PSYCHANALYSE ANNULATION
i Dans le cadre de la névrose obsessionnelle. 1
aCelle rétroactive
Elle a un champ d’application très vaste et remonte à très loin. Elle est une magie négative qui vise à effacer en soufflant dessus par un symbolisme moteur non par les suites d’un événement (impression, expérience vécue) mais cet événement lui‑même. Cela a pour but d’indiquer le rôle que joue cette technique non pas seulement dans la névrose mais dans les pratiques magiques, les coutumes populaires et le cérémonial religieux.
Dans la névrose obsessionnelle, on rencontre d’abord l’annulation rétroactive dans les symptômes en deux temps, où le deuxième acte supprime le premier, en sorte que tout se passe comme si rien n’était arrivé, alors qu’en réalité les deux actes sont arrivés. La seconde source du cérémonial de l’obsessionnel est cette intention d’annulation rétroactive ; la première se trouvant dans les mesures de prévention, de précaution, qui ont pour but d’empêcher que quelque chose de déterminé n’arrive, ne se répète. La différence est facile à comprendre : les mesures de précaution sont rationnelles, les suppressions par annulation rétroactive, irrationnelles, de nature magique. Naturellement, on doit supposer que cette seconde source est la plus ancienne et qu’elle émane de l’attitude animiste à l’égard du monde environnant. L’effort d’annulation rétroactive est esquissé pour le comportement normal dans la décision de traiter un événement comme non arrivé ; mais dans ce cas l’on n’entreprend rien contre cet événement, et l’on ne s’en soucie pas plus que de ses conséquences, tandis que dans la névrose on cherche à supprimer le passé lui‑même et à le refouler de façon motrice. La recherche de la même fin peut aussi fournir l’explication de la compulsion à la répétition, si fréquente dans la névrose, et dont l’accomplissement révèle la réunion de diverses intentions contradictoires. Ce qui n’est pas arrivé de la manière qui eût été conforme au désir, est annulé par sa répétition sous une autre forme ; à cela s’ajoutent dès lors tous les motifs de s’attarder à ces répétitions. Dans le cours ultérieur de la névrose, ce même effort pour annuler une expérience traumatique se révèle un motif de première importance dans la formation de symptôme. Nous acquérons ainsi un aperçu inattendu sur une nouvelle technique, technique motrice, de la défense, ou bien, pour nous exprimer ici avec plus de précision, du refoulement.