PSYCHANALYSE LOUP - LUNE
iii Imagination occidentale. 2
i Le loup et le chien (livre I) 2
i Dite « connu comme le loup blanc ». 3
Deux Matériel et métapsychologie. 5
iv LECLAIRE (vu par BERNARDI) 6
Le loup est synonyme de sauvagerie et la louve de débauche . Mais le langage des symboles interprète ces animaux, on s’en doute, d’une façon infiniment plus complexe, du fait, tout d’abord, qu’à l’instar de tout autre vecteur symbolique, ils peuvent être valorisés positivement autant que négativement. Son doublet est le chien.
aCultures
Positif apparaît le symbolisme du loup, si l’on remarque qu’il voit la nuit. Il devient alors symbole de lumière, solaire, héros guerrier, ancêtre mythique. Le créateur des dynasties CHINOISE et MONGOLE est le loup bleu céleste.
La CHINE connaît également un loup céleste (l’étoile SIRIUS) qui est le gardien du Palais céleste (la GRANDE OURSE). Ce caractère polaire se retrouve dans l’attribution du loup au NORD.
On remarque toutefois que ce rôle de gardien fait place à l’aspect féroce de l’animal : ainsi, dans certaines régions du JAPON, l’invoque‑t‑on comme protecteur contre les autres animaux sauvages. Il évoque une idée de force mal contenue, se dépensant avec fureur, mais sans discernement.
C’est le loup l’animal féroce par excellence. Craint de toute l’antiquité et du moyen‑âge, il revient aux temps modernes périodiquement se réincarner dans une quelconque bête du GEVAUDAN, et dans les colonnes de nos journaux il constitue le pendant mythique et hivernal des serpents de mer estivaux. Le loup est encore au 20ème siècle un symbole enfantin de peur panique, de menace, de punition.
Pour les Anciens ETRUSQUES, le dieu de la mort a des oreilles de loup.
Le loup est assimilé aux dieux du trépas et aux génies infernaux. Tel le MORMÔLYKE des GRECS dont le vêtement d’HADES, fait une peau de loup, est une survivance, comme d’ailleurs la peau de loup qui revêt le démon de TEMESE ou le dieu CHTONIEN GAULOIS que CESAR identifie au Dis Pater ROMAIN.
Les loupes symbolisent la mort cosmique. Ils sont dévoreurs d’astres.
La louve de ROMULUS et REMUS est, elle, non pas solaire et céleste, mais terrienne, sinon chtonienne. Ainsi, dans
Sa force et son ardeur au combat en font une allégorie que les peuples TURCS perpétueront jusque dans l’histoire contemporaine, puisque MUSTAPHA KEMAL, qui s’était nommé lui‑même ATATÜRK, c’est‑à‑dire Père des TURCS avait reçu de ses partisans le surnom de loup gris. Le peuple TURC qui, rassemblé autour de lui, menait le combat pour retrouver son identité, menacée par la décadence de l’ennemi OTTOMAN, reconduisait ainsi une très ancienne image : celle de l’ancêtre mythique de GENGIS KHAN, loup bleu, cratophanie de la lumière OURANIENNE (foudre) et dont l’union avec la biche blanche ou fauve, représentant la terre, plaçait à l’origine de ce peuple la hiérogamie terre‑ciel.
bEcrits
Un loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le matin était de taille*a se défendre hardiment.
Le loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
« Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
d’être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car, quoi ! rien d’assuré ! point de franche lippée !
Tout à la point de l’épée !
Suivez-moi, vous aurez un bien meilleur destin. »
Le loup reprit : « que me faudra-t-il faire ?
- presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens
Portant bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons,
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. »
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant il vit le cou du chien pelé.
« qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi !rien ! –Peu de chose
- mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
de ce que vous voyez est peut-être la cause. –
attaché ! dit le loup : vous ne courez donc pas
où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
-il importe si bien que de tous vos repas
je ne veux en aucune sorte,
et, ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit maître loup s’enfuit, et court encor. »
cExpressions
Quand un loup rôdait à proximité d’un village, la nouvelle avait vite fait le tour de ses habitants. La menace qu’il représentait pour les troupeaux, et aussi pour les enfants, bien que réelle, était aussitôt exagérée par un vent de panique dont il est difficile de cerner la part de l’imaginaire. Toujours est‑il que c’était un animal rapidement identifié et qu’il était bien difficile à un brave loup de se promener incognito dans la campagne. De là, la comparaison classique : « Ondit aussi qu’un homme est connu comme le loup – dit FURETIERE – pour dire qu’il est extrêmement connu : & cela ne se dit que d’un homme de qui on peut se donner liberté de dire ce qu’on en pense. » Dans nos contrées, les loups arboraient un pelage noirâtre, au mieux gris foncé ; cependant, comme pour les espèces d’animaux et pour les mêmes raisons d’ordre génétique, il arrivait que l’un d’eux naquît ALBINOS. Ces loups blancs occasionnels frappaient doublement l’imagination populaire qui leur octroyait la puissance redoutable des prodiges ; c’est presque comme un animal mythique que les gens du Moyen Age voyaient le loup blanc et en tant que tel que l’évoque RUTEBEUF à la fin du 13ème siècle :
« Car ce siècle est si changé
Que un leu blanc a tous mangé
Li chevaliers loyaux et preux. »
La forme « connu comme le loup blanc » paraît donc un renforcement naturel de l’expression du 17ème siècle.
dSelon
FREUD |
Le loup vu par FREUD est un loup en position dressée, prêt pour réaliser un acte sexuel. Ce loup est devant un adulte qui rappelle ou reconstruit son désir enfantin d’être pénétré par le loup‑père et la crainte associé à ce désir. |
KLEIN |
Il s’agit d’un loup qui menace de dévorer un enfant qui, au milieu de sa crainte actualisée par le transfert, cherche à se défendre de ses propres impulsions destructives. |
LECLAIRE |
Il ne voit dans le loup rien d’autre que l’élément signifiant capable de déterminer dans son enchaînement la position du Sujet et de son désir. Un |
|
GESTE SEXUEL : Un geste sexuel, un geste menaçant, une détermination formelle (même dans sa qualité corporelle) ; tels sont les différents aspects que chaque auteur saisit du loup. De cette analyse surgissent plusieurs réflexions : a. Nous pouvons affirmer stricto sensu qu’il ne s’agit pas de théories qui traitent du même sujet puisqu’elles ne s’occupent pas du matériel enregistré en lui‑même, mais d’un Objet formel plus abstrait, constitué par certains aspects de ce matériel. Dans ce sens, on peut parler de « l’incommensurabilité empirique » de STEGMÜLLER : concept plein de caches et de détours, mais qui s’accorde aux problèmes logiques et sémantiques à discuter les conceptions divergentes en partant des cas et des problèmes et sémantiques trouvés. En conclusion, pour pouvoir suivre la recommandation de FREUD qui nous invite à discuter les conceptions divergentes en partant des cas et des problèmes singuliers, il faut que nous, les psychanalystes, éclaircissions d’abord d’avantage nos différentes façons de saisir le matériel. b. Ces aspects du matériel ne sont pas visibles, et on peut les extraire seulement moyennant un dispositif théorique qui les découpe et qui leur offre un enchâssement. Il reste à voir, et c’est une recherche empirique, jusqu’à quel point nous pouvons ajuster notre écoute aux éléments du matériels qui surgissent avec leur propre force sans avoir au préalable préparé le filet théorique avec lequel nous les attraperons : autrement dit, pouvons‑nous créer un appareil théorique de recherche nous permettant de travailler avec les esquilles du matériel dans un état pré‑théorique ? c. La formation psychanalytique, à l’égal de tout processus de formation, tend à faire que ces formes de Gestaltisation deviennent automatiques ; donc, d’un côté l’attention flottante devient plus aiguë et de l’autre elle est limitée. Le problème est de savoir comment l’attention flottante peut rester ouverte à l’inattendu et l’incompréhensible. |
Rappelons premièrement le rêve que SERGUEI, l’homme aux loups, a fait quand il avait quatre ans : « C’est la nuit et je suis dans mon lit. Soudain la fenêtre s’ouvre seule et avec beaucoup de crainte je vois plusieurs loups blancs. Ils étaient six ou sept. Les loups étaient entièrement et ils semblaient plutôt être des renards ou des chiens bergers, parce qu’ils avaient de grandes queues comme les renards, et leurs oreilles étaient raides comme celles des chiens aux aguets. Pris d’une grande angoisse, évidemment d’être dévoré par les loups, je commence à crier et je me réveille. » Lié à ce rêve apparaît la phobie de l’image d’un loup que SERGUEI trouve représenté dans un livre de contes. FREUD travaille avec ce rêve en détail, recueillant les associations qui ont le caractère d’idées ou immotivées : « Ceci soudain le fait penser à… » ou « Une idée a subitement affleuré ». Ainsi surgissent des souvenirs de contes de l’enfance (Le Petit Chaperon Rouge, Les Sept Chevreaux), et le conte du loup auquel le tailleur a coupé la queue et qui voulait que les autres montent sur lui pour grimper à l’arbre où le tailleur avait cherché refuge, et aussi des souvenirs de bergerie qui racontent comment les brebis mouraient et comment les chiens les surveillaient. L’arbre lui rappelle l’arbre de Noël et sa rage quand il se sentait insatisfait par les cadeaux. Tout ceci, avec en plus les manifestations transférentielles (vouloir se cacher dans la caisse de l’horloge, comme les chevreaux), et ce que FREUD nous dit de lui‑même (ses surprises, ses hésitations, sa conviction) constituent le matériel enregistré. Comment FREUD voit‑il ce matériel, c’est‑à‑dire quels sont les aspects de ce matériel qui attirent son attention et qu’il retient comme significatifs ?
Pour répondre à cette question il faut tenir compte des éléments effectivement pris dans l’interprétation (dans le sens ample de LAPLANCHE et PONTALIS). Des loups dressés, des loups qui sont montés, des loups qui perdent leur queue, des chevreaux qui sont dévorés, etc. Ce sont les aspects triés du matériel que nous retrouvons dans les conclusions. Dans tous ces cas, la position du loup joue un rôle spécial : « Cette connexion (entre la scène primitive et l’histoire du loup) est donnée par la position, et uniquement par elle… » (mais si nous faisons attention à FREUD, nous observons qu’il fait ressortir les verbes : la position est seulement une indication de l’action de monter). Ces aspects retenus du matériel sont articulés avec la théorie. La première chose et la plus facilement visible est que ces aspects distillés sont ceux qui apparaissent à nouveau, reformulés de façon abstraite comme les termes élémentaires des hypothèses métapsychologiques. Voyons. La position dressée ou accroupie comme la « trace mnésique » d’une scène que « l’intensité du désir a pu rafraîchir… pour montrer l’aspect qu’avait la satisfaction sexuelle par le père… ce qui cette nuit‑là fut activé et émergea du chaos, des traces mnésiques inconscientes, fut l’image d’un coït entre les parents ». L’image des loups se substitue celle des parents. Nous pouvons comparer maintenant ces références avec la définition que donne FREUD de la représentation de chose dans l’Inconscient : elle « consiste dans l’Investissement, sinon de l’image mnésique directe de la chose, au moins des traces mnésiques plus distantes, dérivées d’elle ».
« Le père et la mère – les deux – devenaient des loups. En effet, la mère représentait le rôle du loup castré qui voulait que les autres montent sur lui et le père celui du loup qui montait ».
C’est « l’expression régressivement dégradée d’un tendre mouvement passif ».
C’est l’angoisse de castration, le « renoncement par l’angoisse de castration au désir d’être aimé par le père parce qu’il a compris qu’un lien de cette nature aurait comme prémisse qu’il sacrifie ses organes génitaux ».
Le rapport entre la façon de saisir le matériel et les hypothèses métapsychologiques est tout à fait évident. Nous trouvons aussi dans cette histoire clinique la forme approximative que les représentations de mot peuvent avoir dans le pré‑conscient, correspondantes à des représentations de chose. « Si je veux être satisfait par le père, il faut que j’accepte la castration comme celle subie par la mère, mais je ne le veux pas ». Nous trouvons le sujet du refoulement à partir de ce « je ne le veux pas » de même que l’accomplissement hallucinatoire du désir à partir de l’hallucination du doigts coupé, etc. Mais cette correspondance entre les aspects du matériel et les termes théoriques est déterminée par une articulation préalable, moins visible, sur laquelle Ricardo BERNARDI reviendra plus tard et qu’on peut décrire comme un « mode » de solution paradigmatique qui établit la façon de découper et d’assembler le matériel. Les exigences de cette solution paradigmatique sont le filtre qui détermine la sélection du matériel perçu.
FREUD parle de deux étapes de reconstruction. Dans le premier, il arrive à certains fragments de reconstruction qu’il ainsi : « Un épisode réel – d’une époque très précoce – regarder – immobilité – problèmes sexuels – castration – le père – quelque chose de terrifiant » Dans ces fragments de reconstruction, il y en a seulement deux (la castration et les problèmes sexuels) qui proviennent vraiment des associations du rêveur. En effet, le père apparaît comme élucidé sans qu’il soit indiqué comment (en réalité, FREUD l’introduit non à partir du rêve mais de la biographie) et les éléments restants sont tirés du rêve manifeste ou sont interprétés selon les règles de la Traumdeutung. O ne nous offre aucune association autour des deux éléments centraux sur lesquels l’interprétation s’appuiera (le regard et l’immobilité). Ceci attire notre attention, d’autant plus qu’il s’agit du patient qui, littéralement, a peint le rêve le plus regardé de l’histoire de la psychanalyse, et dont l’immobilité fixée ensemble avec FREUD n’a jamais pu être brisée même avec les mesures les plus coercitives. Mais si nous observons attentivement cette première sélection, nous voyons qu’en réalité elle est au service de la construction de la scène primitive vers laquelle le patient et l’analyste sont amenés comme par « force irrésistible ». L’analyse finale du rêve où les éléments de la Urszene s’entremêlent avec les souvenirs postérieurs dans une restructuration du temps vécu, fait une impression particulière. Si la première reconstruction avait un certain air arbitraire, cette impression est supprimée maintenant (au sens dialectique qui fonde par négation en même temps que réinstalle à un niveau supérieur) en face d’un produit qui a toutes les caractéristiques de ce qui est inédit et originel, caractéristiques propres à tout moment de découverte. Nous pouvons certainement nous demander ce que de cette construction on doit à SERGUEI, et ce qu’on doit à FREUD. Mais est‑il possible de trouver l’or pur de ce qui dans le matériel serait la trace apportée entièrement par le patient, libre du cuivre que l’analyste introduit comme processus de liaison pour permettre l’intelligibilité ? Nous nous sommes posé cette question bien des fois pendant cette recherche. Ajoutons ici que l’analyste ne peut éviter d’introduire ses fantasmes dans cette solution paradigmatique. Quand on pense à l’effet que ce rêve a eu sur FREUD, comment ne peut‑on pas associer cette fenêtre du rêve, où sur fond obscur apparaissent les images blanches des loups, avec la gorge d’IRMA où FREUD a découvert des taches blanches, dans le rêve inaugural de la psychanalyse ?
Tandis que FREUD, comme nous l’avons dit, privilégie la signification sexuelle de la position du loup, KLEIN, par contre, insiste essentiellement sur l’angoisse d’être dévoré. Dans une de ses premières œuvres, en comparent ses idées avec celles de FREUD, elle écrit : « Nous considérons la peur de l’enfant d’être dévoré par le loup non seulement comme un substitut par déplacement de l’idée d’être castré par son père, mais, et surtout, à l’anxiété liée à elle, » éclaircit M. KLEIN dans une note au bas de page. Tandis que FREUD se laissait conduire par les représentations, KLEIN, par contre, est guidée par le fil rouge de l’angoisse. D’autre part, cette peur d’être dévoré constitue en soi le souvenir qu’il faut retrouver ; « clarifiée par notre discussion préalable, l’idée [d’être dévoré] est vue […] comme une relique d’un stade très précoce du développement », ce qu’elle a souvent décrit comme « memories in feelings ». Si nous travaillons sur une histoire clinique de M. KLEIN, nous verrons ces « memories in feelings » ne sont pas cherchés dans une histoire qui doit se reconstruire mais dans le lien transférentiel dont les changements sont suivis minutieusement. Enfin, il faut indiquer que la relation d’Objet, c’est‑à‑dire l’angoisse et l’Objet, forment une unité et se développent dans une scène corporelle concrète. M. KLEIN parle du loup comme « l’animal‑anxiété », et elle voit en lui la projection d’un Objet partiel interne, le pénis du père chargé d’impulsions sadiques‑orales. Si M. KLEIN continuait l’analyse, la scène primaire qu’elle postule aurait un rapport avec le fantasme du pénis du père placé dans le corps de la mère, avec l’envie de cette gratification et avec le désir d’agression contre le contenu (pénis, bébés) de cet intérieur maternel. Il faudrait ajouter que l’analyse aurait suivi une autre direction si KLEIN avait prêté attention aux autres loups pour reconnaître les Objets dévorés, ou cachés dans la caisse de l’horloge du transfert. Donc le transfert et le contre‑transfert, et non l’histoire, sont le champ privilégié de l’observation.
Quand LACAN parle de l’histoire clinique de l’homme aux loups dans Fonction et Champ de la Parole et du Langage en Psychanalyse, il propose une anamnèse psychanalytique qui doit parler de la vérité et non de la réalité : ce que la scène primaire montre, ce sont les élaborations subjectives successives de l’événement aux différents moments où le Sujet se restructure. Nous avons ici une des perspectives qui guide la visualisation du matériel.
Pour étudier plus en détail la façon de percevoir de S. LECLAIRE, nous prendrons deux de ses œuvres, négligeant ce nous pourrions appeler les variations intrathéoriques qui peuvent exister entre les deux. Du loup dressé qui menace de dévorer, LECLAIRE retient seulement la bouche ouverte. Cette bouche ouverte, considérée non comme signifié mais comme signifiant, s’articule maintenant avec le fait d’ouvrir les yeux, les oreilles, avec le graphisme V qui se répète dans le matériel (V, W, M, etc.) : « l’attention flottante désigne cette sorte d’écoute plus aiguë quand il s’agit de saisir les phénomènes marginaux, les obstacles imprévus ou les ombres. » Ceci répond à une définition programmée. « Ecouter psychanalytiquement consiste à différencier les signifiants et à donner du privilège nécessairement à ceux qui ont une plus grande signification. » Comme si nous changions les effets d’illumination ou les filtres d’une lentille, les contenus sexuels ou agressifs qui pour FREUD ou KLEIN étaient les plus importants, maintenant s’estompent et d’autres éléments et d’autres articulations sont mises en relief. Quest‑ce qui détermine ce changement dans le Gestalt ? Il est intéressant de constater que cela provient du matériel : « Cette route (celle qui va du signifiant de l’ouverture à la déchirure) nous est indiquée autant par les associations du rêve […] que par l’analyse de FREUD ». Mais, selon notre perspective, il est évident qu’ici, nous trouvons un mélange entre ce qui provient du matériel et ce qui provient du paradigme, c’est‑à‑dire entre ce qui se trouve dans les dits du patient sous une forme qui n’est pas perceptible, et ce qui acquiert une visibilité moyennant une réorganisation gestaltique de la perception. Nous pourrions retrouver cette même mise au poins si nous prenions le travail de Nicolas ABRAHAM et de Maria TOROK dans Le Verbier de l’Homme aux Loups : moyennant un procédé méthodologique spécifique à partir des mots pris dans leurs différentes traductions, il est établi que les loups montrent leur référence à la braguette ouverte du père dans une scène de séduction de la sœur.
Dieu irlandais
Charpentier, forgeron, champion, harpiste, poète, magicien, chirurgien, échanson, graveur, etc. Nous tenons probablement là à un nom panceltique, car LUGUS qui est la forme ancienne a donné aussi bien LUGUVALOS (CARLISLE) que LUGDUNUM (LYON) et aussi LAON, LEIDEN en HOLLANDE et LEIGNITZ en SILESIE. L’importance de ce dieu panceltique est évidente. La grande fête de la moisson en IRLANDE s’appelait LUGHNASADH et que c’était à LYON que se réunissait le Conseil des GAULES.
aLiens
La lune apparaît comme la grande épiphanie dramatique du temps. Alors que le soleil reste semblable à lui‑même, sauf lors de rares éclipses, alors qu’il ne s’absente qu’un court laps de temps du paysage humain, la lune, elle, est un astre qui croît, décroît, disparaît, un astre capricieux qui semble soumis à la temporalité et à la mort.
La lune est liée aux menstrues, c’est ce qu’enseigne le folklore universel. En France, les menstrues s’appellent « le moment de la lune ». Chez les MAORI, la menstruation est la « maladie lunaire ». Très souvent, les déesses lunaires, DIANE, ARTEMIS, HECATE, ANAÏTIS, FREYJA ont des attributions gynécologiques.