PSYCHANALYSE FRUSTRATION - FUREUR
ii Dite dans le primitivisme (BETTELHEIM) 2
Condition du Sujet qui se voit refuser ou se refuse la satisfaction d’une demande pulsionnelle.
aPsychanalyse
La frustration désigne la non‑satisfaction de certains besoins physiologiques ou psychiques que le Sujet ressent comme une privation injustifiées.
Les réactions de l’individu à la frustration sont l’agressivité, la colère qui se traduit parfois par des cris, des larmes ou des gestes désordonnés.
Dans certains cas, cette agressivité pourra devenir source de forces nouvelles, par exemple si elle est intériorisée et, d’une certaine manière, valorisée ; mais des frustrations trop douloureusement ressenties et dissimulées risquent aussi d’aboutir au refoulement. Le Sujet ne réussit plus à résoudre ses conflits qui vont former la trame de ses difficultés.
Depuis ses premières années, l’enfant passe en réalité de frustration en frustration, compte tenu des impératifs sociaux qui régissent son existence : sevrage, puis apprentissage de la propreté.
Devenu adulte, il se retrouvera devant de nouvelles situations frustrantes : échecs aux examens, déceptions amoureuses, difficultés professionnelles, avantages matériels dont d’autres bénéficient et pas lui, etc.
On évalue le degré d’agressivité devant la frustration à l’aide d’un test projectif : le test de frustration de ROSENZWEIG, qui consiste en un cahier présentant au Sujet plusieurs dessins caractérisant des situations frustrantes.
aTypologie
Expression imagée qui désigne le fait que le sujet cherche dans la névrose un moyen d’échapper à ses conflits psychiques.
Cette expression a connu une grande faveur avec la diffusion de la psychanalyse ; elle s’est étendue aujourd’hui non seulement au domaine des névroses, mais à celui des maladies organiques où une composante psychologique peut être mise en évidence.
Il représente les gens qui cherchent un réconfort dans des types plus simples de civilisation. Etant centrés sur des activités sociales différentes, ces civilisations ignorent les insatisfactions de la culture née du machinisme. Les transfuges ne voient que cela, sans tenir compte des frustrations inhérentes à ce mode d’existence plus primitifs. Beaucoup d’intellectuels cherchent un réconfort dans les croyances apparemment simples de leurs ancêtres. Ce faisant, ils risquent de contracter la peur de l’enfer et de la damnation sans pour autant y trouver le soulagement affectif que procurait l’affirmation d’une foi collective. Il ne faut pas supposer non plus qu’un homme contemporain se sentirait à l’aise dans un cadre du 18ème. Affligés que nous sommes par les conséquences d’un apprentissage de la propreté qui nous a donné l’horreur de la saleté et des mauvaises odeurs, nous serions fort malheureux de vivre dans la puanteur des tas de fumier et des latrines primitives. A considérer avec nostalgie d’autres civilisations, nous ne ferons que déformer la vision que nous avons de la nôtre et rendre plus difficile la découverte d’une solution viable aux problèmes de notre culture. Les plaisirs de la chasse, si agréables qu’ils soient, ne guériront pas les frustrations auxquelles nous expose la technologie. Les activités de loisirs ne supprimeront pas davantage les inconvénients du machinisme. Au mieux, elles nous les feront provisoirement oublier, ou nous séduiront au point de nous interdire d’y trouver des remèdes. On n’évite pas la domination de la machine sur l’homme en prenant des vacances plus longues loin d’une vie dominée par les machines ou d’une existence réglée par elles. Il s’agit de trouver les moyens qui assurent à l’homme la domination des machines tout en lui permettant de bénéficier pleinement de leurs avantages. Chaque civilisation engendre ses propres malaises et les troubles affectifs qui en résultent ; elle doit aussi inventer des solutions conformes aux besoins réels de l’homme et aux besoins névrotiques caractéristiques de l’époque considérée. Faute de garder à l’esprit cette vérité élémentaire, nous risquons de préconiser des remèdes qui seront sans rapport avec les besoins et les tensions dont souffrent l’homme et la société à un moment donné de leur évolution. Pour résister à la menace du feu éternel et de la damnation, l’homme a besoin de son corollaire, la croyance dans la résurrection et le salut. Le problème que nous, nous avons à résoudre, c’est comment survivre à l’époque du machinisme qui a coupé l’homme de l’homme et l’être humain de la nature.
ad’Ajax
Le sang qui sort des narines et du flanc d’Ajax est noir. SOPHOCLE a-t-il voulu laisser entendre que le délire d’Ajax, puis son abattement étaient dus à un excès de bile noire ? C’est en effet l’interprétation d’ARISTOTE. La mélancolie, humeur noire, exerce sa contrainte en sa qualité de cause physique. Dans le comportement du mélancolique se succèdent la fureur et l’abattement, l’agitation et la tristesse. Ce n’est plus la colère du dieu offensé qui l’aiguillonne et l’égare, mais la loi du corps. Le délire d’Ajax n’est plus qu’un cas de mélancolie où colère, égarement puis abattement s’enchaînent. Ajax n’est donc plus un héros tragique, il est malade, il est fou. Cependant, la folie d’Ajax procède d’une double cause. Elle est d’abord tout entière constituée par la colère du guerrier frustré de l’honneur qu’il revendiquait. Nous pouvons parler de rage, de fureur avant que la violence ne se dégrade en maladie. La folie est développée par l’addition d’une fureur naturelle et d’une tromperie divine qui écarte l’acte commencé de sa fin préméditée. Le projet vengeur n’était qu’excessif : il devient folie au moment où il manque son accomplissement. Pour l’esprit grec, ce décalage est l’un des aspects essentiels de la folie. L’étude de cet exemple à partir de l’analyse de STAROBINSKI permet de mieux percevoir l’ancrage dans le temps de quelques-unes des expressions stéréotypées utilisées actuellement dans notre vocabulaire de tous les jours : « un fou furieux ».