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7 août 2003

PSYCHANALYSE ANIMAL

Chapitre 1 ANIMAL. 2

a Du point de vue linguistique. 2

i ALGONQUIN, NAHUATL, langues DRAVIDIENNES, SLAVES. 2

ii Langues INDO‑EUROPEENNES. 2

b Symbolisme animal 2

i Catégorie. 2

a Ceux agressifs. 2

b Ceux domestiques. 2

ii Différents points de vue. 2

a Explications empiristes. 2

b Explications novatrices. 2

Un DURAND, Les structures anthropologiques de l’imaginaire. 2

Deux JUNG, Métamorphoses et symboles de la libido. 2

· SPHYNX.. 3

Trois KRAPPE. 3

iii Images. 3

a Diable‑animal 3

b Le grouillement 3

Un Insecte, vermine = larve. 3

· Selon HUGO.. 3

Deux Le fourmillement 3

· Selon DALI 3

c Terreur devant le changement et devant la mort dévorante. 4

iv Valorisations contes et mythes. 4

a Celles négatives. 4

Un Bêtes fauves. 4

Deux Oiseaux nocturnes. 4

Trois Rats. 4

Quatre Reptiles. 4

Cinq Ver de terre. 4

b Celles positives. 4

Un Colombe. 4

Deux Agneau. 4

Trois Animaux domestiques (en général) 4

L’animal est susceptible d’être surdéterminé par des caractères particuliers ne se rattachant pas directement à l’animalité. Il y a donc problème d’enchevêtrement entre une polyvalence sémantique et au niveau de l’Objet symbolique. Il s’agira en partie de chercher le sens de l’abstrait spontané que représente l’archétype animal en général et non de se laisser entraîner par telle ou telle implication particulière.

aDu point de vue linguistique

La linguistique comparée a remarqué depuis longtemps que la répartition des substantifs se fait primitivement selon les catégories de l’animé et de l’inanimé.

Les substantifs se répartissent en genres selon les catégories primitives : animé et inanimé.

D’après BREAL, le neutre de ces langues répondrait lui aussi à une primitive division entre inanimé et genres animés. La répartition des genres sexui‑semblants serait bien plus tardive. Le « bestiaire » semble donc solidement installé tant dans la langue, la mentalité collective que dans la rêverie Individuelle.

bSymbolisme animal

Il paraît fort vague dans la mesure où il est trop répandu. On peut parler de « bestiaire », car de toutes les images, ce sont les images animales qui sont les plus fréquentes et les plus communes. Même chez le petit citadin OCCIDENTAL, ours en peluche, chat botté, MICKEY, BABAR viennent étrangement véhiculer le message thériomorphe. La moitié des titres de livres pour l’enfance sont consacrés à l’animal. Dans les rêves d’enfants rapportés par PIAGET, sur une trentaine d’observations plus ou moins nettes, neuf se réfèrent à des rêves d’animaux. Il est remarquable d’ailleurs que les enfants n’aient jamais vu la plupart des animaux dont ils rêvent, ni les modèles des images avec lesquelles ils jouent. De même, on constate qu’il existe toute une mythologie fabuleuse des mœurs animales que l’observation directe ne pourra que contredire. Et, cependant, la salamandre reste, pour notre imagination, liée au feu, le renard à la ruse, le serpent continue à « piquer » malgré le biologiste, le pélican s’ouvre le cœur, la cigale nous attendrit alors que la gracieuse souris nous répugne. C’est combien écrire cette orientation thériomorphe de l’imagination forme une couche profonde, que l’expérience ne pourra jamais contredire tant l’imaginaire est réfractaire au démenti expérimental.  On pourrait êmeenser que l’imagination masque tout ce qui ne la sert pas.

Ils reflètent des sentiments puissants de bestialité d’agression.

Ils reflètent les sentiments contraires aux animaux agressifs.

Ces explications sont données comme motifs à la zoolâtrie et à l’imagination thériomorphe. Elles essayent de faire dériver ces dernières de rituels dans lesquels les humains tiennent le rôle d’animaux.

Pour le tout jeune enfant, comme pour l’animal lui‑même, l’inquiétude est provoquée par le mouvement rapide et indiscipliné. Tout animal sauvage, oiseau, poisson ou insecte, est plus sensible au mouvement qu’à la présence formelle ou matériel.

Il donne une explication psychanalytique selon laquelle le symbole animal serait la figure de la libido sexuelle. Indistinctement l’oiseau, le poisson, le serpent étaient chez les Anciens des symboles phalliques.

Le SPHYNX constitue le résumé de tous ces symboles sexuels animal terrible, dérivé de la mère et lié au Destin incestueux d’ŒDIPE. JUNG retrace la généalogie du monstre, fils d’ECHIDNA, elle‑même serpentiforme et fille de GÊ la mère universelle. L’animal en général et le SPHYNX en particulier seraient une masse de libido incestueuse.

L’animisme se porte naturellement vers le symbole animé, c’est‑à‑dire vers l’animal. L’Homme incline ainsi à l’animalisation entre les sentiments humains et l’animation de l’animal.

La thériomorphie du Diable‑animal est intégrée dans des contes et mythes où le motif de la chute et du salut est particulièrement net. Soit que le démon thériomorphe triomphe, soit que ses ruses se déjouent, le thème de la mort et de l’aventure temporelle et périlleuse reste sous‑jacent à tous ces contes dans lesquels le symbolisme thériomorphe est si apparent.

Cette répugnance primitive devant l’agitation se rationalise dans la variante du schème de l’animation que constitue l’archétype du chaos. L’enfer est toujours imaginé par l’iconographie comme un lieu chaotique et agité, en témoignent aussi bien la fresque de la SIXTINE que les représentations infernales de JEHRONIMUS BOSCH ou la Dulle Griet de BREUGHEL. Chez BOSCH d’ailleurs l’agitation va de pair avec la métamorphose animale. Le schème de l’animation accélérée qu’est l’agitation fourmillante, grouillante ou chaotique, semble être une projection assimilatrice de l’angoisse devant le changement, l’adaptation animale ne faisant dans la fuite que compenser un changement brusque par un autre changement brusque. Or, le changement et l’adaptation ou l’assimilation qu’il motive est la première expérience du temps. Les premières expériences douloureuses de l’enfance sont des expériences du changement : que ce soit la naissance, les brusques manipulations de la sage‑femme puis de la mère, et plus tard le sevrage. Ces changements convergent vers la formation d’un engramme répulsif chez le nourrisson. On peut dire que le changement est surdéterminé péjorativement et par le complexe de RANK et par le traumatisme du sevrage, qui viennent corroborer cette première manifestation de la crainte que BETCHEREV, comme MARIA MONTESSORI, ont mis en évidence dans les réactions réflexes du nouveau‑né soumis à de brusques manipulations.

L’animal est donc bien ce qui grouille, ce qui fuit et qu’on ne peut rattraper, mais aussi c’est ce qui dévore , ce qui ronge.

Pour HUGO, il y a valorisation négative du mouvement brusque. Selon la psychanalyse, il existerait une racine OEDIPIENNE à un tel fantasme et qui se manifeste dans les poèmes célèbres de La Conscience, Le Petit roi de GALICE et L’Aigle du casque. Certes, une éducation OEDIPIENNE vient comme toujours renforcer de tels schèmes, mais il n’en est pas moins vrai que ce schème de la fuite devant le Destin a des racines plus archaïques que la crainte du père. C’est le grand symbole du cheval infernal tel qu’il apparaît dans d’innombrables mythes et légendes.

Le thème du Mal chez lui que BAUDOUIN fort justement appelle le Zwang, la violence qui se manifeste aussi bien dans la fuite rapide, la poursuite fatale, l’errance aveugle de CAÏN pourchassé, de NAPOLEON vaincu ou de JEAN VALJEAN, l’éternel fugitif. Cette image revêt un caractère obsessionnel chez lui. Dans la sauterelle, encore, HUGO voit un assemblage grouillant et pernicieux. Ceci est emprunté à L’Apocalypse où sauterelles et grenouilles (vieilles plaies d’EGYPTE) se relaient pour symboliser le Mal, dirigées par ABADDON « le Destructeur », l’ange de l’abîme.

Cela représente un schéma de l’agitation, du grouillement.

Il a relié directement le fourmillement de la fourmi au grouillement de la larve. C’est ce mouvement anarchique qui, d’emblée, révèle l’animalité à l’imagination et cerne d’une aura péjorative la multiplicité qui s’agite. C’est à ce schème péjoratif qu’est lié le substantif du verbe « grouiller », la larve.

Tels nous apparaissent être les deux premiers thèmes négatifs inspirés par le symbolisme animal. Ces deux thèmes thériomorphes nous semblent avoir été particulièrement mis en évidence dans plus de 250 contes AMERICAINS, AMERINDIENS, EUROPEENS et AFRICAINS analysés par S. COMHAIRE‑SYLVAIN et consacrés au mariage néfaste d’un être humain et d’un être surnaturel.

Dans beaucoup de cas, le Diable prend la forme d’un lion, lionne, hyène, taureau, etc.

Le serpent, lorsqu’il n’est considéré que comme mouvement serpentant, c’est‑à‑dire comme fugace dynamisme, implique lui aussi une discursivité répugnante qui rejoint celle des petits mammifères rapides, tels que souris et rats.

Le ver est une image terrifiante, très fréquente chez HUGO, dans laquelle BAUDOUIN veut voir un monstre phallique complémentaire du monstre féminoïde qu’est l’araignée.

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