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8 août 2003

PSYCHANALYSE NEVROSE D'ABANDON - D'ANGOISSE

a Différents types. 1

i Celle d’abandon (ODIER, GUEX) 1

ii Celle actuelle (FREUD) 2

iii Celle d’angoisse (FREUD) 2

a Distinguo. 2

Un Avec la neurasthénie. 2

Deux Avec l’hystérie. 2

b Symptomatologie. 3

Un L’excitabilité générale. 3

Deux L’attente anxieuse. 3

Trois Accès d’angoisse. 3

Quatre Le vertige. 4

Cinq Activité digestive. 4

Six Paresthésies. 4

c Eléments sur lesquels cela y débouche. 5

Un Accumulation d’excitation. 5

· Chez l’homme. 5

· Chez la femme. 6

Deux Phobie. 6

· Physiologies communes. 6

· Locomotion. 6

Trois Dysfonctionnement de la vie sexuelle. 6

· Chez les femmes. 7

i Angoisse virginale ou angoisse des adolescentes. 7

ii Angoisse des jeunes mariées. 7

iii Angoisse du fait du mari 7

iv Angoisse des veuves. 7

· Chez les hommes. 8

i Angoisse des hommes intentionnellement abstinents (1er groupe étiologique) 8

ii Excitation frustrée (2nd groupe étiologique) 8

iii Coït interrompu. 8

aDifférents types

iCelle d’abandon (ODIER, GUEX)

Terme introduit par des psychanalystes suisses (Charles ODIER et Germaine GUEX) pour désigner un tableau clinique où prédominent l’angoisse de l’abandon et le besoin de sécurité. Il s’agit d’une névrose dont l’étiologie serait préoedipienne. Elle ne correspondrait pas nécessairement à un abandon subi dans l’enfance. Les sujets présentant cette névrose sont nommés « abandonniques ».

Type de névrose que FREUD distingue des psychonévroses : l’origine des névroses actuelles n’est pas à chercher dans les conflits infantiles, mais dans le présent, les symptômes n’y sont pas une expression symbolique et surdéterminée, mais résultent directement de l’absence ou de l’inadéquation de la satisfaction sexuelle. Freud a inclus d’abord dans les névroses actuelles la névrose d’angoisse et la neurasthénie et a proposé ultérieurement d’y ranger l’hypocondrie.

Type de maladie que FREUD a isolé et différencié : du point de vue symptomatique, de la neurasthénie, par la prédominance de l’angoisse (attente anxieuse chronique, accès d’angoisse ou équivalents somatiques de celle-ci), du point de vue étiologique, de l’hystérie : la névrose d’angoisse est une névrose actuelle plus spécifiquement caractérisée par l’accumulation d’une excitation sexuelle directement en symptôme sans médiation psychique. Le tableau clinique de la névrose d’angoisse comprend les symptômes suivants.

Avec la neurasthénie, elle partage ce seul caractère fondamental que la source d’excitation, la cause déclenchante du trouble, se trouve dans le domaine somatique, et non pas comme dans l’hystérie et la névrose obsessionnelle, dans le domaine psychique. Pour le reste, on trouverait plutôt une sorte d’opposition entre les symptômes de la neurasthénie et ceux de la névrose d’angoisse, opposition qui pourrait s’exprimer schématiquement ainsi : accumulation d’excitation‑appauvrissement en excitation. Cette nature opposée n’empêche pas que les deux névroses puissent s’intriquer, mais elle se révèle en ceci que les formes les plus extrêmes de chacune sont aussi les formes les plus pures.

La névrose d’angoisse montre d’abord toute une série de concordances dans la symptomatologie. La survenue des manifestations comme symptômes durables ou par accès, les paresthésies groupées sur le mode d’une aura, les hyperesthésies et les points de pression qu’on retrouve dans certains succédanés de l’accès d’angoisse, dans la dyspnée et l’accès cardiaque, l’intensification (par conversion) de douleurs qui peuvent être organiquement justifiées : ces traits communs, et d’autres encore, permettent même de supposer que bien des choses qu’on attribue à l’hystérie pourraient être à plus juste titre mises au compte de la névrose d’angoisse. Si l’on entre dans le mécanisme des deux névroses, pour autant que celui‑ci s’est laissé pénétrer à ce jour, on arrive à des points de vue qui font positivement apparaître la névrose d’angoisse comme le pendant somatique de l’hystérie. Ici et là, accumulation d’excitation, une insuffisance psychique (à la suite de quoi se produisent des processus somatiques anormaux) survient à la place d’une élaboration psychique une dérivation de l’excitation dans le somatique (excitation sexuelle somatique) dans la névrose d’angoisse, tandis que, dans l’hystérie, elle est psychique (provoquée par conflit). Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’hystérie et la névrose d’angoisse se combinent régulièrement l’une à l’autre, comme dans l’angoisse virginale ou dans l’hystérie sexuelle, à ce que l’hystérie emprunte tout simplement un certain nombre de symptômes à la névrose d’angoisse, etc. Ces relations sont encore un nouvel argument pour exiger qu’on sépare la névrose d’angoisse de la neurasthénie. Si l’on refuse cette séparation, on ne peut plus maintenir non plus la distinction de la neurasthénie et de l’hystérie, qui a été acquise après tant d’efforts et qui est si indispensable pour la théorie des névroses.

C’est là un symptôme nerveux fréquent appartenant comme tel à de nombreux status nervosi. Dans la névrose d’angoisse, elle apparaît constamment et elle a une importance théorique. L’augmentation de l’excitabilité indique toujours une accumulation d’excitation ou une incapacité de supporter une accumulation, donc une accumulation d’excitation absolue ou relative. Une expression de cette excitabilité désigne une hyperesthésie auditive, une sensitivité excessive aux bruits, symptôme qui s’explique certainement par l’intime relation innée entre les impressions auditives et l’effroi. L’hyperesthésie auditive se retrouve souvent comme cause de l’insomnie dont plus d’une forme fait partie de la névrose d’angoisse.

Une femme qui souffre d’attente anxieuse pense chaque fois que son mari est enrhumé et tousse, a une pneumonie grippale et elle voit en esprit passer son cortège funèbre. Rentrant à la maison, elle voit devant sa porte deux personnes debout, et elle ne peut se défendre de la pensée qu’un de ses enfants est tombé par la fenêtre. Elle entend la cloche sonner, c’est qu’on lui apporte la nouvelle d’un deuil, etc. ; pourtant, dans tous les cas, il n’existe aucune circonstance particulière qui soit venue renforcer une simple possibilité. L’attente anxieuse trouve constamment un certain écho dans le normal. Elle englobe tout ce qu’on désigne communément comme anxiété, tendance à une conception pessimiste des choses, mais en chaque occasion elle dépasse cette anxiété plausible et fréquemment le malade lui‑même peut y reconnaître une espèce de compulsion. Pour une forme de l’attente anxieuse, celle qui est en rapport avec la santé du Sujet, on peut réserver la vieille dénomination nosographique d’hypocondrie. L’hypocondrie ne va pas toujours de pair avec l’intensité de l’attente anxieuse générale, elle nécessite comme condition préalable l’existence de paresthésies et de sensations corporelles pénibles, de sorte que l’hypocondrie est la forme préférée des neurasthéniques authentiques lorsqu’ils tombent dans la névrose d’angoisse, ce qui se produit fréquemment. Chez les Sujets affectés d’une sensibilité morale particulière, il y a tendance fréquente à l’angoisse de conscience, à la scrupulosité et à la maniaquerie, tendance qui elle aussi varie depuis le normal jusqu’à la forme extrême de la folie du doute.

Ou bien cet accès d’angoisse comporte uniquement le sentiment d’angoisse sans aucune représentation associée, ou bien il relie ce sentiment à l’interprétation la plus proche, anéantissement de la vie, attaque, menace de folie ; ou bien encore, une quelconque paresthésie se combine au sentiment d’angoisse (de la même façon que dans l’aura hystérique) ; ou bien enfin il s’associe à la sensation d’angoisse un trouble d’une ou plusieurs fonctions corporelles, respiration, activité cardiaque, innervation vasomotrice, activité glandulaire. Dans cette combinaison, le malade choisit particulièrement tantôt un facteur tantôt l’autre, se plaignant de spasmes cardiaques, étouffements, accès de transpiration, fringale, etc. ; dans sa description, le sentiment d’angoisse passe souvent tout à fait à l’arrière‑plan, ou bien est désigné de façon tout à fait méconnaissable comme inconfort, malaise, etc. Il y a des accès d’angoisse rudimentaires et des équivalents de l’accès d’angoisse qui vraisemblablement ont tous la même signification et présentent une grande richesse de formes, peu soulignées jusqu’à ce jour. La liste des formes d’accès d’angoisse peut être sous formes avec troubles de l’activité cardiaque, palpitations, avec arythmie transitoire, avec une tachycardie plus durable allant jusqu’à de sévères états de faiblesse cardiaque qui ne sont pas toujours faciles à distinguer d’une affection cardiaque organique ; pseudo‑angine de poitrine, domaine où le diagnostic est épineux. Il peut également y avoir des troubles de la respiration, diverses formes de dyspnée nerveuse, accès asthmatiformes. Même ces accès ne sont pas toujours accompagnés d’une angoisse reconnaissable. On peut constater des accès de sudation, souvent nocturnes, ou encore des accès de tremblements et de secousses corporelles qui ne sont que facilement confondus avec des accès hystériques, des accès de fringale souvent accompagnés de vertige, des diarrhées survenant comme des accès, des accès de vertige locomoteur, des accès de ce qu’on dénomme congestions, incluant pratiquement tout ce que l’on a nommé neurasthénie vasomotrice, des accès de paresthésies, le réveil nocturne dans l’effroi (pavor nocturnus des adultes) accompagné habituellement d’angoisse, de dyspnée et de sueurs, etc., n’est très fréquemment rien d’autre qu’une variété d’accès d’angoisse. Ce trouble est à l’origine d’une seconde forme d’insomnie, dans le cadre de la névrose d’angoisse. La teinte hystérique, la connexion de l’angoisse avec la reproduction d’un événement ou d’un rêve approprié font que le pavor nocturnus des enfants apparaît comme quelque chose de particulier. Mais il survient aussi dans une forme pure, sans rêve ni hallucination répétitive.

Il occupe dans l’ensemble des symptômes de la névrose d’angoisse une place éminente. Dans ses formes légères on le nomme plus justement étourdissement. Dans ses manifestations plus sévères, c’est l’accès de vertige, avec ou sans angoisse qui appartient aux symptômes les graves de la névrose. Le vertige de la névrose d’angoisse n’est pas un vertige rotatoire et ne privilégie pas, comme le vertige de MENIERE certains plans ou certaines directions. Il appartient aux vertiges locomoteurs ou coordinatoires, comme le vertige de la paralysie oculaire. Il consiste en un état de malaise spécifique accompagné des sensations que le sol flotte que les jambes se dérobent qu’il est impossible de se tenir debout. Les jambes sont lourdes comme du plomb et tremblent, les genoux se plient. Ce vertige n’aboutit jamais à une chute. Par contre, un accès de vertige de ce type peut aussi être remplacé par un accès d’évanouissement profond. d’autres sortes d’évanouissement semblent dépendre dans la névrose d’angoisse d’un collapsus cardiaque. Il n’est pas rare que l’accès de vertige soit accompagné de la pire sorte d’angoisse et il est combiné fréquemment avec des troubles cardiaques et respiratoires. Dans la névrose d’angoisse on rencontre fréquemment aussi le vertige des hauteurs, le vertige de la montagne et du précipice, si bien que on est autorisé à admettre en outre un vertigo a stomacho laeso.

Elle ne connaît dans la névrose d’angoisse que peu de perturbations, mais celles‑ci sont caractéristiques. Des sensations comme l’envie de vomir et les nausées ne sont pas rares. Le symptôme de la fringale peut, à lui seul ou accompagné d’autres symptômes (congestions) représenter un accès d’angoisse rudimentaire, une tendance à la diarrhée, occasion des plus étranges erreurs de diagnostic est une modification chronique analogue à l’attente anxieuse. Le mode de fonctionnement gastro‑intestinal dans la névrose d’angoisse offre un contraste net avec les modifications de la même fonction dans la neurasthénie. Des cas mixtes présentent souvent la familière alternance de diarrhée et de constipation. Analogue à cette diarrhée est l’envie impérieuse d’uriner de la névrose d’angoisse.

Elles peuvent accompagner l’accès de vertige. Elles associent en une série définie tout comme les sensations de l’aura hystérique. Cependant, en opposition avec l’hystérie, ces sensations associées sont atypiques et changeantes. Une autre similitude avec l’hystérie vient du fait que, dans la nécrose d’angoisse, il se produit une sorte de conversion sur des sensations corporelles qui échappent aisément à l’observation, par exemple sur les muscles rhumatisants. Un bon nombre se soi‑disant rhumatisants, dont on peut d’ailleurs montrer qu’ils le sont aussi, souffrent en réalité de névrose d’angoisse. A côté de cette augmentation de la sensibilité douloureuse, il est observable dans un certain nombre de cas de névrose d’angoisse une tendance aux hallucinations, celles‑ci ne se laissant pas interpréter comme hystériques.

La psyché tombe dans l’affect d’angoisse lorsqu’elle se sent incapable de liquider par la réaction correspondante une tâche provenant de l’extérieur (danger) ; elle tombe dans la névrose d’angoisse lorsqu’elle se voit incapable de régler l’excitation d’origine endogène (sexuelle). Elle se comporte donc comme si elle projetait cette excitation vers l’extérieur. L’affect et la névrose qui lui correspond sont dans une étroite relation, le premier est la réaction à une excitation exogène, la seconde la réaction à l’excitation endogène analogue. L’affect est un état passager, la névrose un état chronique parce que l’excitation exogène agit comme un impact unique et l’excitation endogène comme une force constante. Le système nerveux réagit dans la névrose contre une source d’excitation interne comme il le fait, dans l’affect correspondant, contre une source externe.

L’angoisse qui est à la base des manifestations de la névrose n’admet aucune dérivation d’origine psychique. Celle‑ci existerait si on trouvait comme fondement de la névrose d’angoisse un effroi justifié, unique ou répété qui depuis lors fournirait la source de la propension à l’angoisse. Cela n’est pas le cas. Un effroi unique peut bien provoquer une hystérie ou une névrose traumatique, mais jamais une névrose d’angoisse. Etant donné que, parmi les causes de la névrose d’angoisse, le coït interrompu occupe une place si prééminente, la source de l’angoisse continue peut se trouver dans la crainte, répétée à chaque acte sexuel, que la technique échoue et que la conception se produise. Mais encore, le coït interrompu est sans importance chez la femme ou l’homme pour la survenue de la névrose d’angoisse. Les femmes qui au fond sont indifférentes aux conséquences d’une conception possible sont tout aussi exposées à la névrose que celle qui tremblent devant cette possibilité. Le seul point important est de savoir quel partenaire a sacrifié sa satisfaction dans cette technique sexuelle. Dans quantité de cas, la névrose d’angoisse s’accompagne de la diminution la plus claire de la libido sexuelle, du plaisir psychique, si bien que les malades, lorsqu’on leur déclare que leur souffrance provient d’une satisfaction insuffisante, répondent régulièrement : c’est impossible puisque maintenant, justement, tout besoin s’est éteint. Toutes ces indications, il s’agit d’une accumulation d’excitation, l’angoisse qui correspond vraisemblablement à cette excitation accumulée est d’origine somatique. De plus cette excitation somatique est de nature sexuelle, et une diminution de la participation psychique aux processus sexuels va de pair avec elle. Le mécanisme de la névrose d’angoisse est à rechercher dans la dérivation de l’excitation sexuelle somatique à distance du psychisme et dans une utilisation anormale de cette excitation qui en est la conséquence.

Dans l’organisme masculin sexuellement adulte, est produite l’excitation sexuelle somatique qui périodiquement se transforme en un stimulus pour la vie psychique. Cette excitation sexuelle somatique se manifeste sous forme d’une pression exercée sur les terminaisons nerveuses de la paroi des vésicules séminales, si bien que cette excitation viscérale augmentera certes de façon continue, mais ne sera capable qu’à partir d’un certain niveau de vaincre la résistance interposée par les conductions nerveuses jusqu’à l’écorce cérébrale, et de se manifester comme excitation psychique. Alors, le groupe des représentations sexuelles présent dans la psyché se trouve approvisionné en énergie, et il se produit l’état psychique de tension libidinale, accompagné de la poussée tendant à supprimer cette tension. Une telle décharge psychique n’est possible que par la voie nommée action spécifique ou adéquate. Cette action adéquate, pour la pulsion sexuelle de l’homme, consiste d’une part en un acte réflexe spinal compliqué qui a pour conséquence de décharger ces terminaisons nerveuses, et d’autre part dans tous les préparatifs psychiques qui doivent être mis en œuvre pour le déclenchement de ce réflexe. Toute autre chose que l’action adéquate ne servirait de rien, car l’excitation sexuelle somatique, une fois qu’elle a atteint la valeur du seuil, se transforme continuellement en excitation psychique. Il faut absolument que se produise l’action qui libère les terminaisons nerveuses de la pression qui pèse sur elles, supprimant ainsi toute l’excitation somatique existante, et permettant à la voie de conduction subcorticale de rétablir sa résistance.

Le schéma de l’homme peut pour l’essentiel être transféré aussi à la femme, malgré toute l’atrophie et tout le retard artificiels de la pulsion sexuelle féminine, qui viennent compliquer le problème. Chez la femme aussi, il faut admettre l’existence d’une excitation sexuelle somatique, un état dans lequel cette excitation devient stimulus psychique, libido, provoquant la poussée à l’action spécifique, action à laquelle est attaché le sentiment de jouissance. Mais chez la femme on n’est pas en mesure d’indiquer ce qui pourrait être analogue au relâchement de tension des vésicules séminales.

Sur la base d’une part de l’anxiété chronique, d’autre part de la tendance aux accès d’angoisse vertigineuse, il se développe deux groupes de phobies typiques, le premier en rapport avec les menaces physiologiques communes, l’autre ayant trait à la locomotion.

Au premier groupe appartiennent l’angoisse des serpents, des orages, de l’obscurité, des araignées, etc., l’hyperscrupulosité morale typique et des formes de la folie du doute ; ici, l’angoisse disponible est simplement utilisée pour renforcer des répulsions qui sont instinctivement implantées en tout être humain. Habituellement, il se forme une phobie se manifestant sur le mode obsessionnel, mais seulement lorsque vient s’ajouter la réminiscence d’un événement au cours duquel cette angoisse a pu se manifester, par exemple après que le malade a assisté à un orage en plain air. On fait erreur en voulant expliquer de tels cas simplement comme persistance d’impressions fortes. Ce qui rend ces événements importants, et leur souvenir durable, c’est seulement l’angoisse qui a pu se manifester alors, et qui peut de même se manifester aujourd’hui. En d’autres termes, de telles impressions ne gardent leur pouvoir que chez des personnes où l’on trouve l’attente anxieuse.

L’autre groupe comprend l’agoraphobie et toutes ses formes annexes, dont la caractéristique d’ensemble est la relation à la locomotion. Icic, un accès d’angoisse préalable se retrouve fréquemment comme fondement de la phobie. On observe parfois qu’après un premier accès de vertige sans angoisse, la locomotion va s’accompagner constamment de la sensation de vertige mais demeurer pourtant possible sans limitation, mais, une fois que l’angoisse s’est associée à un accès de vertige, la locomotion se refuse dans des conditions telles que la solitude, les rues étroites, etc. La relation de ces phobies aux phobies de la névrose obsessionnelle est la suivante. Ce qui est commun aux deux cas, c’est qu’une représentation devient obsédante par sa connexion avec un affect disponible. Le mécanisme de la transposition de l’affect vaut donc pour les deux sortes de phobies. Mais dans les phobies de la névrose d’angoisse, cet affect est monotone, toujours celui de l’angoisse. Et, il ne provient pas d’une représentation refoulée mais l’analyse psychologique montre qu’il n’est pas réductible plus avant, de même qu’il n’est pas non plus attaqué par la psychothérapie. Le mécanisme de la substitution ne vaut donc pas pour les phobies de la névrose d’angoisse.

Les neurasthéniques par suite de masturbation tombent dans la névrose d’angoisse aussitôt qu’ils abandonnent leur type de satisfaction sexuelle. Ces personnes se sont rendues particulièrement incapables de supporter l’abstinence. Chez les neurasthéniques qui ont déjà gravement endommagé leur puissance par la masturbation, la névrose d’angoisse, dans le cas de l’abstinence, est tout à fait minime, et se limite la plupart du temps à de l’hypocondrie et à un léger vertige chronique. Les femmes, en vérité, doivent être considérées dans leur majorité comme puissantes. Une femme véritablement impuissante c’est‑à‑dire véritablement anesthésique est, de la même façon, peu accessible à la névrose d’angoisse et supporte remarquablement bien les nuisances. La tendance à l’angoisse des masturbateurs devenus neurasthéniques s’explique par le fait que ces personnes passent facilement à l’état de l’abstinence après s’être si longtemps habitués à décharger chaque petite quantité d’excitation somatique, aussi déviante que soit une telle décharge.

iAngoisse virginale ou angoisse des adolescentes

Une première rencontre avec le problème sexuel, une révélation plus ou moins soudaine de ce qui a été violé jusqu’alors (spectacle d’un acte sexuel, par exemple) peuvent provoquer chez des jeunes filles en voie de maturation une névrose d’angoisse. Celle‑ci est combinée de façon presque typique avec une hystérie.

iiAngoisse des jeunes mariées

Des jeunes femmes qui sont restées anesthésiques pendant les premiers rapports, soient atteintes d’une névrose d’angoisse qui disparaît à nouveau une fois que l’anesthésie a fait place à une sensibilité normale. Mais comme la plupart des jeunes femmes ne tombent pas malades malgré une telle anesthésie des débuts, il faut, pour que survienne cette angoisse, que s’ajoutent d’autres conditions.

iiiAngoisse du fait du mari

Angoisse des femmes dont les maries souffrent d’éjaculation précoce (ejaculatio praecox, coïtus interruptus, congessus reservatus). Pour un acte psychiquement insatisfaisant, la libido disparaît progressivement, tandis que l’excitation qui a alors été éveillée est dissipée de façon subcorticale. L’établissement d’un divorce entre le somatique et le psychique dans le cours de l’excitation sexuelle se produit plus rapidement et est plus difficile à supprimer chez la femme que chez l’homme. On peut également désigner le mari d’une puissance sexuelle très diminuée et les maris pratiquent le coït interrompu ou réservé. Ces cas vont ensemble car on peut facilement se convaincre, par l’analyse d’un grand nombre d’exemples, que le seul point important est de savoir si la femme parvient ou non à la satisfaction dans le coït. Dans le cas négatif, la condition est donnée pour que survienne la névrose d’angoisse. Par contre la femme est épargnée par la névrose lorsque l’homme atteint d’éjaculation précoce est capable aussitôt de répéter le rapport avec un meilleur résultat. Le rapport réservé, au moyen d’un préservatif, ne comporte aucune nuisance pour la femme lorsqu’elle est très rapidement excitable et que l’homme est très puissant. Dans le cas contraire, cette sorte de précaution n’est pas moins nuisible que les autres. Le coït interrompu est presque régulièrement une nuisance. Mais, pour la femme, il n’en est une que si l’homme le pratique sans égards, c’est‑à‑dire interrompt le coït aussitôt qu’il est proche de l’éjaculation, sans se soucier du déroulement de l’excitation chez la femme. Au contraire, si l’homme attend la satisfaction de la femme, le coït a pour celle‑ci la signification d’un rapport normal. Mais c’est alors l’homme qui est atteint de névrose d’angoisse. Lorsque manquent les signes locaux d’une telle excitation (sensation spontanée d’excitation, l’envie d’uriner, etc.), l’angoisse elle aussi est absente.

ivAngoisse des veuves 

Il n’est pas rare de trouver combinée, de façon typique, avec des obsessions. On peut également y regrouper les femmes intentionnellement abstinentes et encore les femmes durant l’âge critique, lors de la dernière grande augmentation du besoin sexuel. Dans le cas de l’abstinence volontaire, il faut certainement ajouter ce refoulement intentionnel du cercle des représentations sexuelles auquel la femme abstinente, dans son combat contre la tentation, doit souvent se résoudre. La même action peut provenir à l’époque de la ménopause, de l’horreur ressentie par une femme vieillissante à l’égard d’une libido devenue trop grande.

iAngoisse des hommes intentionnellement abstinents (1er groupe étiologique)

Les motifs qui sont déterminants pour cette abstinence intentionnelle impliquent qu’un bon nombre de Sujets héréditairement prédisposés, excentriques, etc., entrent dans cette catégorie. C’est le premier facteur étiologique. L’abstinence consiste dans le refus de l’action spécifique qui d’habitude résulte de la libido. Un tel refus pourra avoir deux conséquences : l’excitation somatique s’accumule, et, immédiatement, elle est dérivée sur d’autres voies où s’offre une meilleure possibilité de décharge que pas la voie du psychisme. Finalement donc, la libido déclinera et l’excitation se manifestera de façon subcorticale, comme angoisse. Quand la libido n’est pas diminuée, ou quand l’excitation somatique est dissipée, par court‑circuit, dans des pollutions, ou quand cette excitation, à force d’être repoussée, est véritablement tarie, alors il se produit toutes sortes d’autres choses que la névrose d’angoisse. C’est de cette façon que l’abstinence mène à la névrose d’angoisse. Mais l’abstinence est aussi l’élément actif dans le second groupe étiologique, celui de l’excitation frustrée.

iiExcitation frustrée (2nd groupe étiologique)

Ils se contentent de toucher ou de regarder la femme. Ce groupe de conditions donnent les cas les plus purs de la névrose.

iiiCoït interrompu

Le coït interrompu est nuisible pour la femme lorsqu’il est pratiqué sans considération pour sa satisfaction. Mais il devient nuisible pour l’homme lorsque celui‑ci, pour atteindre la satisfaction de la femme, dirige volontairement le coït et retarde l’éjaculation. On peut ainsi comprendre que, dans un couple qui pratique le coït interrompu, seul un des partenaires tombe habituellement malade. Chez les hommes, d’ailleurs, le coït interrompu ne provoque que rarement une pure névrose d’angoisse, mais la plupart du temps un alliage de celle‑ci avec la neurasthénie.

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