PSYCHANALYSE REICH - RENVERSEMENT D'UNE PULSION
Chapitre 2 REJETON de l’inconscient : 3
Chapitre 3 RELATION d’objet : 3
a Le renard et la cigogne (livre I) 4
Chapitre 7 RENVERSEMENT (d’une pulsion) dans le contraire : 5
REICH procède à l’analogie entre masse et Individu, sans tenir compte des classes sociales et en assimilant les deux lignes de conflit : entre classes, d’une part, entre Individu et masse, d’autre part. les deux hommes que nous prenons comme porteurs des théories freudo‑marxistes, REICH et MARCUSE, sont, comme le dirait BERTOLT BRECHT, de « sculpteurs d’images du monde » ; FREUD aussi, pour la part mythologique et philosophique de son œuvre. Mais FREUD ne se réclamait pas de la classe ouvrière ; alors qu’au contraire les amateurs de freudo‑marxisme veulent libérer le prolétariat. Pour eux, cette phrase de BRECHT complète la définition : « Que ces sculpteurs d’image du monde se recommandent du prolétariat n’est qu’une gentillesse consentie à la clientèle. » (Ecrits sur la politique et la société). Wilhem REICH entre en 1920 dans la Société psychanalytique de VIENNE, et en 1927 au Secours ouvrier. En 1929, il fonde une société socialiste de conseil sexuel et de sexologie, en 1931 l’association Sexpol, association allemande pour une politique sexuelle prolétarienne. Plus tard, émigré aux Etats-Unis, il critique violemment le socialisme et entame une seconde carrière idéologique, fondée sur des présupposés biologistes. Il découvre l’énergie sexuelle, qu’il appelle orgone. Il fonde un institut de traitement et tombe sous le coup des lois des USA, où il meurt, emprisonné de façon à la fois dérisoire et pitoyable, au pénitencier de LEWISBURG, en PENNSYLVANIE, victime de poursuites judiciaires contre ses activités para‑médicales. Ses principaux textes théoriques datent des années 30 : La Psychologie de masse du fascisme (1934). Les reichiens ont pour habitude de justifier la théorie de REICH en posant une coupure entre sa partie européenne et militante, et sa partie américaine et invenive. On admet qu’à cette époque, une certaine tendance à un délire mégalomane et persécutrice s’est emparé de lui ? mais il semble que c’est un artifice insoutenable, outre qu’il est contradictoire pour des penseurs qui se veulent marxistes et freudiens, de refuser de prendre en compte la totalité des productions écrites du même Sujet, REICH n’a pas changé sur le plan théorique. S’il a inventé un vocabulaire nouveau, celui de l’orgonomie, science naturelle de l’énergie d’orgone cosmique, qui fait bien des dernières années, les idées, l’orientation et surtout les confusions de concepts se trouvent déjà dans les premiers ouvrages, prêtes à engendrer par la suite la mystique cosmique de l’orgone. Il faut lire REICH dans sa totalité pour comprendre à quel poins il est d’un bout à l’autre cohérent avec son délire. Délire comme la fabrication individuelle, totalement singulière et ne pouvant être entendue qu’à force de compromissions. D’autres, et cela semble plus logique, voient dans REICH celui qui s’est fait exclure de deux organisations : preuve de l’authenticité de son tempérament révolutionnaire, ou vérification par exemple de ses idées, trop avancées pour les deux associations qui l’exclurent en effet : l »Association Internationale de Psychanalyse et le P.C. allemand. Placer REICH dans la foulée de l’anarchisme individualiste est entièrement justifié : c’est son vrai domaine, tout à fait spécifique, mais sans aucune mesure ni avec le marxisme ni avec la psychanalyse. Qu’on en juge sur les premiers textes pour lever toute ambiguïté. La Psychologie de masse du fascisme, dont on comprend qu’elle ait pu fasciner ceux qui cherchaient à comprendre la diffusion psychologique de l’idéologie nazie, repose sur une double méthode : la sociologie de MARX et la psychologie de FREUD. L’une et l’autre conjointes forment la science de la sociologie de l’économie sexuelle, qui cherche à expliquer les mécanismes de lé répression de la sexualité par la société et ceux du refoulement par l’Individu, qui réprime lui‑même. C’est l’institution sociale centrale, c’est‑à‑dire la famille, qui assure la transmission des consignes répressives et économiques de la société. En particulier, elle transmet la peur de la liberté et une mentalité réactionnaire. L’idée de REICH qui suit logiquement ces prémices, c’est de désenchaîner les énergies psychiques et de les canaliser vers les buts rationnels du mouvement de libération.
« Le problème pratique de la psychologie de masse est donc l’activation de la majorité passive de la population, toujours disposée à voler au secours de la victoire de la réaction politique, ainsi que la suppression des inhibitions qui contrecarrent la genèse de la volonté de liberté née de la situation socio‑économique. »
Rien de tout cela ne rejoint l’essentiel et de la pensée de MARX et de celle de FREUD : non pas au niveau d’un vocabulaire, mais radicalement. Faire de la famille la place forte de la transmission de l’idéologie dominante, confondre économie politique et économie libidinale, assimiler MARX à une sociologie, sans voir où la sociologie peut ou ne peut pas quitter l’économie politique, et FREUD à une psychologie, tout cela n’est rien au regard de la conception qui se fait jour : l’activation des masses, toujours réactionnaires prêtes à suivre un Führer ou un psychologue inspiré, mobiles et versatiles. REICH est un bon Führer et de plus bien plus atrd réécrivant son livre, il le dira : montrant ainsi clairement que la lutte politique pour lui est celle d’un chef, ayant prise sur les masses : un Führer, un leader, ou un savant. L’Individu bien inspiré aide à désaliéner les masses.
« La bourgeoisie, écrit au contraire BRECHT, ne peut se représenter la masse. Elle se contente toujours de dissocier masse et Individu. Mais même en face de l’Individu, la masse elle‑même est très divisible : elle se compose à son tour d’Individus qui sont pour l’Individu individuel dont nous sommes partis d’importance inégale. Par conséquent, l’Individu n’est pas seulement confronté à la masse, mais à des groupes au sein de la masse. Il parle à des groupes et ce n’est pas lui mais eux qui parlent de masse. Quand on sait cela, on connaît les conditions sans lesquelles n’est possible nulle forme d’organisation. »
FREUD n’est pas sorti de la dissociation bourgeoise mais du moins il n’avait pas la prétention d’intervenir politiquement sur la sexualité de la masse. Sa pratique lui commandait un réalisme relatif, son exigence méthodique savait distinguer hypothèse et faits. REICH plus tard en 1942 forgera la notion de démocratie du travail : « La démocratie naturelle du travail est la somme de toutes les fonctions vitales régies par les relations rationnelles interpersonnelles qui ont pris naissance qui ont grandi et se sont développées d’une manière naturelle et organique. »
REICH aura conduit la dissociation bourgeoise entre Individu et masse jusqu’au bout, dans le mépris de la classe ouvrière qu’il juge incapable d’activité politique autonome, puisqu’il faut canaliser ses énergies ; jusqu’au point où l’idée de nature récupère l’humanité tout entière, sans plus de distinction. REICH est bien un mystique, un de ceux dont il faisait durement une critique sans nuances, à sa façon globale : « Tout mystique est réactionnaire, l’homme réactionnaire est mystique ».
aDéfinition
Terme souvent employé par FREUD dans le cadre de sa conception dynamique de l’inconscient ; celui-ci tend à faire resurgir dans la conscience et dans l’action des productions en connexion plus ou moins lointaine avec lui. Ces dérivés du refoulé sont à leur tour l’objet de nouvelles mesures de défense.
aDéfinition
Terme très couramment employé dans la psychanalyse contemporaine pour désigner le mode de relation du Sujet avec son monde, relation qui est le résultat complexe et total d’une certaine organisation de la personnalité, d’une appréhension plus ou moins fantasmatique des objets et de tels types privilégiés de défense.
bRelations différentes
On parlera des relations d’Objet d’un Sujet donné, mais aussi de types de relations d’Objet se référant soit :
Relation d’objet orale
Relation d’Objet mélancolique
aIsomorphismes
La plupart des religions reconnaissent l’isomorphisme du céleste et de religieux : Saint AUGUSTIN ou Saint BERNARD, le mystique anonyme auteur de la Queste du GRAAL, soulignent l’isomorphisme avec autant de netteté que les Sujets analysés par BACHELARD : au plus haut de la cité sainte se dresse un temple prodigieux, nul vivant n’habite ces hautes tours si brillantes qu’elles paraissent faites des rayons d’or du soleil. En MESOPOTAMIEN, le mot dingir, qui signifie clair et brillant, est également le nom de la divinité céleste, de même qu’en SANSKRIT la racine div, qui signifie briller et jour, donne Dyaus, dios et deivos ou divus LATIN. Les UPANISHADS, si riches en images de la flèche et de l’ascension rapide, sont réellement pleines de symboles lumineux, Dieu y est appelé le Brillant, Eclat et Lumière de toutes les lumières et ce qui brille n’est que l’ombre de sa brillance.
Enfin, pour les BAMBARA, qui pourtant sont de race noire, le Dieu bienfaisant et suprême, FARO, est considéré comme appartenant à la race blanche et son corps est un composé d’albinos et de cuivre, métal brillant ; sa couleur emblématique est le blanc, et blancs sont les bonnets de purification des circoncis. D’autre part, le mythe de FARO explicite parfaitement l’isomorphisme des symboles célestes et lumineux à la fois : FARO, refaisant la création polluée par la néfaste MOUSSO‑KORONI, se dirige d’abord vers l’EST, le lieu de la blancheur, et comparant cette blancheur lumineuse à celle que l’âge confère aux cheveux, il ne lui donne que pour cette raison le nom de vieux, puis parcourant le cycle solaire, il va vers l’OUEST, pays des gens du soleil tombé. Dans cette cosmogonie inspirée par la lumière, FARO se consacre à hiérarchiser le ciel en sept cieux superposés, très voisins de ceux imaginés par les chamanes ou la tradition DANTESQUE, le plus bas étant le plus impur, encore souillé des traces de MOUSSO‑KORONI, tandis que le septième ciel est le siège royal de FARO, où réside l’eau baptismale et purificatrice et où se réfugie le soleil. Certes, FARO est par nécessité géographique un dieu d’eau, mais sa valorisation positive détermine une constellation symbolique où convergent le lumineux, le solaire, le pur, le blanc, le royal, le vertical, attributs et qualités qui, en fin de compte, sont ceux d’une divinité OURANIENNE.
BACHELARD ne réussit jamais complètement à discerner de la quiétude intérieure et protégée de la ville l’aspect polémique et défensif du rempart.
aDisposition
La rondeur pleine est plus ou moins assimilation à un ventre. Le jardin d’EDEN était circulaire et donc un symbolisme minéral.
Elle fait allusion à un refuge défensif plus définitif. René GUENON nous fait remarquer que la JERUSALEM céleste a un plan carré, ce qui en fait une ville au symbolisme minéral.
aLe renard et la cigogne (livre I)
Compère le renard se mit un jour en frais
Et retint à dîner commère la cigogne.
Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts :
Le galant, pour toute besogne,
Avait un brouet clair : il vivait chichement.
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette :
La cigogne au long bec n’en put attraper miette ;
Et le drôle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelques temps de là la cigogne le prie.
« volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
je ne fais point cérémonie. »
A l’heure dite, il courut au logis
de la cigogne son hôtesse ;
loua très fort sa politesse ;
trouva le dîner cuit à point.
Bon appétit surtout : renards n’en manquent point.
Il se réjouissait à l’odeur de la viande
Mise en menus morceaux et qu’il croyait friande.
On servit, pour l’embarrasser,
En un vase à long col et d’étroite embouchure.
Le bec de la cigogne y pouvait passer,
Mais, le museau du sire était d’autre mesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l’oreille.
Trompeurs, c’est pour vous que j’écris :
Attendez-vous à la pareille.
aDéfinition
Processus par lequel le but d’une pulsion se transforme en son contraire, dans le passage de l’activité à la passivité.