PSYCHANALYSE NEVROSE ANXIEUSE - NARCISSIQUE
iii Dite créatrice (ELLENBERGER) 1
v Dite ou syndrome d’échec (LAFORGUE) 2
On y incluse les phobies. La névrose anxieuse est d’origine sexuelle et elle ne se rattache pas à des idées tirées de la vie sexuelle. Elle n’a pas de mécanisme psychique, à vrai dire. Son étiologie spécifique est l’accumulation de la tension génésique, provoquée par l’abstinence ou l’irritation génésique fruste (pour donner une formule générale pour l’effet du coït interrompu, de l’impuissance relative du mari, des excitations sans satisfaction des fiancés, de l’abstinence forcée, etc.). C’est dans de telles conditions extrêmement fréquentes, principalement pour la femme dans la société actuelle que se développe la névrose anxieuse, de laquelle les phobies sont une manifestation psychique.
Type de névrose où le conflit défensif ne se traduit pas par la formation de symptômes nettement isolables, mais par des traits de caractère, des modes de comportement, voire une organisation pathologique de l’ensemble de la personnalité.
De la cure centrée sur le Sujet découlait la névrose de transfert au sens FREUDIEN, de celle centrée sur le médecine dérivait l’analyse didactique. Celle‑ci héritait en effet de la maladie initiatique conférant au chaman son pouvoir de guérison puis de la névrose créatrice telle que l’avaient vécue, à la fin du 19ème siècle, les pionniers de la découverte de l’inconscient : Pierre JANET, Sigmund FREUD, Carl Gustav JUNG, Alfred ADLER. Dans cette perspective, la première grande tentative d’intégrer la recherche de l’inconscient à son utilisation thérapeutique commençait avec les expériences de Franz Anton MESMER, initiateur de la première psychiatrie dynamique.
Désigne une forme d’existence caractérisée par le retour périodique d’enchaînements identiques d’événements, généralement malheureux, enchaînements auxquels le sujet paraît être soumis comme à une fatalité extérieure alors qu’il convient, selon la psychanalyse, d’en chercher les ressorts dans l’inconscient et spécifiquement dans la compulsion de répétition.
Terme introduit par René LAFORGUE et dont l’acception est très large : il désigne la structure psychologique de toute une gamme de Sujets depuis ceux qui paraissent, de façon générale, être les artisans de leur propre malheur jusqu’à ceux qui ne peuvent supporter d’obtenir précisément ce qu’ils paraissent désirer le plus ardemment. Elle est rattachée à la compulsion de répétition.
Terme employé pour désigner le fait que, dans une famille donnée, les névroses individuelles se complètent, se conditionnent réciproquement, et pour mettre en évidence l’influence pathogène que peut exercer sur les enfants la structure familiale, principalement celle du couple parental. CHARCOT soutient cette thèse. Pour le petit enfant, les parents son d’abord l’unique autorité et la source de toute croyance. Devenir semblable à eux, c’est‑à‑dire à l’élément du même sexe, devenir grand comme père et mère, c’est le désir le plus intense et le plus lourd de conséquences de ces années d’enfance. Mais, avec les progrès du développement intellectuel, il ne peut manquer de se produire que l’enfant apprenne peu à peu à connaître les catégories auxquelles appartiennent ses parents. Ils fait la connaissance d’autres parents, les compare aux siens et acquiert ainsi le droit de douter du caractère incomparable et unique qu’il leur avait attribué. Ce qui annonce, le fait que FREUD et d’autres remettent en question la névrose dite familiale. Dans cette évolution où le Sujet a commencé à devenir étranger à ses parents, le stade ultérieur peut être désigné du terme de romans familiaux des névrosés. Ce stade rarement remémoré consciemment doit presque toujours être mis en évidence par la psychanalyse. Une activité fantasmatique particulièrement importante est en effet inhérente à la nature de la névrose ainsi qu’à celle de toute personnalité supérieurement douée. Cette activité se manifeste tout d’abord dans les jeux de l’enfance, pour s’emparer ensuite, à partir environ de l’époque prépubertaire, du thème des relations familiales.
FREUD pense qu’on a accepté comme donnant lieu à la charge de tare nerveuse héréditaire pour le malade en question toutes les affections nerveuses trouvées dans sa famille sans en compter la fréquence et la gravité. Il pense que l’opinion psychanalytique sur le rôle étiologique de l’hérédité dans les maladies nerveuses doit être le résultat d’un examen impartial statistique et non pas d’une petitio principii. Tant que cet examen n’a pas été établi, il n’est pas possible de croire l’existence des névropathies acquises de celle des névropathies héréditaires. Mais s’il peut y avoir des névropathies acquises par des hommes non prédisposés, on ne pourra plus nier que les affections nerveuses chez les parents du Sujet ne soient en partie de cette origine.
Il a effectué une étude sur la neurasthénie. Il y indique que si la neurasthénie se bornait aux gens prédisposés, elle n’aurait jamais gagné l’importance et l’étendue que nous lui connaissons.
Ils ont étudié le rôle étiologique de la syphilis dans le tabes dorsal et la paralysie progressive. Ils ont appris qu’il faut reconnaître des influences étiologiques puissantes dont la collaboration est indispensable pour la pathogénie de certaines maladies, que l’hérédité à elle seule ne saurait produire.
La névrose de guerre n’est pas en soi une entité clinique. Elle relève de la catégorie de la névrose traumatique définie en 1889 par Hermann OPPENHEIM (1858‑1919) qui la décrit comme une affection consécutive à un traumatisme réel provoquant une altération physique des centres nerveux, elle‑même accompagnée de symptômes psychiques : dépression, hypocondrie, angoisse, délire, etc. On sait l’usage que FREUD fit de cette névrose dans sa discussion de l’étiologie de l’hystérie à partir de la doctrine fonctionnaliste de Jean Martin CHARCOT : la notion de trauma fut alors transposée du domaine physique et organique au plan psychique pour ouvrir sur une nouvelle conception de la névrose, fondée d’abord sur la théorie de la séduction puis sur celle du conflit défensif. La névrose devenait ainsi une affection purement psychique, rendant caduque la notion de simulateur, aussi bien pour les adeptes de l’organicisme que pour les partisans du fonctionnalisme ou de la causalité psychique. Avec la Première Guerre mondiale, l’interminable débat sur l’origine traumatique de la névrose reprit ses droits. Les psychiatres de tous bords furent en effet sollicités par les hiérarchies militaires qui cherchaient à démasquer les simulateurs soupçonnés, comme autrefois les hystériques, d’être de faux malades, donc des menteurs, des déserteurs, de mauvais patriotes. C’est dans ce contexte qu’eut lieu à VIENNE en 1920, à l’occasion d’une polémique retentissante, le premier grand débat sur le statut de la névrose de guerre. La puissance des HABSBOURG s’était effondrée, et l’Autriche, comme le souligne Stefan ZWEIG, n’était plus sur la carte de l’EUROPE qu’une « lueur crépusculaire, une ombre grise incertaine et sans vie de l’ancienne monarchie impériale ». L’affaire qui sera entièrement exhumée par Kurt EISSLER commença par une plainte portée par le lieutenant Walter KAUDERS contre le psychiatre Julius WAGNER‑JAUREGG accusé d’avoir utilisé un traitement à l’électricité pour soigner des soldats atteints de névrose de guerre et considérés de fait comme des simulateurs. FREUD fut alors convoqué en tant qu’expert devant une commission d’enquête pour donner son avis sur l’éventuelle forfaiture de WAGNER‑JAUREGG. Dans son rapport, il se montra très modéré à l’égard du psychiatre, mais en revanche critiqua très violemment non seulement la méthode électrique mais aussi l’éthique médicale de ceux qui l’utilisaient. Il rappela que le devoir du médecin est toujours et partout de se mettre au service du Sujet et non d’une quelconque puissance étatique ou guerrière, et il stigmatisa la notion de simulation, inapte à toute définition de la névrose, qu’elle soit d’origine traumatique ou psychique :
« Tous les névrosés sont des simulateurs, dit‑il, ils simulent sans le savoir et c’est leur maladie. »
L’implantation progressive de la psychanalyse dans les différents pays occidentaux transforma le regard psychiatrique sur la question de la névrose de guerre, et c’est en Grande‑Bretagne, pendant la Deuxième Guerre mondiale, que se développa une réflexion autour des thèses de John RICKMAN et de Wilfred Ruprecht BION tandis qu’en Allemagne plusieurs psychanalystes participèrent, sous la houlette de Matthias Heinrich GÖRING, à l’élaboration d’une psychothérapie de guerre au service du national‑socialisme. Historiquement, la question de la névrose de guerre est aussi ancienne que la guerre elle‑même. L’idée que les tragédies sanglantes de l’Histoire puissent induire chez des Sujets normaux des modifications de l’âme ou du comportement remonte à la nuit des temps. Tous les travaux du 20ème siècle sur les traumatismes liés à la guerre, à la torture, à l’enfermement ou aux situations extrêmes confirment l’avancée FREUDIENNE : ces traumatismes sont à la fois spécifiques d’une situation donnée et révélateurs pour chaque Individu d’une histoire qui lui est propre. Autrement dit, les périodes dites de troubles favorisent moins l’éclosion de la folie ou de la névrose que l’épuisement de leurs symptômes reconvertis en un trauma. Ainsi le suicide explicite, la mélancolie sont‑ils moins fréquents lorsque la guerre autorise un héroïsme de la mort, et les névroses d’autant plus nombreuses et manifestes que la société dans laquelle elles s’expriment donne toutes les apparences de la stabilité. CHARCOT théâtralise l’hystérie quinze ans après la Commune de PARIS, au moment où le calme républicain semble avoir triomphé des convulsions révolutionnaires, et FREUD identifie les causes sexuelles de la névrose en renonçant au trauma réel, au sein d’une société apparemment plongée dans la quiétude immobile de son rêve bourgeois.
Elle est un épisode régulier du développement, bien qu’on leur accorde encore trop peu d’attention. Chez aucun adulte névrosé on ne saurait manquer de trouver les signes de la névrose infantile, mais il s’en faut de beaucoup que réciproquement tous les enfants chez qui on trouve ces signes deviennent plus tard des névrosés. Il est extrêmement fréquent d’observer un cérémonial pendant la période de latence et seul un très faible pourcentage de ces cas se développe plus tard en véritable névrose obsessionnelle.
Forme de névrose caractérisée par la coexistence de symptômes relevant, selon FREUD, de névroses étiologiquement distinctes. Lorsqu’on rencontre une névrose mixte, on peut mettre en évidence une intrication de plusieurs étiologies spécifiques. La multiplicité des facteurs étiologiques qui conditionnent une névrose mixte peut être purement le fait du hasard, comme lorsqu’une nuisance nouvelle vient ajouter son action à celle d’une autre déjà présente. Par exemple, une femme, hystérique depuis toujours, se met à pratiquer, à un certain moment de son mariage, le coït réservé, ajoutant alors une névrose d’angoisse à son hystérie. Un homme qui s’était jusqu’alors masturbé et était devenu neurasthénique se fiance, s’excite auprès de sa fiancée, et voilà que s’associe à la neurasthénie une toute nouvelle névrose d’angoisse. Dans d’autres cas, la multiplicité des facteurs étiologiques n’est pas accidentelle, c’est l’un de ceux‑ci qui a mis l’autre en action. Par exemple, une femme dont le mari pratique le coït réservé sans considération pour la satisfaction de son épouse, se sent contrainte, après cet acte, à mettre fin à l’excitation pénible par une masturbation ; à la suite de quoi, elle ne présente pas une pure névrose d’angoisse mais aussi des symptômes de neurasthénie. Une deuxième femme, soumise à la même nuisance, aura à combattre des images lubriques dont elle veut se défendre de sorte que, par le coït interrompu, elle fera des obsessions en plus de la névrose d’angoisse. Une troisième femme, par suite du coït interrompu, perdra son attachement pour son mari, contractera un autre attachement qu’elle maintient soigneusement secret, à la suite de quoi elle présentera un mélange de névrose d’angoisse et d’hystérie. Dans une troisième catégorie de névroses mixtes, l’interrelation des symptômes est encore plus intime puisque c’est la même condition étiologique qui, régulièrement et simultanément, provoque les deux névroses. Ainsi par exemple les explications sexuelles subitement reçues, que nous retrouvons dans l’angoisse virginale, provoquent toujours en même temps de l’hystérie. La grande majorité des cas d’abstinence intentionnelle sont reliés dès le début à d’authentiques obsessions. Le coït interrompu de l’homme semble ne pouvoir jamais provoquer une pure névrose d’angoisse, mais toujours une intrication de celle‑ci avec la neurasthénie, etc. Il ressort de ces considérations qu’on doit distinguer des facteurs étiologiques spécifiques des névroses, les conditions étiologiques d’apparition.
Terme qui tend à s’effacer aujourd’hui de l’usage psychiatrique et psychanalytique mais qu’on trouve dans les écrits de FREUD pour désigner une maladie mentale caractérisée par le retrait de la libido sur le Moi. Elle s’oppose ainsi aux névroses de transfert. Au point de vue nosographique, le groupe des névroses narcissiques recouvre l’ensemble des psychoses fonctionnelles (dont les symptômes ne sont pas les effets d’un lésion somatique).