PSYCHANALYSE ARTHUR - AUTISME
a Le souverain de l’Occident médiéval 2
a Historia regum Britanniae, 1137. 2
d Les chevaliers de la table ronde. 2
a Rédigé par JACQUES BOULENGER, Paris, 1923. 2
i Dite « avoir de l’ascendant ». 3
i Dite « ne pas être dans son assiette ». 4
a Positionnement géographique. 4
b De ce fait, coexistence : place à table et malaise psychique. 4
Chapitre 40 ATTENTION (également flottante) 5
i Dite attraction‑répulsion. 5
a Création par BLEULER en 1911. 6
i Différence entre la France et les USA.. 6
iii L’autisme infantile précoce. 6
aLe souverain de l’Occident médiéval
C’est un héros celte. Prouesses et courtoisie, conquêtes et service de l’Eglise sont ce qui faisait vibrer la cour du roi ARTHUR (ou ARTUS).
Fils d’UTER PENDRAGON, roi de BRETAGNE, et d’YGERNE, femme du duc de CORNOUIALLES, ARTHUR manifeste l’union des deux peuples « qui s’entendaient parler d’une rice à l’autre » de la MANCHE.
bLe roi‑chevalier
ARTHUR est élevé par MERLIN l’enchanteur et couronné à l’âge de quinze ans. Armé d’EXCALIBUR, son épée magique, il expurge son pays des monstres et des géants, chasse les envahisseurs, conquiert le continent, arrive à ROME et va même jusqu’en PALESTINE, d’où il rapporte la Croix du CHRIST.
cLe roi trahi
Mais c’est aussi un roi trompé. La reine GUENIEVRE accepte les hommages courtois de LANCELOT du Lac et, son neveu MODRED profite de son absence pour lui ravir la couronne. Il poursuit l’un et l’autre de sa vengeance et est blessé à mort, en l’an 542, en guerroyant contre l’usurpateur.
MORGANE et les fées l’emportent sur une nef dans l’île d’AVALLON, d’où il reviendra pour délivrer son peuple.
dLes chevaliers de la table ronde
ARTHUR tient sa cour au château de CAERLEON, dans le pays de GALLES. Pouresses et savoir‑vivre y sont les maîtres mots. Il a fondé l’ordre des chevaliers de la table ronde afin qu’il n’y ait pas de problèmes de préséance entre les chevaliers. Ceux‑ci sont des convives égaux qui, chacun de leur côté, partent en quête d’aventure respectant par‑dessus tout le Code et la Chevalerie, à savoir l’hommeur, la fraternité d’armes, la protection des faibles et de l’Eglise. A leur retour, ils se retrouvent au château de Joyeuse‑Garde et y racontent leurs exploits. Car « aux grandes fêtes, le roi ne s’assied point ) son haut manger avant qu’une aventure fût advenue en sa maison ».
eLa quête du GRAAL
La quête du GRAAL est leur hantise. Le GRAAL est une mystérieuse coupe, celle dans laquelle PILATE s’est lavé les mains et/ou celle qui a servi à la Sainte CENE, le Jeudi saint, et/ou encore celle dans laquelle JOSEPH d’ARIMATHIE a recueilli quelques gouttes du CHRIST. Cette quête ne peut être entreprise que par un chevalier sans reproche. Seul GALAAD, le fils de LANCELOT, s’en est trouvé digne. Il est « le vrai chevalier, le désiré, le promis, sorti du haut lignage du roi SALOMON et de JOSEPH d’ARIMATHIE, celui qui mènera à bien la quête du saint GRAAL et achèvera les temps aventureux ».
aExpressions
De toutes les croyances ANTIQUES, l’astrologie est certainement la plus vivace. Peu ou prou, les gens aiment à penser que les étoiles leur font personnellement de l’œil, et attribuent volontiers à leur influence les événements heureux ou déplaisants de leur existence. L’important en la matière est l’étoile qui préside à la naissance, c’est‑à‑dire « qui monte sur l’horizon au premier instant de la naissance d’un homme ou d’une femme ». C’est cela l’astre ascendant, du latin ascendere, « monter », et dont tout dépend, selon la foi des astrologues qui calculent à partir de lui le thème de la nativité. Si l’étoile est bonne, tant mieux, sinon le pauvre bébé est un malotru – c’est‑à‑dire étymologiquement mal ostru, né sous un mauvais astre. Naturellement, l’astre en question peut avoir des influences particulières. SCARRON, écrivant à une amie très chère à laquelle il précise : « Vostre Cul doit être un des beaux Culs de France », s’exclame :
« Que les Hommes n’ont pas pareille Destinée !
Et que vous estes née
Sous un Astre puissant & favorable aux Culs !
Tandis que le vostre est, près de ceux de Princesses,
Assis sue ses deux Fesses,
Le nostre n’est assis que su deux os pointus. »
De cet ascendant littéral, on est passé très vite à des influences moins céleste. « Ascendant – dit FURETIERE – se dit en discours ordinaire d’une supériorité qu’un homme a sur l’esprit d’un autre, qui provient d’une cause inconnue. Pour gagner vôtre Rapporteur, employez un tel de ses amis ; il a un grand ascendant sur son esprit. »
Le schème de l’élévation et les symboles verticalisants sont par excellence des métaphores axiomatiques, elles sont celles qui plus que toutes autres engagent le psychisme tout entier. Tous les symboles rituels dans toutes les cultures sont autant de moyens pour atteindre le ciel.
aCultures
Dans la mystique CHRETIENNE, c’est l’anabathmon aux 7 degrés dont parle Guillaume de SAINT‑THIERRY, après Hildegarde de BINGEN, Honorius AUGUSTODUNENSIS, Adam de SAINT‑VICTOR dénomme la croix du CHRIST échelle des pêcheurs ou divine échelle et Saint BERNARD lit à travers les lignes du Cantique des Cantiques une technique de l’élévation. Tradition renforcée chez les CHRETIENS par la littérature PAULINIENNE et NEOPLATONICIENNE, car tous les dualismes ont opposé la verticalité spirituelle à la platitude charnelle ou à la chute. Enfin, la poésie hérite de ce complexe de JACOB.
bPrésences dans/chez
En liaison direct avec son Surmoi et se groupant en une remarquable constellation avec le symbolisme de l’aigle, de l’empereur et de ce que le psychanalyste BAUDOUIN appelle le complexe spectaculaire, l’échelle de JACOB apparaît régulièrement chez HUGO. Bien entendu, HUGO est un poète manichéen et l’ascension repose sur le contrepoint négatif de la chute. Gueule, gouffre, soleil noir, tombe, égout et labyrinthe sont les repoussoirs psychologiques et moraux qui mettent en évidence l’héroïsme de l’ascension. La caractéristique de toutes ces échelles, c’est d’être célestes et même quelquefois célestes au sens propre, c’est‑à‑dire astronomiques, les sept ou neuf échelons correspondent aux planètes, le dernier, lumineux et doré, étant consacré au soleil.
aExpressions
Naturellement on mangea très longtemps à même le plat commun posé sur la table. Cela jusqu’à une époque tout à fait récente dans les classes les plus pauvres de la société. L’assiette Individuelle ne date que du début du 16ème siècle, d’abord chez les grands, puis chez les bourgeois.
Avant d’être cette vaisselle plate dans laquelle on sert la nourriture, « assiette » signifiait seulement « position, manière d’être posé ». Le mot désignait dans le même esprit la situation, l’emplacement d’un bâtiment ou d’une place forte :
« Ma maison est telle qu’on ne peut la forcer sans canon ; elle est très avantageuse d’assiette et bien flanquée » (Cyrano de BERGERAC)
En matière de repas, l’assiette désigna donc d’abord la position des convives autour d’une table. Au 14ème siècle :
« Deux maistres d’hostel pour faire laver, et ordonner l’assiette des personnes » (leur place).
Par extension, on appela ainsi le service qu’ils avaient devant eux, et enfin le petit plat d’argent, d’étain, de porcelaine, qui remplaça chez les riches la vieille écuelle à potage. Mais les deux acceptions du terme coexistèrent, avec aussi le sens figuré de « disposition, état d’esprit ». « Garde au sein du tumulte une assiette tranquille », conseille BOILEAU, tandis que LA BRUYERE fait cette constatation blasée :
« Les hommes commencent par l’amour, finissent par l’ambition, et ne trouvent une assiette plus tranquille que lorsqu’ils meurent. »
C’est de cette disposition qu’il s’agit lorsque nous ne sommes pas « dans notre assiette » - dans notre meilleure forme. Pourtant, à mesure que se répandaient la faïence et la porcelaine, la confrontation des mots finissait par produire des effets cocasses. Par exemple dans cette phrase de MASSILLON, un prédicateur du 18ème siècle, qui dans un éloge funèbre rend hommage à la sérénité du disparu :
« Jamais un de ces moments de vivacité qui ait pu marquer que sa grande âme était sortie de son assiette… »
Ça aurait fini par faire des salades, il était temps qu’un des deux sens se retirât. Ce fut la vaisselle qui l’emporta.
Terme emprunté à l’associationnisme et désignant toute une liaison entre deux ou plusieurs éléments psychiques dont la série constitue une chaîne associative. Parfois le terme est employé pour désigner les éléments ainsi associés. A propos de la cure, c’est à cette dernière acception qu’on se réfère, en parlant, par exemple, des « associations de tel rêve » pour désigner ce qui, dans les propos du sujet, est en connexion associative avec ce rêve. A la limite, le terme « associations » désigne l’ensemble du matériel verbalisé au cours de la séance psychanalytique.
alibre
Plus précisément, le patient doit faire part au psychanalyste de ses pensées telles qu’elles se présentent, et au moment où elles viennent à l’esprit : sans choix, sans réserve, sans jugement, sans réticence.
Pour autant que l’analysant franchit les résistances qui viennent s’opposer de façon plus ou moins massive à la réalisation de ce projet, pour autant qu’est donc respectée la règle fondamentale, l’expérience montre que les thèmes (les associations) rapportés après l’abandon de la direction volontaire et réflexive de la pensée, s’organisent selon certaines lignes de force privilégiées. L’intention consciente laisse donc place alors à une intention inconsciente qui structure le discours associatif selon des réseaux complexes mais significatifs. S’y font jour régulièrement des désirs, des transferts, des angoisses, des émois, des jugements, des réminiscences, etc. : toutes expressions qui se montrent reliées, articulées sur un ou plusieurs points, et selon des interférences et des déplacements ou liaisons variables, pour former des unités de sens.
C’est dans l’écoute de l’association libre, mais dans la mesure où elle laisse entendre en réalité un déterminisme d’implication (où tout soi‑disant hasard associatif trouve possiblement élucidation et surdétermination), que le psychanalyste construit et propose ses interprétations, au moins quand le développement suffisant du rapport affectif le permet ou l’exige.
L’expérience psychanalytique est lé vérification permanente que l’association libre est la voie royale par laquelle se révèlent les idées latentes qui sous‑tendent l’insistance des symptômes manifestes.
Alors que la fatigue est un sentiment pénible d’épuisement avec difficulté d’agir, consécutif à un effort excessif, l’asthénie désigne une fatigue pathologique, en l’absence de cause immédiate. Constituant l’un des symptômes les plus courants des maladies physiques, l’asthénie peut aussi témoigner d’une pathologie psychique. L’analyse de ses caractères, des circonstances de son installation, la recherche par l’interrogatoire et l’examen physique de symptômes associés, et si nécessaire les examens complémentaires, permettent d’en préciser l’origine.
C’est une déesse armée aux yeux étincelants. Peu féminine et farouchement vierge, elle jaillit de la hache d’HEPHAÏSTOS et du front de ZEUS, maîtresse des armes, maîtresse de l’esprit, mais également maîtresse du tissage.
La rivalité entre ATHENA et ARACHNE ne résout‑elle pas le problème que posait DUMEZIL ? Il n’y a qu’un impérialisme conquérant chez la déesse de la sagesse à vouloir se mesurer à la fileuse mythique, à la PARQUE.
Manière dont, selon Freud, l’analyste doit écouter l’analysé : il ne doit privilégier a priori aucun élément du discours de celui-ci, ce qui implique qu’il laisse fonctionner le plus librement possible sa propre activité inconsciente et suspend les motivations qui dirigent habituellement l’attention. Cette recommandation technique constitue le pendant de la règle de libre association proposée à l’analysé.
aCatégorisation
Mouvements contraires et ambivalents faits d’attirance et de rejet pour un même Objet.
aCréation par BLEULER en 1911
Du grec autos (soi-même). Terme forgé par BLEULER, en 1911, pour décrire le détachement de la réalité ou absolue de la vie intérieure. L’autiste est un introverti où l’intérêt pour les préoccupations d’ordre imaginaire prédomine sur le souci de la réalité.
bCe qu’on peut en dire
La nosologie française continue de placer l’autisme dans le cadre des psychoses de l’enfant. Mais selon les recherches les plus récentes de la psychiatrie américaine, l’autisme infantile serait plutôt un trouble global du développement mental distinct des psychoses tout au long de son évolution. L’absence d’expression délirante et hallucinatoire serait une différence clinique fondamentale de l’autisme.
Est typiquement la forme évoluée du délire rencontré dans certains cas de schizophrénie. Il s’agit d’un délire chronique qui aboutit à la constitution d’un monde hermétique, impénétrable, non communicable, qui tend à se clore sur lui-même. Exprimé dans un langage abstrait, au symbolisme idiosyncrasique, il procure à l’interlocuteur une impression d’un amalgame de constructions imaginaires et hallucinatoires incohérentes, dont il est impossible de percer tous les arcanes, et qui témoignent d’une conception étrange et bizarre profondément aliénée du monde.
Décrit par Léa KANNER en 1943. Il est de 5 et 10 pour 10000, atteint trois à quatre garçons pour une fille. Désigne un syndrome psychiatrique propre au très jeune enfant qui n’a rien à avec la schizophrénie.
Son trait pathologique déterminant est un trouble grave de la communication avec autrui, trouble massif de la structuration et de la valeur communicative du langage ou mutisme complet. Il se manifeste par des répétitions inlassables de gestes, mouvements, sons ou mots (écholalie), et une résistance aux changements et des réactions inattendues à la modification des habitudes. Le développement de l’adaptation sociale et affective est très altéré, le sujet est considéré comme bizarre, incompréhensible.