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7 août 2003

PSYCHANALYSE AUSTRALIE tribus

a Différentes tribus. 1

i ARUNTA.. 1

a Rites. 1

Un Femmes. 1

Deux Feu. 2

· L’engwura. 2

· Circoncision. 2

ii KURNAÏS. 2

iii BUKA.. 2

a Mythes. 2

Un Rhombe. 2

iv ILPIRRA.. 3

a Chez les femmes. 3

v MURNGIN.. 3

vi TIKOPIA.. 3

vii WUNAMBAL. 3

viii YIRRKALLA.. 4

aDifférentes tribus

Il est impossible de déterminer – même dans une tribu certes très primitive comme celle des ARUNTA, mais parvenue aujourd’hui à une période tardive de son développement – si ces rites furent, à l’origine, créées par les femmes. SPENCER et GILLEN nous ont mis en garde contre l’erreur, déjà répandue de leur temps, de les considérer comme limités aux hommes seulement et comme étant leur seule propriété. Si FREUD avait tenu compte de leur avertissement, il ne se serait pas livré à des spéculations qui lui ont fait relier ces cérémonies à l’angoisse de castration actuelle. Les auteurs ont attiré l’attention sur les traditions successives des ARUNTA qui montrent, avec force détails, que les choses concernant les femmes et considérées comme tabou aujourd’hui, ne l’étaient pas dans le passé.

Ils célèbrent deux stades du développement physique des filles. Tout d’abord, SPENCER et GILLEN nous apprennent dans Native Tribes que :

« Pour favoriser le développement des seins d’une fille, les hommes se rassemblent dans le camp des hommes où, tous ensemble, […] ils prononcent une exhortation pour que les seins se développent. […] A l’aube, l’un d’entre eux sort du groupe et conduit la fille dans un lieu proche du camp des hommes où elle se rend, accompagnée de sa mère. Là, son corps est entièrement frotté de graisse (par les frères de sa mère) qui peignent alors avec de l’ocre rouge une série de lignes droites au bas du dos et aussi au milieu de la poitrine et de l’estomac ? un grand cercle est peint autour de chaque mamelon. »

L’événement suivant le plus important de son développement sexuel est ritualisé sous la forme suivante :

« Dans les tribus ARUNTA et ILPIRRA, quand une fille a ses première règles, elle est conduite par sa mère dans un lieu proche […] du camp des femmes, d’où les hommes ne s’approchent jamais. Un feu est allumé et la mère fait un camp ; la fille doit creuser un trou de 30 à 45 cm de profondeur, sur lequel elle s’assied, assistée de sa mère et de quelques autre mères tribales. […] Pendant les deux premiers jours, elle est censée rester assise sur le trou sans bouger ; ensuite, l’une ou l’autre des vieilles femmes présentes peuvent l’emmener pour aller chercher de la nourriture. Quand le flot menstruel s’arrête, elle doit combler le trou. Elle devient alors ce qu’on appelle wunpa, elle retourne au camp des femmes, et peu après, elle subit le rite de l’ouverture de la vulve et est remise à l’homme auquel elle a été attribuée. »

La fille reste wunpa jusqu’à ce qu’elle ait les seins pendants, la forme caractéristique de la poitrine des INDIGENES qui ont enfanté, après quoi elle est appelée arakutja, du nom qui désigne une femme complètement épanouie.

Le quatrième stade de l’initiation chez les ARUNTA et dans les tribus ILPIRRA est appelé l’engwura. Il consiste en une longue suite de rites, dont la plupart sont totémiques, qui durent pendant des mois et se terminent par les épreuves du feu. Les novices ne sont pas complètement initiés avant que toute la série ne soit terminée. Tous les participants de l’engwura ont le corps orné de peintures généralement appliquées en utilisant comme adhésif le sang s’écoulant de la plaie de le subincision ou tiré d’une veine du bras. La quantité de sang ainsi utilisée ou versée est considérable. Ces cérémonies peuvent conduire les donneurs de sang à un épuisement total. SPENCER et GILLEN ont signalé qu’à une seule occasion, un homme avait donné un litre et demi de sang. En analysant ces cérémonies, il est bien montré que les femmes possèdent un pouvoir sur le feu. Elle paraissent l’utiliser pour menacer et dominer les hommes, comme dans les récits mythiques, où les hommes, lors de la circoncision, étaient brûlés avec un bâton à feu. Les hommes sont protégés de cette menace (et des femmes) aussi longtemps qu’ils sont séparés de celle‑ci par la rivière. La grande hésitation jouée par les hommes avant qu’ils ne traversent la rivière protectrice suggère, une fois de plus, le pouvoir que les femmes paraissent exercer sur eux. Ce qui sera démontré de manière pittoresque par le geste des femmes qui font s’incliner les hommes vers le feu et parce que cet acte marque le point culminant de la cérémonie. L’initiation des hommes se termine, semble‑t‑il, quand ils renoncent à la protection de l’eau et se soumettent au feu et aux femmes. Après la cérémonie du feu, il reste peu de doute quant au sentiment de sécurité éprouvé par les novices auprès des femmes qui, alors, s’offrent rituellement aux hommes en tant qu’Objets sexuels. Une dernière phase des cérémonies fait penser qu’à la fin, les hommes reçoivent de nombreuses satisfaction sexuelles.

Le feu joue un rôle important dans des rituels initiatiques autres que ceux de l’engwura. Divers récits nous rapportent que la méthode la plus ancienne pour pratiquer la circoncision était l’utilisation de bâtons à feu qui, ultérieurement, furent remplacés par des couteaux de silex. Il se peut donc que l’utilisation du feu et de la fumée dans la phase finale de l’initiation représente un dernier vestige de la circoncision par le feu, et celui d’une circoncision ou d’une initiation à laquelle les femmes prenaient une part prédominante et beaucoup plus active.

Les KURNAÏS d’AUSTRALIE savent très nettement faire la distinction entre l’archétype imaginaire et l’animal objet de l’expérience cynégétique. Ils appellent jiak de dernier, tandis qu’ils réservent le nom de muk‑jiak, « animaux remarquables » aux archétypes thériomorphes des contes et des légendes. L’animal se présente donc, en de telles pensées, comme un abstrait spontané, l’objet d’une assimilation symbolique, ainsi qu’en témoigne l’universalité et la pluralité de sa présence tant dans une conscience civilisée que dans la mentalité primitive. L’ethnologie a bien mis en évidence l’archaïsme et l’universalité des symboles thériomorphes qui se manifestent dans le totétisme ou ses survivances religieuses thériocéphales.

« Une femme se rendit un jour dans le fourré pour couper du bois à brûler […]. Elle ramassa un morceau de bois et en frappa une grosse bûche. Il se fendit en deux. Un morceau fut projeté en l’air et fit un bruit comme celui‑ci (le narrateur imite le bruit). La femme sursauta de peur : ‘’Qu’est‑ce que c’est ?’’ Puis elle pensa : ‘’C’est quelque chose de très bien. Cela m’appartient. C’est moi qui l’ai trouvé.’’ […] Ensuite, elle retourna au village [et toutes les femmes se réunirent et] dirent : ‘’En vérité, en vérité, tu as découvert quelque chose de bien. Cela nous appartient, c’est toi qui l’as trouvé. »

« Alors, tous les hommes arrivèrent [et désirèrent connaître la cause de tout ce bruit. Les femmes le leur dirent], puis tous les hommes retournèrent de leur côté, dans leurs huttes et dirent : ‘’Ah, si seulement nous avions trouvé ce morceau de bois, il peut pousser des cris.’’ Alors les hommes vinrent et le prirent aux femmes, puis ils les tuèrent […] toutes, sauf quelques toutes petites filles, presque des bébés ; on leur permit de vivre, parce qu’elles ne savaient rien de l’origine du rhombe. »

Ce mythe, rapporté par SPENCER et GILLEN dans Native Tribes, et d’autres encore sont parallèles, semble‑t‑il, à ceux qui prétendent que la circoncision fut, à l’origine, pratiquée par les femmes ; on pourrait dire qu’ils se confirment les uns et les autres, puisqu’ils étaient relativement indépendants les uns des autres.

SPENCER et GILLEN nous apprennent dans Native Tribes que :

« Dans les tribus ARUNTA et ILPIRRA, quand une fille a ses première règles, elle est conduite par sa mère dans un lieu proche […] du camp des femmes, d’où les hommes ne s’approchent jamais. Un feu est allumé et la mère fait un camp ; la fille doit creuser un trou de 30 à 45 cm de profondeur, sur lequel elle s’assied, assistée de sa mère et de quelques autre mères tribales. […] Pendant les deux premiers jours, elle est censée rester assise sur le trou sans bouger ; ensuite, l’une ou l’autre des vieilles femmes présentes peuvent l’emmener pour aller chercher de la nourriture. Quand le flot menstruel s’arrête, elle doit combler le trou. Elle devient alors ce qu’on appelle wunpa, elle retourne au camp des femmes, et peu après, elle subit le rite de l’ouverture de la vulve et est remise à l’homme auquel elle a été attribuée. »

WARNER, décrivant ce qui paraît être à la base des cérémonies KUNAPIPI, telles qu’elles se présentent lors de l’initiation MURNGIN, y ajoute un élément important. Chez les MURNGIN, on dit aux garçons qui doivent être circoncis : « ‘’Le Grand‑Père Serpent sent votre prépuce. Il le réclame.’’ Les garçons croient que c’est vrai et en conçoivent une vive frayeur. » Le Great Father Snake est la traduction donnée par WARNER non de YURLUNGGUR (terme MURNGIN pour JULUNGGULà, mais d’un autre terme parfois utilisé qui s’ajoute à YURLUNGGUR. YURLUNGGUR est intraduisible. L’odeur du prépuce exerce ici la même attraction sur le Serpent que l’odeur de la menstruation et du post‑partum des femmes. Comme le prépuce sera effectivement coupé ultérieurement au cours des cérémonies, il semble que le Serpent qui a incorporé ou désirait incorporer le sexe féminin, provoque maintenant le saignement de l’organe sexuel mâle. Si le saignement de l’organe génital ne peut être objectivement comparé au saignement génital féminin, il semble du moins représenter la satisfaction d’un désir éveillé par ce dernier. La déclaration des MURNGIN citée par WARNER continue dans ces termes : « Ceci est le sang dont le Serpent percevait l’odeur quand il était dans le trou d’eau. […] Quand un homme a du sang sur lui (appliqué sur son corps lors des cérémonies) il devient tout à fait pareil à ces deux vieilles femmes, lorsqu’elles saignaient. » Quand, au cours du rituel, l’homme donne son sang, on joue de la trompette sur lui ; la trompette représente YURLUNGGUR se dressant hors du trou d’eau pour avaler les femmes, parce qu’il a perçu l’odeur du sang menstruel. Les chants font allusion à la souillure du trou d’eau et à l’avalement des femmes, ce qui signifie que l’homme qui donne son sang pour la première fois est avalé par le Serpent et est, à ce moment‑là, la femme mythique. Quand un garçon est circoncis, c’est comme si le Serpent était revenu, attiré par le pénis saignant tout comme il fut attiré, dans les temps mythiques, par les femmes qui saignaient. 

La relation étroite entre le feu et la circoncision est confirmée par un de leurs termes très particulier. Ce terme a trait à l’allumage du combustible dans le foyer. Littéralement, il signifie « l’allumage des fours ». Mais le même terme englobe toute la cérémonie d’initiation qui comporte l’incision de la partie antéro‑supérieure du prépuce. Une signification rituelle précise est donc attachée à ce terme quand il s’agit d’initiation.

Ils vivent au NORD‑OUEST de l’AUSTRALIE. On dit que le feu lui‑même est né de la subincision. L’un de leurs ancêtres mythiques les plus importants « lança le premier éclair en incisant son pénis d’où jaillirent le feu et l’éclair. Il créa le feu en éversant la partie rouge du pénis incisé jusqu’à ce que la flamme en jaillisse. En reliant la subincision à l’acquisition du feu, les hypothèses de FREUD (dans Zur Gewinnung des Feuers) sont confirmées, il y a relation entre le feu et les phénomènes phalliques : les hommes avaient dû contrôler leur désir d’éteindre les flammes par la miction pour acquérir la possession permanente du feu. Effectivement, les hommes subincis ne peuvent plus diriger aussi bien leur jet d’urine. Le plaisir d’éteindre une flamme en position accroupie est bien mince comparée à celui de l’éteindre en dirigeant d’une certaine distance son jet d’urine. Si l’on admet que les feux de forêt provoqués par l’éclair aient été, pour l’homme, la source originelle du feu, éteindre celui‑ci en urinant paraît une idée ridicule. Mais il n’est pas exclu que le feu allumé par l’éclair ait été conservé sous forme de petites flammes semi‑permanentes pouvant facilement être éteintes par la miction.

Cette tribu se trouve au NORD‑EST de l’ARNHEM LAND du KUNAPIPI, la prise de sang effectuée au bras est un substitut de la pratique du KUNAPIPI. Le chant indiquent que le sang tiré du bras, d’un usage si commun dans les cérémonies ABORIGENES, est un substitut du sang s’écoulant des organes génitaux, y compris du pénis subincisé. Cette remarque est importante, parce qu’on a pensé qu’il y avait une différence essentielle entre le « bon » sang, provenant des parties supérieures du corps et le « mauvais » sang qui s’écoule des parties inférieures et principalement des organes génitaux.

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