Point sur la campagne présidentielle...
Jeunesse.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal souhaitent créer un service civique
obligatoire de six mois. Mme Royal envisage une phase
d'expérimentation. Philippe de Villiers veut rétablir un service
militaire modernisé.
M. Sarkozy et Mme Royal proposent aussi d'accorder aux jeunes des prêts à taux zéro pour financer leurs projets. Mme Royal évoque 10 000 euros, M. Sarkozy parle de plusieurs milliers d'euros. Pour faciliter l'insertion professionnelle, Mme Royal entend instaurer un " droit au premier emploi " pour qu'" aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés ".
Ecole. M. Sarkozy veut supprimer la carte scolaire et permettre aux parents de choisir l'établissement de leurs enfants. Mme Royal prône son redécoupage " pour que les secteurs soient plus hétérogènes et que chaque famille ait le choix entre plusieurs établissements ". François Bayrou suggère de la faire évoluer en " équilibrant l'excellence au lieu de la concentrer sur les établissements les plus chanceux ".
Concernant les ZEP, M. Sarkozy veut " déposer leur bilan " sans renier pour autant " le principe de l'éducation prioritaire ". Il propose de transformer en cinq ans les établissements les plus deshérités en " établissements d'excellence ", en divisant par deux le nombre d'élèves et en récompensant par des salaires plus élevés les enseignants. Mme Royal veut limiter à 17 le nombre d'élèves par classes en CP et en CE1. Elle veut renforcer la présence adulte dans les établissements classés ZEP et y implanter des classes préparatoires aux grandes écoles. Ces deux pistes se retrouvent dans le programme de M. Bayrou. M. Le Pen veut instaurer un chèque scolaire pour laisser le choix entre enseignement public et privé.
Enseignement supérieur et recherche. Ce domaine est prioritaire pour les candidats PS et UMP. La socialiste propose de faire progresser de 10 % par an le budget de la recherche et de porter en cinq ans la dépense par étudiant au niveau moyen des pays de l'OCDE. M. Sarkozy veut augmenter l'effort de recherche de 40 % et le budget de l'enseignement supérieur de 50 % en cinq ans. M. Bayrou a chiffré quant à lui l'effort en faveur de la recherche à 3 % du PIB dans les cinq ans. M. Sarkozy et Mme Royal s'accordent aussi pour favoriser l'autonomie des universités et leur regroupement.
Contrat de travail. Pour Mme Royal, le contrat doit être un élément de sécurité pour le salarié. Elle propose la suppression du contrat nouvelles embauches (CNE), instauré par Dominique de Villepin, et affirme la nécessité de faire du CDI la règle. Elle propose des bonifications pour les entreprises qui transformeraient les contrats " précaires ", CDD, intérim, en CDI.
M. Sarkozy propose un contrat unique, dont les droits seraient progressifs. Il reprendrait certains traits du CNE, tout en en réduisant la période d'essai de deux ans et en rétablissant la nécessité de justifier les raisons de la rupture du contrat. Son objectif est de sécuriser le licenciement pour le chef d'entreprise, en en réduisant le coût et la période de contestation juridique. Olivier Besancenot (LCR) et Arlette Laguiller (LO) proposent l'interdiction des licenciements.
Dialogue social. Les deux principaux candidats veulent rénover le dialogue social et proposent de revoir les règles de la représentativité. Ils sont a priori d'accord pour les fonder sur une consultation électorale des salariés. Mme Royal ne précise pas les modalités du scrutin quand M. Sarkozy envisage d'ouvrir le premier tour des élections professionnelles à d'autres que les organisations syndicales. En revanche, M. Sarkozy propose d'encadrer le droit de grève (vote à bulletin secret dès le septième jour de conflit) et d'instaurer le service minimum dans les services publics, dès juin 2007. Il propose le non remplacement d'un fonctionnaire parti à la retraite sur deux.
Temps de travail. Si Mme Royal a pu, comme M. Sarkozy, critiquer les 35 heures, il n'est pas question de les supprimer. Elle n'a pas repris la proposition du PS de l'étendre à tous les salariés et propose d'ouvrir des négociations pour " déterminer comment on ne peut consolider cet acquis et réduire ses effets négatifs ". M. Sarkozy veut les supprimer de fait, en favorisant les heures supplémentaires. M. Le Pen veut supprimer les 35 heures, tandis que le PCF et la LCR proposent d'aller vers les 32 heures.
Pouvoir d'achat. Mme Royal prône l'augmentation rapide du smic à 1 500 euros et des bas salaires. Une conférence sur les revenus, en juin 2007, devrait en discuter. L'augmentation du pouvoir d'achat chez Nicolas Sarkozy se fera par le " travailler plus " et les heures supplémentaires sans charges à hauteur de quatre heures par semaine et la rémunération de toutes les heures supplémentaires avec une majoration de 25 %. Le PCF propose d'augmenter de 10 % les fonctionnaires et un smic à 1 500 euros tout de suite.
Retraites. M. Sarkozy propose de réformer les régimes spéciaux de retraite et de permettre aux Français de travailler plus longtemps. Mme Royal avance une augmentation des " petites retraites " de 5 %, sans préciser toutefois le mode de financement d'une telle mesure. Elle ne reprend pas la proposition du PS d'abrogation de la loi Fillon et renvoie à la discussion des partenaires sociaux, notamment, la réforme des régimes spéciaux. Elle n'a repris l'idée d'une CSG-retraite, proposée par François Hollande.
Santé. Le PS et l'UMP n'abordent plus la santé seulement sous l'angle de la maîtrise des dépenses. " Compte tenu (...) de l'aspiration bien naturelle de nos concitoyens à vivre en bonne santé, l'investissement dans la santé sera forcément majeur. ", confiait, en janvier, M. Sarkozy. Le PS a la même approche. M. Sarkozy a proposé l'établissement d'une franchise par famille sur le remboursement des premiers soins " afin de responsabiliser les patients ". Il rejette une progressivité des cotisations maladie mais n'exclut pas une TVA sociale. Mme Royal ne s'est pas prononcé sur le financement de l'assurance-maladie. Elle a proposé la gratuité des soins pour les moins de 16 ans ainsi que la création d'une carte santé pour les 16-25 ans.
Logement. M. Sarkozy veut " faire de la France un pays de propriétaires " tandis que Mme Royal insiste sur la nécessité de développer une offre locative accessible aux plus modestes. Pour les accédants à la propriété, le candidat UMP propose de rendre déductible de l'impôt sur le revenu la totalité des intérêts d'emprunt de l'impôt et de vendre 1 % du parc de logements sociaux par an à leurs occupants (environ 40 000 habitations).
Favorable à l'accession à la propriété des ménages qui ont loué une HLM pendant quinze ans, Mme Royal met l'accent sur la production de logements sociaux (120 000 par an). Elle propose de céder des terrains publics à moitié prix aux organismes HLM et de durcir les sanctions contre les communes qui ne respectent pas leurs objectifs de construction locative sociale. Olivier Besancenot réclame un blocage des loyers et l'arrêt des expulsions locatives.
Immigration. Si Dominique Voynet (Verts) et Marie-George Buffet (PCF) proposent la régularisation de tous les sans-papiers, Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy sont opposés à une régularisation globale. La candidate du PS préconise " une régularisation sur critères " (linguistiques, durée de présence sur le territoire, promesse d'embauche, scolarisation des enfants...), alors que celui de l'UMP défend une régularisation sur décision discrétionnaire des préfets.
M. Sarkozy défend une " immigration choisie " dans le cadre d'études ou l'exercice d'une profession, tandis que Mme Royal, voyant dans l'immigration un " facteur de dynamisme " démographique et économique, souhaite " faciliter les migrations de travail en permettant les allers-retours avec un même visa ".
Justice. La plupart des candidats sont favorables à une réforme de la justice et de la prison. Ils sont d'accord pour réformer la composition du Conseil supérieur de la magistrature et la carte judiciaire. Mme Royal propose de doubler le budget de la justice, tout comme M. Bayrou, qui veut créer un garde des sceaux indépendant. M. Sarkozy propose une augmentation sans préciser le montant. Il est favorable à la création d'un procureur général de la nation, de jurys dans les tribunaux correctionnels. Mme Royal et M. Sarkozy sont favorables à une plus grande fermeté vis-à-vis des mineurs délinquants. Le candidat UMP veut réformer l'ordonnance de 1945 et juger les mineurs de plus de 16 ans récidivistes comme des adultes. La socialiste demande des " sanctions fermes et rapides ". Pour les mineurs, elle veut supprimer les peines de prison (sauf atteintes graves aux personnes) et développer les centres éducatifs renforcés " si besoin avec un encadrement militaire ".
Service France
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