PSYCHANALYSE ANOREXIE - APHRODITE
Chapitre 2 ANNULATION (-rétroactive) : 3
a Résolution des problèmes impliqués par la vie. 3
b Adaptation à tous détails d’un problème. 3
c Compréhension de l’humanité de tout temps. 3
ii Influence jouée sur l’humanité. 3
a La gardienne de la famille. 4
Chapitre 8 APHRODITE ou Vénus. 5
a L’idéal du charme féminin. 5
iii Les deux différentes APHRODITE. 5
i STASINOS DE CHYPRE (Chants cypriens) et L’Iliade, XIV, 29 sqq. 6
aCauses
La jeune fille a diminué volontairement ses prises d’aliments. Ce n’est pas par manques d’appétit, car elle a toujours faim, mais elle trouve une certaine forme de satisfaction dans un comportement alimentaire spécial. Souvent, il s’agit d’une réaction d’intolérance à la famille ou de situations conflictuelles avec la mère ou tout autre parent.
bSymptômes
L’amaigrissement survient, dépasse souvent 25% du poids initial. La fonte des muscles est profonde et massive. La poitrine, les formes féminines s’estompent. On observe de la constipation et une augmentation de la pilosité, une altération des ongles, des oedèmes.
Mécanisme psychologique par lequel le sujet s’efforce de faire en sorte que des pensées/des paroles/des gestes/des actes passés ne soient pas advenus ; il utilise pour cela une pensée ou un comportement ayant une signification opposée. Il s’agit là d’une compulsion d’allure « magique », particulièrement caractéristique de la névrose obsessionnelle.
D’une manière générale, la civilisation tente de nous préserver des diverses sources de détresse en relançant, par des moyens réels (sciences techniques), le vieil idéal d’omnipotence. L’ensemble de la culture est comme un redoublement des phénomènes de modification instinctuelle au cours du développement. La sublimation de but rend possible l’art et l’idéologie ; la formation réactionnelle de propreté est à la base de l’hygiène, de la médecine.
aCelle psychanalytique :
Psychologie des profondeurs, méthode d’investigation de l’Inconscient et du désir, la psychanalyse est foncièrement une Anthropologie : un discours sur l’Homme. Aucune science n’éclaire plus qu’elle l’origine, la nature, le contenu, la structure de l’Esprit et, plus encore, son économie.
Partout et toujours, au regard de la psychanalyse, l’Homme est l’Homme. La psychanalyse apporte autant de solutions portées sur une même nécessité. Celle de se défendre d’un même malaise qui préside inexorablement à la naissance et au déclin des mortels comme à leur civilisation. Il a tâche aléatoire de résoudre le conflit qui le fonde. Celui‑ci exprime les contradictions de la prématuration spécifique, de la tendance infantile, de l’évolution en deux temps de la sexualité (autour du Complexe d’ Œdipe), de la double orientation des investissements (de Soi et de l’Objet), de l’insuffisance de l’appareil psychique (manque de directivité centrale congénitale), de la dualité des instincts (de Vie et de Mort).
La psychanalyse tient lieu de toute l’universalité d’une nature humaine qui se révèle dans la structure des pulsions, des complexes, des symboles, implique les variantes d’agencement, selon les modifications quantitatives et les rapports de combinaison des facteurs en jeu. Il en résulte la diversité des conséquences quant aux vécus et éprouvés psychiques, aux opportunités socioadaptives, aux prolongements éthiques, etc. Des phénomènes normaux (tels les rêves ; mais aussi les peurs et rituels infantiles ; les lapsus ; mots d’esprit et parapraxies de l’adulte) cependant structurés comme des symptômes, forment la transition continue et l’unité de sens dans les œuvres et expressions humaines. La psychanalyse a le grand mérite de mettre en évidence ce qui relie la psychologie et psychopathologie, mais encore l’individuel et le collectif, dans une même métastructure. Celle‑ci réfère à la matrice de l’inconscient, qui met en cause un processus primaire de l’esprit, cependant idéatif, symbolique et significatif ; paradigme de toute productivité subjective, culturelle, esthétique.
Ainsi est‑ce au niveau de la psychologie des masses que l’on trouve le plus d’exemples d’un fonctionnement archaïque de l’esprit, tandis que s’y illustrent les rapports de l’instinct à l’Idéal, et les mécanismes divers de l’Identification.
Inversement, la psychologie collective prend son éclairage des découvertes de la psychanalyse de l’individu. A prendre quelques brefs exemples : la grégarité trouve son essence dans l’angoisse infantile de la solitude et la formation réactionnelle à la jalousie contre le puîné ; la justice dérive du vœu qu’aucun, à défaut de soi, ne jouisse d’une faveur.
Cependant, dans le collectif comme pour l’individu, l’organisation suppose la renonciation, la suppression, la répression des instincts, entraînant autant de tensions. Le gain de civilisation engendre le retour de ce qu’elle visait à pallier : puissance destructrice accrue (armes modernes) ; contrainte de force reprise par la loi, etc. : le bonheur n’est donc pas de ce monde.
Aussi bien se profile ici, à côté des ratés névrotiques et toxicomaniaques, la solution religieuse qui remplace la dure réalité par un mode de l’accomplissement illusionnel du désir. Le noyau paternel se retrouve bientôt dans les idées projetées de sagesse suprême, de bonté, de justice, de tutelle divine, de paternité céleste. L’ambivalence apporte, à côté de la recherche nostalgique de la providence, la crainte et le tremblement. Cependant le caractère collectif, et compatible avec la réalité, de l’illusion religieuse, la nécessité même dans l’équilibre mental d’un secteur et d’une fonction de l’illusion, épargnent à plus d’un la névrose individuelle. Au demeurant l’illusion n’est pas l’erreur.
aLa gardienne de la famille
ANTIGONE est une héroïne grecque, laquelle contre la raison d’Etat, défend les devoirs sacrés que l’on a envers la famille et les morts.
ANTIGONE est le fruit de l’inceste d’ Œdipe et de JOCASTE, sa mère. Bouleversée par les malheurs de son père aveugle et réduit à la mendicité loin de THEBES, elle lui porte assistance, guide ses pas, adoucit ses souffrances et l’accompagne jusqu’à sa mort, en ATTIQUE. Ensuite, elle revient dans sa patrie et reprend une vie plus normale en compagnie de sa sœur ISMENE.
Mais bientôt la guerre éclate : CREON, frère de JOCASTE, dictateur qui s’est imposé par la ruse, défend son trône contre les ARGIENS. Les THEBAINS sont partagés, et il s’en trouve dans les deux
aTypologie
l’antithèse n’est qu’un dualisme exacerbé dans lequel l’Individu régit sa vie uniquement d’après ses idées et devient doctrinaire à outrance. Toutes les représentations et tous les actes sont envisagés du point de vue de l’antithèse rationnelle du oui ou du non, du Bien ou du Mal, de l’utile et du nuisible.
MINKOWSKI, dans Troubles essentiels de la schizophrénie, trace un tableau complet de ces antithèses schizomorphes, dans lesquelles la pensée s’oppose au sentiment, l’analyse à la pénétration intuitive, les preuves à l’impression, la base au but, le cerveau à l’instinct, le plan à la vie, l’Objet à l’événement, et enfin l’espace au temps. Ces antithèses conceptuelles n’étant que le prolongement des antithèses imaginatives communes aux poètes.
aL’embaumeur
ANUBIS est un dieu égyptien. Il est le conducteur des âmes, intermédiaire et le messager entre l’au‑delà et le monde des vivants.
C’est un dieu chacal, il est souvent représenté avec un corps d’homme et une tête de chacal ou de chien. Il est le dieu du désert et de la nécropole. Il veille sur les tombes, introduit les morts dans l’autre monde et les assiste devant le dieu juge, OSIRIS.
bLe fils d’OSIRIS
Il est l’embaumeur, « celui à qui est la bandelette ». On dit qu’il était le fils d’OSIRIS et de NEPHTYS. Il aida ISIS à rassembler les morceaux du cadavre d’OSIRIS tué par SETH, il embauma son corps et la déesse magicienne réussit à lui rendre la vie.
Son culte s’étendit, bien au‑delà de l’EGYPTE, dans le monde gréco‑romain. Il savait sa statue dans le serapeum de DELOS.
Forme atténuée de l’angoisse dont elle se distingue par l’absence de modifications physiologiques.
aL’idéal du charme féminin
C’est une déesse grecque et romaine. Les poètes célèbrent le contour parfait de son visage, l’éclat de ses yeux, le sourire de sa bouche, la pureté de ses seins.
Déesse fière et cruelle, elle hante la nature animale et règne sur le cœur et les sens des hommes. Les ROMAINS l’ont confondue avec l’antique déesse italique VENUS.
bOrigine
HOMERE la voit fille de ZEUS et de DIONE, déesse de la première génération, fille d’OURANOS et de GAIA.
D’après HESIODE, elle est née de l’écume fécondée par les organes sexuels d’OURANOS, que CRONOS avait tranchés et jetés à la mer. Ainsi, la « femme née des vagues » serait une des premières déesses.
Sitôt sortie des eaux, elle est transportée par les ZEPHYRS, d’abord à CYTHERE, puis sur la côte de CHYPRE. Elle est alors vêtue, couverte de bijoux, enveloppée de parfums et conduite chez les Immortels.
De ces deux origines, PLATON distinguera deux APHRODITES : l’une, la fille d’OURANOS, encore appelée URANIE, est la noble déesse de l’amour pur.
L’autre, la fille de DIONE, encore appelée PANDEMOS, est la déesse de l’amour vulgaire
cLes amours
Elle épouse HEPHAISTOS, le dieu boiteux. Mais elle le trompe outrageusement avec ARES, le dieu de la guerre. Les deux amants sont découverts par HELEOS, qui s’empresse d’en avertir le mair. Alors celui‑ci leur tend un piège au moyen d’un filet aux mailles invisibles et invite tous les deiux de l’OLYMPE à venir constater son infortune. Surprise, APHRODITE s’enfuit toute honteuse vers CHYPRE et ARES vers la THRACE. De ces amours naîtront EROS (l’Amour) et ANTEROS (l’Amour en retour) ainsi que DEIMOS (la Terreur) et PHOBOS (la Crainte).
Mais la frivole APHRODITE n’a pas qu’un seul amant. Sa passion pour ADONIS est célèbre.
Elle aime aussi le berger ANCHISE qu’elle rencontre sur le mont IDA. ENEE sera leur fils.
PHAON, vieux et laid, qui reçut d’elle la jeunesse et la beauté et CINYRAS vécut à ses dépens. BOUTES et PARIS seront ses favoris.
Elle a une liaison avec HERMES et avec DIONYSOS, dont elle a PRIAPE, et PHAETON.
dLa jalousie
Elle est jalouse et inspire à EOS (l’Aurore) un amour impossible pour ORION, fils de POSEIDON, parce qu’elle avait séduit ARES. Ses armes sont variées et cruelles. Elle châtie tous ceux qui ne veulent pas lui succomber. Ainsi, elle conduit les filles de CINYRAS à la prostitution et inflige une odeur pestilentielle aux LEMNIENNES qui avaient négligé son culte. Celles‑ci, abandonnées par leurs maris, tuent tous les hommes de l’île et fondent une société de femmes.
Son pouvoir est immense. C’est un amour pour le taureau de MINOS qu’elle inspirera à PASIPHAE. Ses victoires s’appellent aux HELENE, MEDEE, ARIANE, PHEDRE, HIPPODAMIE, etc.
eLe concours de beauté
Qui est la plus belle des trois déesses, HERA, ATHENA ou APHRODITE ? Telle est la question posée par ERIS (la Discorde) qui réserve une pomme (la pomme de discorde) à celle qui gagnera le concours. Celui‑ci est organisé par ZEUS lui‑même sur le mont IDA et je juge unique en est PARIS. Chacune des déesses saura faire valoir des avantages qui ne sont pas toujours en rapport avec le sujet de l’épreuve. Ainsi HERA offre à PARIS la royauté universelle, ATHENA : l’invincibilité à la guerre, et APHRODITE ; la plus belle des mortelles, HELENE. C’est APHRODITE qui l’emporte et est ainsi à l’origine de la guerre de TROIE.
fEROS et APHRODITE
L’un est dieu, l’autre déesse de l’Amour. Mais leurs fonctions ne sont pas équivalentes. EROS est souvent considéré comme dieu primordial. Il est la force de l’instinct.
Lorsque APHRODITE apparaît, il s’adpate et s’associe à elle. APHRODITE marque le moment où les sexes se distinguent, où l’union se fait sans confusion, où la distance entre les deux amants modèle l’attirance de l’un vers l’autre. Avec APHRODITE naissent le babil des fillettes, les sourires, les tromperies, le charme et la séduction.
gARTEMIS et APHRODITE
Le mariage est l’une des frontières qui séparent les domaines réservés à ARTEMIS et à APHRODITE. La première est la déesse chaste. Elle préfère la chasse à la séduction des hommes. Son royaume est celui de la jeune fille. Mais, pour la jeune fille, il n’est qu’un lieu de passage, on n’y peut demeurer, les tributs exigés pour le quitter sont jouets et poupées. « Les filles vont d’ARTEMIS à APHRODITE », dit le rhéteur LIBANIOS.
Le royaume d’APHRODITE est ailleurs. C’est le dieu du désir. On ne peut y échapper. L’expérience d’ATALANTE, qui, pour fuir les « dons d’APHRODITE » et garder sa virginité, se consacrera complètement à la chasse et transformera même ses relations avec l’homme en une chasse à l’homme, est un échec. La virginité est intenable et ATALANTE, piégée, se transformera en lionne frigide.
Mais l’un et l’autre royaume ne sont pas sans danger. APHRODITE arme parfois les armes d’un désir violent et indomptable. On a pu faire le rapprochement avec les jugements que DIOMEDE, roi de THRACE, envoyait dévorer les étrangers de passage. Ces bêtes monstrueuses font en effet penser aux filles si lubriques qu’elles entraînent dans la mort tous leurs amants.
La jeune fille abandonne la violence d’ARTEMIS, elle garde toute sa vie la folie d’APHRODITE. Pourtant, celle‑ci est amie de la mesure. N’a‑t‑elle pas rejeté ce fils difforme, PIRAPE, fils qu’elle a eu de ZEUS lui‑même, parce qu’il avait un membre viril proéminent et qu’elle avait peur d’être la risée du monde entier ? PRIAPE, abandonné dans un bois, restera une divinité rustique.
hLe culte
Ses plus anciens sanctuaires sont à CHYPRE et à CYTHERE, deux villes phéniceiennes. Mais, il semble bien que son culte vienne de l’ASIE, où l’on a toujours honoré une divinité lunaire, principe de la fertilité et de la fécondité animale. Elle ATARGATIS chez les PHILISTINS, MYLITTA chez les BABYLONIENS, ISHTAR chez les ASSYRIENS, ASTARTE chez les SEMITES. Sa religion se répandit dans la plus grande partie de l’Asie Mineure et jusqu’au moment ERYX en SICILE, à CATHAGE et dans le LATIUM.
Elle est une vraie « Dame du Bon‑Secours ». Elle calme le vent et la mer. A PAPHOS, les marins la consultaient avant de prendre le large.
Mais c’est avant tout la déesse de l’Amour, et ses temples, surtout au mont ERYX et à CORINTHE, sont peuplés de hiérodules qui se prostituent aux étrangers de passage. Cette fonction était d’abord réservée aux jeunes filles qui donnaient ainsi leur virginité à la déesse, mais peu à peu elle fut réservée à des esclaves attachées au temple, de véritables professionnelles de l’amour.
iLa VENUS romaine
A ROME existait bien avant l’influence grecque une divinité de la nature, déesse de tout ce qui s’épanouit, déesse de la Fécondité : telle était FLORA. Elle avait deux temples à ROME et des fêtes lui étaient consacrées, les Floralia. VENUS était une déesse semblable, mais son assimilation à APHRODITE lui a donné une importance capitale. A l’origine, elle était la déesse des champs et des jardins. Plus tard, elle deviendra la déesse de la beauté féminine. Des temples lui seront construits, des fêtes organisées : les Vinatia priora (le 23 avril), les Veneralia (le 1er avril).
Avec le temps, le culte de VENUS se développa. SYLLA, le dictateur (138‑78 av. J.‑C.), la vénérait sous le nom de VENUS FELIX. Il se nommait lui‑même en grec EPAPHRODITE. Elle était, sous le nom de VENUS POMPEIANA, la patronne de POMPEI. CESAR lui construisit un monument sur le Forum Julium. Il l’appela alors VENUS GENITRIX.
APHRODITE sera bientôt sous seulement la mère d’ENEE et de sa race. Mais, la protectrice du peuple romain, et, parmi les familles patriciennes. Elles étaient nombreuses celles qui se flattaient de descendre d’ENEE et, par lui, d’APHRODITE. AUGUSTE, qui présida à tout un mouvement de renaissance patriotique et religieux, prit un soin particulier à unir VENUS GENITRIX et la cité, HADRIEN associait encore VENUS à ROME dans le fameux Templum Urbis.
Comme en GRECE, les APHRODITES, les VENUS se sont multipliées. Il y avait VENUS VICTRIX, VENUS CALVA, VENUS SALACIA, VENUS EQUESTRIS, etc.
jLe pouvoir d’APHRODITE
« Elle égare même la raison de ZEUS […], lui, le plus grand des dieux […] ; même cet esprit sage, elle l’abuse quand elle veut […]. Elle atteignit l’IDA aux mille sources, la montagne, mère des fauves ; derrière elle marchaient en la flattant les loups gris, les lions au poil fauve, les ours et les panthères rapides, insatiables de faons. A leur vue, elle se réjouit de tout son cœur et jeta le désir dans leurs poitrines : alors, ils allèrent tous à la fois s’accoupler dans l’ombre des vallons ».