PSYCHANALYSE FAFNIR - FEE
i Dit hermaphrodite (BETTELHEIM) 2
iii Dit de la‑machine‑qui‑influence (BETTELHEIM) 4
iv Dit de la méchante marâtre. 4
F
FAFNIR, dragon scandinave, personnifie la convoitise de l’or, stupide et sans profit.
FAFNIR a tué son père HREIDMAR et chassé son frère REGIN pour s’emparer de l’ « or du RHIN ». Ce trésor, il le chérit, se couche sur lui de tout son long et se transforme en dragon pour effrayer quiconque oserait s’approcher.
Mais REGIN incite SIGURD à combattre FAFNIR et à le tuer. Avant de mourir, le MONSTRE livre à son assassin des secrets de magie. Le sang du DRAGON lui confère le pouvoir de comprendre le langage des oiseaux et, par eux, de connaître les intentions malveillantes de REGIN à son égard. SIGURD tue REGIN, boit le sang des deux frères et mange le cœur de FAFNIR (FAFNISMAL).
Scénario imaginaire où le Sujet est présent et qui figure, de façon plus ou moins déformée par les processus défensifs, l’accomplissement d’un désir et, en dernier ressort, d’un désir inconscient. Le fantasme se présente sous des modalités diverses : fantasmes conscients ou rêves diurnes, fantasmes inconscients tels que l’analyse les découvre comme structures sous-jacentes à un contenu manifeste, fantasmes originaires. Les fantasmes inconscients, ou bien ont de tout temps été inconscients, ou bien ce qui est le cas le plus fréquent, ils furent autrefois des fantasmes conscients, des rêves diurnes et ont ensuite été oubliés intentionnellement. Ils sont tombés dans l’inconscient du fait du refoulement. En ce cas, ou leur contenu est resté le même, ou il a subi des modifications de sorte que le fantasme qui est maintenant inconscient est un rejeton de l’ancien fantasme conscient. Le fantasme inconscient, donc, a une très importante relation avec la vie sexuelle de la personne. Il est en effet identique au fantasme dont celle‑ci s’est servie pendant une période de masturbation pour obtenir la satisfaction sexuelle.
aTypologie fantasmatique
Ce qui serait commun aux deux sexes serait moins le désir de posséder l’autre sexe que d’être à la fois homme et femme. Ce fantasme hermaphrodite, dans la mesure même où il exclut, dans chaque sexe, le manque, n’est‑il pas en fin de compte la meilleure preuve qu’il s’agit avant tout de s’assurer d’une intégrité narcissique phallique même quand elle concerne la possession d’attributs féminins ?
On connaît les fictions délirantes des paranoïaques qui ont pour contenu la grandeur et les souffrances du propre Moi et qui se rencontrent sous des formes tout à fait typiques et presque monotones. D’autre part, de nombreuses communications scientifiques nous ont fait connaître les agencement singuliers dans lesquels certains pervers mettent en scène (en idée ou dans la réalité), leur satisfaction sexuelle. Par contre, pour beaucoup ce sera peut‑être une nouveauté d’apprendre que des formations psychiques tout à fait analogues se retrouvent régulièrement dans toutes les psychonévroses, spécialement dans l’hystérie, et que ces formations (ce qu’on nomme fantasme hystériques) se révèlent avoir des relations importantes avec le déterminisme des symptômes névrotiques. Toutes les attaques hystériques se sont révélées être l’irruption involontaire de leurs rêves diurnes. En effet, l’observation ne laisse aucun doute sur le fait qu’on trouve de tels fantasmes aussi bien sous forme inconsciente que consciente et que ces derniers, sitôt devenus inconscients, peuvent aussi devenir pathogènes, c’est‑à‑dire s’exprimer en symptômes et en attaques. Dans des circonstances favorables, on peut encore surprendre par la conscience un tel fantasme inconscient.
Les symptômes hystériques ne sont rien d’autre que les fantasmes inconscients trouvant par conversion une forme figurée, et, pour autant que ce sont des symptômes somatiques, ils sont assez souvent empruntés au domaine des mêmes sensations sexuelles et des mêmes innervations motrices qui, à l’origine, avaient accompagné le fantasme alors qu’ils étaient encore conscient. Ainsi la perte des habitudes onanistes se trouve en fait annulée et le but final de tout le processus pathologique (rétablir la satisfaction sexuelle d’autrefois, primaire) est alors atteint, certes jamais de façon achevée mais du moins de façon approximative. L’intérêt de qui étudie l’hystérie se détourne bientôt des symptômes pour se porter sur les fantasmes dont ils résultent. La technique de la psychanalyse permet, à partir des symptômes, de deviner tout d’abord ces fantasmes inconscients et ensuite de les rendre conscients chez le Sujet. Or, par cette voie, on a découvert que les fantasmes inconscients des hystériques correspondent pleinement, quant à leur contenu, aux situations de satisfaction que les pervers réalisent consciemment. Si l’on est en peine de trouver des exemples de cette sorte, on n’a qu’à se rappeler, dans l’Histoire, ce qu’agençaient les empereurs romains où la démesure n’était naturellement déterminée que la puissance illimitée des producteurs de ces fantasmes. Les formations délirantes des paranoïaques sont des fantasmes de la même nature mais devenus immédiatement conscients, portés par la composante sado‑masochique de la pulsion sexuelle. Elles peuvent elles aussi trouver complètement leur pendant dans certains fantasmes inconscients des hystériques. On connaît bien d’ailleurs le cas, dont l’importance pratique aussi est grande, où des hystériques ne donnent pas expression à leurs fantasmes sous forme de symptômes mais dans une réalisation consciente, imaginant ainsi et mettant en scène des attentats, des sévices, des agressions sexuelles. Tout ce qu’on peut apprendre sur la sexualité dans les psychonévroses, est fourni par cette méthode d’investigation psychanalytique qui mène des symptômes patents aux fantasmes inconscients cachés. Par suite vraisemblablement des difficultés que rencontre la tendance des fantasmes inconscients à trouver expression, la relation des fantasmes aux symptômes n’est pas simple mais multiple et compliquée. En règle générale, c’est‑à‑dire lorsque la névrose est pleinement développée et a persisté assez longtemps, un symptôme donné ne correspond pas à un unique fantasme inconscient, mais à plusieurs et ceux‑ci non pas de façon arbitraire mais selon une composition régie par des lois. Au début de la maladie, toutes ces complications ne se seront pas encore, bien entendu, développées. Le symptôme hystérique est le symbole mnésique de certaines impressions et expériences vécues efficaces (traumatiques). Il est le substitut, produit par conversion, du retour associatif de ces expériences traumatiques. Il est (comme d’autres formations psychiques) expression d’un accomplissement de désir. Il est également la réalisation d’un fantasme inconscient servant à l’accomplissement de désir. Il sert à la satisfaction sexuelle et représente une partie de la vie sexuelle de la personne (correspondant à l’une des composantes de la pulsion sexuelle). Il correspond au retour d’un mode de satisfaction sexuelle qui a été réel dans la vie infantile et qui depuis lors a été refoulé. Il survient comme compromis entre deux motions d’affect ou motions pulsionnelles opposées dont l’une s’efforce de donner expression à une pulsion partielle ou composante de la constitution sexuelle tandis que l’autre s’efforce de réprimer la première. Il peut se charger de représenter différentes motions inconscientes non sexuelles mais ne peut manquer d’avoir une signification sexuelle.
Ce fantasme se trouve spécialement chez le Sujet schizophrène. Sa fascination, en dehors du fait qu’il peut avoir recours à la psychothérapie, n’est ni meilleure ni pire que celle de l’homme du Moyen Age persécuté par le démon. Nous avons cherché le salut contre les maux d’autrefois, non plus en croyant aux anges, mais en créant la science. Ce qu’il nous faut aujourd’hui affronter c’est le danger potentiel que recèle la machine, bien qu’il ne soit né que de l’image que l’homme s’en fait. De cette analyse, BETTELHEIM en déduit comment nous devons réagir pour empêcher la machine de nous dominer.
Il existe une époque privilégiée pour certaines expériences de croissance, et l’enfance est celle où l’on apprend à franchir l’énorme fossé qui sépare les expériences intérieures.
Structures fantasmatiques typiques (vie intra‑utérine, scène originaire, castration, séduction) que la psychanalyse retrouve comme organisant la vie fantasmatique, quelles que soient les expériences personnelles des Sujets ; l’universalité de ces fantasmes s’explique, selon FREUD, par le fait qu’ils constitueraient un patrimoine transmis phylogénétiquement.
Symbole de la mort, en ceci que la faux, comme la mort, égalise toute chose vivante. Mais ce n’est guère qu’à partir du 15ème siècle que la faux apparaît entre les mains du squelette, pour signifier l’inexorable égalisatrice. Notons que la lame de la Mort, arcane XIII du jeu de Tarot, montre la faux tranchant, non la vie, mais les illusions de ce monde, ce qui, est en parfaite concordance avec le sens symbolique du nombre XIII – commencement et non fin d’un cycle – valorise positivement cet outil, représenté ici comme celui qui donne accès au domaine des réalités vraies et invisibles, le HAK des SOUFI.
aApparitions
C’est entre les mains du vieux SATURNE, le dieu boiteux du temps, que l’on voit le plus ordinairement la faucille ou la faux, comme l’instrument aveugle qui coupe tout ce qui vit. Le passage de la faucille à la faux n’aura fait que suivre l’évolution des outils agricoles.
bEcrits
Dans l’Ancien et le Nouveau, il est question de faucille, non de la faux, qui tranchera les mauvaises herbes : mais elle se présente plutôt comme un instrument de châtiment, et donc discriminatoire, non comme l’instrument générale de la mort, donc égal pour tous.
Maîtresse de la magie, elle symbolise les pouvoirs paranormaux de l’esprit ou les capacités prestigieuses de l’imagination. Elle opère les plus extraordinaires transformations et en un instant comble ou déçoit les désirs les plus ambitieux. Peut‑être représente‑t‑elle les pouvoirs de l’homme de construire en imagination les projets qu’il n’a pu réaliser.
aLeurs caractéristiques
On recourt aux fées et à leurs ambitions démesurées. Ou bien elles compensent les aspirations frustrées.
Leur baguette et leur anneau sont les insignes de leur pouvoir. Elles resserrent ou défont les nœuds du psychisme.
On y voit les palais, que les fées évoquent et font scintiller dans la nuit, s’évanouissent en un instant et ne laissent plus que le souvenir d’une illusion. Ils se situent dans l’évolution psychique parmi les processus de l’adaptation au réel et de l’acceptation de soi, avec ses limites personnelles.
Elles sont associées au rythme ternaire, mais, en y regardant de plus près, elles relèvent aussi du quaternaire : en musique, on dirait que leur mesure est à trois‑quatre : trois temps marqués et un temps de silence. Ce qui représente en effet le rythme lunaire et celui des saisons. La Lune est visible pendant trois phases sur quatre ; à sa quatrième phase, elle devient invisible, on dit qu’elle est morte. De même, la vie représentée par la végétation naît sur la terre au printemps, s’épanouit en été, décroît en automne, et disparaît pendant l’hiver, temps de silence et de mort. La fée participe donc du surnaturel, parce que sa vie est continue, et non discontinue comme la nôtre, et comme celle de toute chose vivante en ce monde. Il est donc normal qu’en la saison de la mort on ne puisse la voir, donc qu’elle n’apparaisse pas. Pourtant elles existe toujours, mais sous une autre forme, relevant comme elle, en son essence, de la vie continue, de la vie éternelle.
Assemblées généralement par trois, les fées tirent du fuseau le fil de la Destinée humaine, l’enroulent sur le rouet et le coupent, l’heure venue, de leurs ciseaux. Peut‑être furent‑elles, à l’origine, des déesses protectrices des champs. Le rythme ternaire, qui caractérise leurs activités est celui de la vie même : jeunesse, maturité, vieillesse, ou bien naissance, vie et mort, dont l’astrologie fera : évolution, culmination, involution.
bCulture
Selon de vieilles traditions BRETONNES, à la naissance d’un enfant, on dresse trois couverts, sur une table bien garnie, mais dans une pièce écartée de la maison, afin que les fées soient rendues propices. Ce sont elles, aussi, qui conduisent au ciel les âmes des enfants mort‑nés et qui aideront à rompre les maléfices de SATAN.
Pour mieux comprendre le symbolisme des fées, il faut, par‑delà PARQUES et MOIRES, remonter aux KERES, divinités infernales de la mythologie GRECQUE, sortes de WALKYRIES qui s’emparent des agonisants sur le champ de bataille, mais qui, selon l’Iliade, paraissent aussi déterminer le sort, le Destin du héros, auquel elles apparaissent en lui offrant un choix, dont dépendra l’issue bénéfique ou maléfique de son voyage. La filiation des fées telle que nous venons de l’indiquer montre qu’elles sont originellement des expressions de la Terre‑Mère. Mais le courant de l’histoire, selon un mécanisme ascensionnel que nous avons exposé, les a fait peu à peu monter du fond de la terre à sa surface, où, dans la clarté de la Lune, elles deviennent esprits des eaux et de la végétation. Les lieux de leurs épiphanies montrent cependant clairement leur origine ; elles apparaissent en effet le plus souvent sur des montagnes près des crevasses et des torrents, sur les innombrables tables de fées ou dans le plus profond des forêts, au bord d’une grotte, d’un abîme, d’une cheminée des fées, ou encore près d’un fleuve mugissant ou au bord d’une source ou d’une fontaine.
Elle est par essence la BANSHEE, dont les fées des autres pays celtiques ne sont que des équivalents plus ou moins altérés ou compris. Au départ, la fée, qui se confond avec la femme, est une messagère de l’Autre Monde. Elle voyage souvent sous la forme d’un oiseau, d’un cygne, de préférence. Mais cette qualité n’a plus été comprise lors de la christianisation et les transcripteurs en ont fait une amoureuse venant chercher l’élu de son cœur. La BANSHEE est par définition un être doué de magie. Elle n’est pas soumise aux contingences des trois dimensions et la pomme ou la branche qu’elle remet ont des qualités merveilleuses. Le plus puissant des druides ne peut retenir celui qu’elle appelle et, quand elle s’éloigne provisoirement, l’élu tombe en langueur (OGAC, 18, 136‑143).
MELUSINE, le samedi, quitte son humain époux et lui demande de ne pas chercher à la voir, de respecter son secret. Il lui faut en effet, en cette phase quatrième, quitter l’apparence humaine pour prendre celle d’un serpent, épiphanie animale, comme on le sait de la vie éternelle. MELUSINE est alternativement femme et serpent, de la même façon que le serpent change de peau pour se renouveler indéfiniment. C’est le moment qui, chez les humains, correspond au temps de silence, à la mort. Aussi les fées ne se montrent‑elles jamais que de façon intermittente, comme par éclipses, bien qu’elles substituent en elles‑mêmes de façon permanente. On pourrait en dire autant des manifestations de l’inconscient.
Que les fées de notre folklore ne soient autres, à l’origine, que les PARQUES ROMAINES, elles‑mêmes transposition LATINE des MOIRES GRECQUES, ne paraît guère discutable. Leur nom même, FATA, les Destinées, le prouve. Les trois PARQUES, précise P. GRIMAL, étaient représentées sur le forum par trois statues que l’on appelait couramment les trois fées – les tria fata. Elles portent encore aujourd’hui ce nom dans la plupart des langues LATINES, et on en retrouve la racine dans leur postérité et les innombrables petits Génies que l’imagination populaire a créés à leur suite : tels les fadas PROVENÇAUX, les fades de GASCOGNE, les fadettes et fayettes, les fadets et farfadets.
cEcrits
Il a merveilleusement montré, avec la Reine MAB, l’ambivalence de la fée, qui est capable de se transformer en sorcière, ce que nous pouvons voir dans cet extrait de ROMEO et JULIETTE.
Alors je vois que la Reine MAB vous a visité
C’est l’accoucheuse des fées et elle vient
Pas plus grosse qu’une pierre d’agate
A l’index d’un échevin
Traînée par un attelage de petits atomes…
… c’est toujours cette MAB
Qui tresse la crinière des chevaux la nuit
Et dans leurs poils gluants
Fabrique des nœuds magiques
Qui débrouillés font arriver de grands malheurs.
C’est la sorcière.