps aux mains de sa mère. Il n’eut que les lèvres brûlées ainsi que l’osselet du pied droit : le centaure CHIRON le lui remplaça par celui du géant DAMYSOS, particulièrement rapide à la course. ACHILLE hérita ainsi de cette qualité, d’où son surnom : ACHILLE au pied léger.

D’après d’autres sources, THETIS, pour rendre invulnérable son enfant, l’aurait trempé dans l’eau du STYX, le fleuve infernal. Seul le talon, par lequel elle le tenait, resta vulnérable – ce fameux talon qui devint ainsi son unique point faible.

aCelui urique

Des travaux récents, poursuivis en particulier à l’université du MICHIGAN, ont mis l’accent sur les rapports entre la quantité d’acide urique dans le sang humain et certains traits de caractère. On a constaté que le taux d’acide urique est généralement plus élevé chez les caractères énergiques et ambitieux que chez les autres.

Ces travaux ont été menés avec soin. Ils ont porté sur la comparaison de nombreux groupes témoins au point de vue âge, régime alimentaire, etc., et paraissent assurer que, toutes choses égales d’ailleurs, le taux d’acide urique est en liaison avec le tempérament.

Ces travaux ouvrent la voie à une branche révolutionnaire de la typologie, la biochimie du comportement.

Peur des hauteurs, des sommets, généralement accompagnée de sensations de vertige.

Le modèle psychanalytique de l’esprit est celui de la motion (impulsion) de désir qui cherche une décharge, une issue, un accomplissement. Dans cette optique, la pensée elle‑même correspond à une action intériorisée, à une véritable action d’essai simulée, rendue nécessaire par la contrainte de Réalité.

aDifférents types

Acte où le résultat explicitement visé n’est pas atteint mais se trouve remplacé par un autre. une tendance secondaire refoulée peut se manifester non seulement par des troubles d’écriture, mais aussi par des troubles concernant des actes moteurs conscients. L’acte voulu n’est pas accompli, ou ne l’est que d’une manière incorrecte, et il est remplacé, en tout ou partir, par une action correspondant à la tendance refoulée qui se manifeste de cette façon. Cette tendance secondaire a un rapport direct ou indirect avec l’intention consciente. Il serait sans doute intéressant de philosopher sur les conséquences qu’on peut tirer d’une connaissance générale des mobiles inconscients qui, dans la vie quotidienne, sont à l’origine des erreurs de notre fonctionnement mental. Mais il est peut‑être encore plus profitable de passer en revue les conséquences de l’ignorance de ces mobiles. La première est d’encourager dans une mesure extraordinaire le manque de loyauté intellectuelle et morale. Il est incontestable que la malhonnêteté inconsciente est infiniment plus fréquente que la déloyauté consciente, fait qui présente une importance considérable, par exemple du point du vue juridique. La femme hystérique qui est incapable de remuer sa jambe, parce qu’elle désire inconsciemment qu’elle soit paralysée, le touriste auquel échappe l’avis défendant telle ou telle chose, parce que cette défense l’ennuie, l’homme pauvre qui oublie de payer une facture, parce qu’au fond il ne veut pas la payer, voilà quelques exemples de malhonnêteté inconsciente. Mais il n’existe pas de ligne de démarcation nette entre cette malhonnêteté et la véritable et on peut affirmer que, dans beaucoup de cas, il suffirait au Sujet de faire un petit effort pour reconnaître le mobile refoulé, qui est plus qu’à demis conscient. C’est là un fait qu’on constate régulièrement au cours du traitement psychanalytique. A cet effet, NIETZSCHE disait de façon très judicieuse : « On ment avec la bouche, mais on trahit la vérité avec la grimace qu’on fait en proférant le mensonge. » Les demi amnésies des Sujets lorsque de mauvaise foi, ils ne veulent pas reconnaître la vérité est très fréquente dans la vie de tous les jours. Malgré les efforts constants des Sujets pour écarter des idées désagréables et inacceptables, celles‑ci se trahissent par les erreurs que le psychanalyste remarque. Cette trahison échappe à la plupart des gens, mais jamais à ceux qui étudient le fonctionnement inconscient. FREUD n’exagère pas en déclarant : « Celui qui garde la bouche close parle avec ses doigts et tous ses pores trahissent son secret. » En outre, même lorsqu’on se trouve en présence d’un mensonge direct, il suffit d’un peu d’observation pour découvrir, d’après certaines exagérations et certaines déformations, ce que la personne désire cacher, car le mensonge est la création d’un esprit qui, au même moment, connaît la vérité. Il est très rare, surtout dans les cas émotionnels, que la maîtrise de soi‑même soit assez complète pour inhiber toutes les manifestations inconscientes qui révéleront la vérité à un observateur attentif. A dire vrai, on ne ment jamais à un autre mais toujours à soi‑même, et lorsqu’on possède une grande habitude de l’introspection, il devient difficile de mentir même à soi‑même. De ce que nous venons de dire, un fait important résulte : nous sommes capables de connaître mieux les mobiles intimes des personnes qui nous sont proches que ces personnes ne les connaissent elles‑mêmes. Il suffit pour cela d’un léger effort d’analyse. Il y a là une source abondante de malentendus et de froissements, mais surtout dans la vie de famille et la vie conjugale, où les relations sont plus proches. Une personne reconnaît intuitivement chez une autre une intention ou une tendance, que cette dernière refuse d’admettre, même vis‑à‑vis d’elle‑même. Lorsqu’on lui fournit des preuves, elle s’indigne, les récuse comme inconsistantes et se plaint d’être incomprise. En fait, l’incompréhension provient d’une compréhension trop fine. Plus les deux personnes en présence sont nerveuses, plus elles trouveront l’occasion de brouilles, dont les raisons seront aussi catégoriquement niées par l’une qu’elles seront évidentes pour l’autre. C’est le châtiment qu’entraîne la déloyauté intérieure ; sous le prétexte d’un oubli, d’une distraction, et ainsi de suite, des gens laissent échapper des tendances qu’ils feraient bien mieux d’avouer ouvertement à eux‑mêmes et aux autres, à la condition de pouvoir les maîtriser. Ce qui est très important, c’est l’extension de ces principes au domaine des jugements humains, car il probable que les complexes refoulés leur font subir des déformations aussi profondes qu’aux petites erreurs de mémoire mentionnés plus haut. Ces déformations se manifestent sur une vaste échelle, de deux manières : par le minimum de preuves dont on a souvent besoin pour faire accepter une idée qui se trouve en harmonie avec le psychisme de la personne à laquelle on s’adresse, ou pour faire rejeter une idée qui est incompatible avec la personnalité. Dans les deux cas, ce sont des influences affectives, plutôt que des opérations intellectuelles, qui décident de la question. La même preuve est interprétée différemment selon l’affect à la lumière duquel on l’envisage. En outre, lorsque l’attitude générale à l’égard d’une question change avec le temps, ce changement est souvent autant dû à de nouvelles influences affectives qu’à l’accumulation de nouvelles preuves objectives. Par exemple, l’homme moyen de nos jours n’hésite pas à rejeter les preuves en faveur de la sorcellerie, qui paraissent irréfutables à l’homme d’il y a trois cents ans, bien que pas plus que ce dernier il ne possède l’explication véritable de la sorcellerie. L’ignorance du rôle que les facteurs affectifs jouent dans les jugements humains et la croyance populaire indéracinable en la rationalité de l’esprit individuel ont une conséquence intéressante. Lorsque deux personnes font preuve de fortes divergences d’opinion, chacune attribue à l’autre un fonctionnement défectueux du pouvoir de raisonnement. A ce sujet, TROTTER écrit :

« Le croyant accuse l’anthèse de légèreté et d’irrationalité, et l’athée ne manque pas d’en dire autant du croyant. Ce que le conservateur trouve détonnant chez le libéral, c’est son incapacité de voir de quel côté se trouve la raison et d’accepter la seule solution possible aux problèmes généraux de la vie publique. L’examen révèle que les différences d’opinion ne sont pas dues à de simples erreurs mécaniques causées par une logique défectueuse, puisque ces erreurs peuvent facilement être évitées, même par des politiciens, et qu’il n’y a aucune raison de supposer qu’une des parties adverses soit moins capable de raisonnement logique que l’autre. la différence est plutôt due à l’hypothèse fondamentale que l’adversaire est hostile, hypothèse qui dérive d’une suggestion grégaire. »

Ce n’est pas tout à fait sans raison qu’on accuse de stupidité une personne faisant partie d’un group adverse, car telle est, en effet, l’impression qui se dégage de son refus aveugle d’apprécier, et même d’écouter, les arguments de son adversaire. Une autre raison à cela, c’est qu’une personne se trouvant sous une forte influence affective ne pense pas seulement que tous ceux qui ne sont pas de son avis manquent nécessairement de pouvoir de raisonnement, mais que les opinions des autres sont également absurdes en elles‑mêmes. Aussi, lorsqu’elle entreprend de combattre ces opinions, elle les déforme jusqu’à les rendre vraiment absurdes et d’autant plus faciles à démolir. Tous ceux qui ont eu l’occasion de lire, à l’époque où ils ont été publiées, les exposés des idées de DARWIN faits par ses adversaires théologiques et scientifiques, ont dû se demander si cela valait vraiment la peine de combattre des absurdités aussi évidentes. Ce qui nous étonne, par contre, c’est que des hommes, par ailleurs respectables et intelligents, aient pu déformer à ce point et si mal comprendre des propositions qui, à nos yeux, émanent d’un esprit parfaitement lucide. De même si quelques‑uns des remarquables exposés des idées de FREUD faits par ses adversaires reflétaient tant soit pu sa doctrine réelle et authentique, il serait permis de se demander comment tant de savants ont pu accepter ces idées tout en conservant leur santé d’esprit. De même, il est impossible de lire le Malleus Maleficarum sans admirer l’étonnante candeur intellectuelle avec laquelle les propositions les plus fantaisistes y sont défendues. Dans ces cas, le processus se rapproche de celui que les psychiatres qualifient de stupidité émotionnelle, symptôme observé chez Sujets qui, tout en ayant leur faculté de raisonnement intacte, se trouvent, sous le coup de différentes influences affectives, dans un état qui, à première vue, fait soupçonner une lésion organique du cerveau. Un autre problème psychologique intéressant, en rapport avec le Sujet que nous traitons ici, est celui qui se rattache à l’explication du sentiment de contrariété, de colère, et même de haine qu’engendre souvent l’opposition rencontrée au cours d’une controverse. Tout le monde sait à quel point sont irritants les vains efforts qu’on fait pour rendre clair et intelligible un point qui nous paraît évident et n’ayant besoin d’aucune démonstration. Il semblerait même que la discussion entre deux adversaires s’échauffe d’autant plus que la différence qui les sépare est moins grande, tout comme les guerres les plus acharnées sont celles que se livrent des peuples de même race (ceci est encore plus vrai des guerres civiles) ou des sectes religieuses dont les divergences doctrinales n’ont en apparence qu’une importance académique. L’histoire des BALKANS, par exemple, montre que des peuples professant la religion orthodoxe ont préféré être gouverné par les TURCS infidèles plutôt que par des catholiques romains (les VENITIENS). Des hérétiques ont été persécutés avec une cruauté dont on n’a jamais usé envers des païens. On dirait que nous admettons que des gens qui diffèrent profondément de nous soient incapables de comprendre des arguments qui nous paraissent convaincants, mais que nous ne tolérons pas que des gens qui sont faits comme nous et qui pourraient être mieux éclairés s’obstine à persévérer dans leur ignorance. Le sentiment que nous éprouvons, qu’il s’agisse d’Individus ou de nations, est qu’étant donné l’évidence du point en litige, ce ne peut être que par simple entêtement que l’adversaire se refuse à l’admettre. Nous réagissons à ce sentiment d’une part en déclarant que notre adversaire est stupide et intellectuellement inférieur, d’autre part en éprouvant des sentiments d’irritation et de colère. Cette opposition est d’origine affective. En d’autres termes, notre inconscient interprète correctement le sens de la situation et y réagit correctement par la colère, alors que notre esprit conscient rationalise la situation et en voit la cause dans la stupidité de l’adversaire. Il arrive ensuite que nous nous sentons de plus en plus impuissants, car c’est un fait connu que l’arme que constitue un argument n’est d’aucune utilité en présence d’une stupidité émotionnelle. L’inefficacité découle du fait que l’arme n’est pas dirigée contre la véritable source de l’opposition, c’est‑à‑dire contre les complexes affectifs inconscients de l’autre personne. Le sentiment d’impuissance que nous éprouvons en face d’une opposition irrationnelle, le sentiment d’être contrecarré pour des raisons qui ne sont pas valables, tout cela s’accroît d’autant notre colère pour la porter quelquefois à un degré extrême. Cette réaction a probablement une origine infantile dans notre ressentiment et nos colères lorsque nous avons découvert pour la première fois que le monde osait contrecarrer quelques‑uns de nos désirs, ce monde qui, à l’origine, les avait satisfaits tous, sans réserves. En observant l’attitude générale des gens à l’égard de ceux dont la stupidité émotionnelle finit par devenir apparente, on constate deux faits. En premier lieu, la faute est imputée, ainsi que nous l’avons déjà dit, bien plus à une infériorité intellectuelle qu’aux raisons affectives, plus importantes. D’où la pitié méprisante que notre civilisation éprouve pour les pauvres scolastiques des premiers siècles du Moyen Age, attitude qu’une comparaison objective entre les facultés de raisonnement des deux civilisations ne tarde pas à modifier. En deuxième lieu, on se montre beaucoup plus indulgent pour la stupidité qui se manifeste par une adhésion aveugle aux erreurs admises qu’à celle qui se refuse aveuglément à accepter une vérité nouvelle. En d’autres termes, l’incrédulité est toujours jugée plus sévèrement que la crédulité, bien que l’une et l’autre ne soient que les deux aspects d’un seul et même défaut : un manque de scepticisme, au sens vrai du mot. Mais on ne saurait dire que l’une soit plus caractéristique de la faiblesse humaine que l’autre « L’humanité a une mauvaise oreille pour la musique nouvelle » de NIETZSCHE) et celui qui étudie le progrès humain se laisserait difficilement convaincre que la première de ces manifestations exerce une influence plus retardatrice que la seconde. Quoi qu’il en soit, ces considérations suffisent à montrer l’inanité de la croyance  populaire qui voit dans la volonté la servante de la raison, la vérité étant que la raison a toujours été (et sera probablement toujours) dans une grande mesure la servante de la volonté.

On parlera d’actes manqués non pour désigner l’ensemble des ratés de la parole, de la mémoire et de l’action mais pour les conduites que le sujet habituellement capable de réussir, et dont il est tenté d’attribuer l’échec à sa seule inattention ou au hasard.

L’acte manqué apparaît dans un contexte qui le rend porteur d’une signification déchiffrable. Il participe d’une sémiologie du désir et d’un processus primaire où il fait série avec les méprises, les lapsus, les oublis pour constituer une psychopathologie de la vie quotidienne.

Celle où un sens occulté se trahit dans les ratés de l’action (gestuelle ou verbale). Au total, l’acte manqué à la structure d’une formation de conflit ou de compromis entre des impulsions, des intentions (tensions, tendances) antagonistes.

FREUD a montré que les actes manqués étaient, comme les symptômes, des formations de compromis entre l’intention consciente du Sujet et le refoulé. Il les appelle Vergreifen. Il révèle nos véritables pensées, inconnues le plus souvent de nous‑mêmes et souvent liées à des émotions violentes ou à des conflits datant quelquefois de notre enfance. Ces éléments psychiques oubliés peuvent brusquement ressurgir lorsque notre attention se relâche et il traduit alors les problèmes affectifs qui perturbent, ou ont perturbé autrefois notre comportement.

FREUD a donné le nom de Symptomhandlungen à tout ensemble d’actes accomplis inconsciemment qui diffèrent des actes manqués en ce qu’ils constituent des activités indépendantes, au lieu d’être greffés sur d’autres actes conscients. Les actions symptomatiques sont accomplies sans qu’on y pense ou par hasard et généralement on ne leur attribue aucune signification. L’analyse, cependant, révèle qu’il s’agit presque toujours de l’expression symbolique d’une tendance refoulée, le plus souvent d’un désir. Dans beaucoup de cas, on est en présence d’un acte complexe, qui n’est accompli qu’une seule fois. Dans d’autres cas, l’acte est une habitude constante, caractéristique de la personne. Certaines particularités dans la façon de s’habiller, l’habitude de tirailler sa moustache ou les boutons d’habits, de jouer avec des pièces de monnaie dans la poche, etc., sont des exemples de ces actes. Ils possèdent tous une signification logique, mais celle‑ci est rarement évidente à première vue. Certaines façons d’occuper ses mains trahissent souvent des pensées que la personne ne désir pas exprimer, qu’elle ignore même. Il se peut que le mobile soit préconscient et le Sujet n’éprouvera alors aucune difficulté à le reconnaître comme faisant partie intégrante de sa personnalité. a ce point, le problème est cependant loin d’être épuisé. Il est encore nécessaire de découvrir l’origine du mobile ou de la tendance et de rechercher pourquoi ils doivent s’exprimer. En s’engageant dans cette recherche, on finit par pénétrer dans le domaine de l’inconscient proprement dit et on découvre souvent que l’erreur analysée a une signification beaucoup plus profonde, qu’elle symbolise quelque chose de plus que le mobile préconscient et qu’elle exprime des tendances d’une signification personnelle beaucoup plus grande, et cela aussi banale que soit l’erreur. Le mobile préconscient mis à jour peut se montrer on ne peut plus banal, d’une banalité hors de proportion avec la complexité du mécanisme psychologique ayant servi à sa manifestation. On raconte d’ELEONORA DUSE que dans une pièce où il était question d’un divorce, après une vive discussion avec le mari, elle restait seule sur la scène et jouait instinctivement avec son alliance tout en se livrant à d’amères réflexions. Elle l’enlevait, la remettait, l’enlevait à nouveau pour ne plus la remettre : elle était prête à tomber dans les bras du séducteur. Ceci illustre combien les rôles de cette grande actrice étaient étudiés en profondeur.

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