PSYCHANALYSE FORCLUSION - FRELON
i Le 19ème siècle prend en charge ses fous. 2
ii 1930 choisit un traitement 3
iii 1950 le fou redevient un être humain. 3
a Les frelons et les mouches à miel (livre I) 3
Terme introduit par Jacques Lacan : mécanisme spécifique qui serait à l’origine du fait psychotique ; il consisterait en un rejet primordial s’un « signifiant » fondamental (par exemple : le phallus en tant que signifiant du complexe de castration) hors de l’univers symbolique du sujet. La forclusion se différencierait du refoulement en deus sens : les signifiants forclos ne sont pas intégrés à l’inconscient du Sujet. ils ne font pas le retour « l’intérieur », mais au sein du réel, singulièrement dans le phénomène hallucinatoire.
aCompromis
Forme qu’emprunte le refoulé pour être admis dans le conscient en faisant retour dans le symptôme, le rêve, plus généralement toute production de l’inconscient : les représentations refoulées y sont déformées par la défense jusqu’à en être méconnaissables. Dans la même formation peuvent ainsi se satisfaire –en un même compromis- à la fois le désir inconscient et les exigences défensives.
bRéactionnelle
Attitude ou habitus psychologique de sens opposé à un désir refoulé, et constitué en réaction contre celui-ci (pudeur s’opposant à des tendances exhibitionnistes par exemple).
En termes économiques, la formation réactionnelle est un contre-investissement d’un élément conscient, de force égale et de direction opposée à l’investissement inconscient. Les formations réactionnelles peuvent être très localisées et se manifester par un comportement particulier, généralisées jusqu’à constituer des traits de caractère plus ou moins intégrés à l’ensemble de la personnalité. Du point de vue clinique, les formations réactionnelles prennent valeur symptomatique dans ce qu’elles offrent de rigide, de forcé, de compulsionnel par leurs échecs accidentels, par le fait qu’elles aboutissent directement à un résultat opposé à celui qui est consciemment visé (SVMMVM JVS SVMMA INJVRIA).
cSubstitutive
Désigne les symptômes ou des formations équivalentes comme les actes manqués/les traits d’esprit/etc. en tant qu’ils remplacent les contenus inconscients.
Cette substitution doit être prise dans une double acception : économique, le symptôme apportant une satisfaction de remplacement au désir inconscient ; symbolique, le contenu inconscient étant remplacé par un autre selon certaines lignes associatives.
dSymptôme
Terme utilisé pour désigner le fait que le symptôme psychonévrotique est le résultat d’un processus particulier, d’une élaboration psychique.
aEtymologie
BLOCH et WARBURG : « Fou, adjectif latin follis, soufflet, sac, ballon; au sens ballon, est passé par dérision au sens de fou par comparaison d’une personne sotte, folle avec un ballon gonflé d’air.
Ce changement est accompli dès la fin du 6ème siècle. L’ancien sens soufflet vit en français jusqu’au 16ème siècle. En italien, on trouve folle et en ancien provençal fol. Dominant dans les parlers gallo-romains, le mot fou est en concurrence avec le mot fat dans la région languedocienne et le mot sot dans les parlers de l’Est et du Nord-Est.
Fou |
6ème siècle |
|
Folie |
1080 |
|
Follet |
12ème siècle |
feu follet |
Affoler |
12ème siècle |
Affolement 13ème siècle |
Folâtre |
1394 |
Raffoler 16ème siècle (être fou) |
Folichon |
1637 |
folâtrer, folichonner 1786 |
bGénéralité
Bien que délivré de la prison et de ses chaînes, à la fin du 18ème siècle, le fou, réputé incurable, ne sollicitait pas la recherche thérapeutique. Les psychiatres depuis le 19ème siècle et jusqu’au milieu du 20ème siècle se sont contentés d’observer, de décrire, et de classer les maladies mentales, n’appliquant à leurs patients que quelque calmants et des règles d’hygiène.
Il faut alors signaler un événement important apparu à la fin du 19ème siècle. De grands médecins neuropsychiatres, comme CHARCOT, BERNHEIM, FREUD, JANET s’étant passionnés pour l’hystérie et l’hypnose, jetèrent la psychiatrie dans les bras de la psychopathologie. La médecine générale, alors agacée par les propos philosophies qui désormais la masquaient, s’est débarrassée de la psychiatrie au profit de multiples aliénataires : psychologues, sociologues, et psychanalystes non médecins.
Les médecins persistèrent à s’occuper des fous redevinrent des aliénistes jusqu’au jour où certains, plus curieux, chez qui vibrait la fibre médicale, mirent au point dans les années 1930 des méthodes thérapeutiques dites de choc (cardiazol, insuline, électrochoc), et plus tard des interventions discutables de psychochirurgie sur le cerveau (lobotomie, topectomie). On cria au scandale devant ces traitements déclarés barbares, mais on guérissait des mélancoliques qui sortaient des asiles. La psychiatrie avec la thérapeutique retrouvait enfin la médecine s’y intégrant définitivement dans les années 50 avec les découvertes de la psychopharmacologie et des nouveaux médicaments psychotropes (neuroleptiques et tranquillisants).
Alors on commença à avoir moins peur de la folie. Des malades internés depuis de longues années revinrent dans leur famille, les camisoles de force étaient remplacées par des camisoles chimiques, bien moins coercitives. Le fou n’était plus un aliéné, mais un malade comme les autres. Certains même lui contestèrent sa maladie et quelques intellectuels se reconnaissant en lui, voulurent vivre avec leur propre déraison. Ce fut l’expérience antipsychiatrique.
La fourchette qui existait déjà au 16ème siècle, mais pour des emplois rares, elle fut mise en usage quelque temps plus tard à la cour d’HENRI III et de ses mignons, dont on connaît le raffinement. Son départ ainsi chez les homosexuels ne fit d’ailleurs pas bonne impression et freina quelque peu son lancement. Un contemporain dans l’Isle des HERMAPHRODITES, les trouvait grotesques, ces efféminés :
« Premièrement, il ne touchaient jamais la viande avec les mains, mais avec des fourchettes, ils la portaient jusque dans leur bouche, en allongeant le col et le corps sur leur assiette. »
Outre la difficulté qu’il y a à se servir d’un tel instrument, ce parrainage ne lui donna pas bonne réputation et la fourchette eut du mal à s’implanter.
Terme utilisé par FREUD lorsqu’il donne un modèle neurologique du fonctionnement de l’appareil psychique (1895) : l’excitation, dans son passage d’un neurone à un autre, doit vaincre une certaine résistance ; lorsqu’un tel passage entraîne une diminution permanente de cette résistance, on dit qu’il y a frayage : l’excitation choisira la voie frayée de préférence à celle qui ne l’est pas.
aLes frelons et les mouches à miel (livre I)
A l’œuvre on connaît l’artisan
Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent ;
Des frelons les réclamèrent.
Des abeilles s’opposant,
Devant certaine guêpe on traduisit la cause.
Il était mal aisé de décider la chose :
Les témoins déposaient qu’autour de ces rayons
Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs,
De couleur fort tannée, et tels que les abeilles,
Avaient longtemps paru. Mais quoi ! dans les frelons
Ces enseignes étaient pareilles.
La guêpe ne sachant que dire à ces raisons,
Fit enquête nouvelle, et, pour plus de lumière,
Entendit une fourmilière.
Le point n’en put être éclairci.
« de grâce, à quoi bon tout ceci ?
dit une abeille fort prudente.
Depuis tantôt six mois que l’affaire est pendante,
Nous voici comme aux premiers jours.
Pendant cela le miel se gâte.
Il est temps désormais que le juge se hâte :
N’a-t-il point assez léché l’ours ?
Sans tant de contredits, et d’interlocutoires,
Et de fracas, et de grimoires,
Travaillons, les frelons et nous :
On verra qui sait faire, avec un suc si doux,
Des cellules si bien bâties. »
Le refus des frelons fit voir
Que cet art passait leur savoir ;
Et la guêpe adjugea le miel à leurs parties.
Plût à Dieu qu’on réglât ainsi que tous les procès !
Que des Turcs en cela on suivit la méthode !
Le simple sens commun nous tiendrait lieu de code :
Il ne faudrait point tant de frais ;
Au lieu qu’on nous mange, on nous gruge,
On nous mine par des longueurs ;
On fait tant, à la fin, que l’huître est pour le juge,
Les écailles pour les plaideurs.