PSYCHANALYSE GARGANTUA - GEANT
b Selon les différentes cultures. 2
iv Dans la mythologie NORDIQUE. 2
a La Naissance du monde : Paris, 1959. 3
b Chou Yi Ki : Recueil du 6ème s. 3
G
DONTENVILLE, après avoir souligné dans le nom de GARGANTUA la répétition onomatopée de « gar », nous montre que le géant avaleur est à son tour avalé. Assimilé au soleil, il s’engloutit à l’horizon soit derrière les montagnes, soit dans la mer à l’endroit de l’OCCIDENT où les anciens situaient les Iles bienheureuses. Il a sa tombe, ses tombes, elles l’absorbent, l’avalent, l’ingurgitent.
Le château d’AVALON, consacré au dieu GARGANTUA, est un lieu où pour reprendre le vieux FRANCAIS « li soleil avaloit », c’est‑à‑dire « allait à val ». Et DONTENVILLE fait cette réflexion capitale : le double sens actif‑passif du verbe fait que l’Objet symbole a deux aspects, un mont GARGAN est absorbant, le dieu GARGAN est absorbé, et à son tour devient un avaleur. De même pour la symbolique CHRETIENNE, le CHRIST est à la fois le grand pêcheur et le poisson.
aDéfinition
Grands, forts et bêtes, tels sont le plus souvent les traits caractéristiques des géants. Ils laissent leurs empreintes dans le paysage, ils jouent au palet avec les rochers isolés et détournent les rivières. Certains sont mieux connus, comme la BEFFNIE, méchante ogresse qui emporte les petites filles qui ne font pas leur ouvrage, ou la GOUÏNE qui protège les voyageurs.
bSelon les différentes cultures
On les dit produit de l’union des anges révoltés et des filles des hommes, union contre la nature s’il en est. Très attachés à la terre, habitant le plus souvent le monde souterrain, ils ont apporté aux hommes la complicité avec une nature qu’ils dominent, leur ont appris les rudiments d’une science qu’ils voient de haut et sans doute d’autres secrets interdits au genre humain.
Fils de la Terre, nés du sang qui coule de la blessure d’OURANOS lors de sa mutilation par CRONOS, ils luttent contre ZEUS pour la souveraineté du monde. Ils représentent la jeunesse, la force, la virilité. ZEUS veut les exterminer, mais, pour cela, il a besoin de plus petit que soi – un homme. les GEANTS sont cette particularité de ne pouvoir être tués que conjointement par un dieu et par un homme. HERACLES qui n’a pas encore été déifié vient à l’aide de ZEUS.
La Terre veut sauver ses enfants et entreprend de chercher l’herbe d’immortalité. Mais ZEUS, plus rapide, plonge le monde dans la nuit et fait disparaître le produit piracle. Les GEANTS sont vaincus et plus rien n’empêche la force qu’ils représentaient de se mettre au service du droit.
Ils sont pour les IRLANDAIS, d’anciens dieux déchus, et cette condition équivoque leur donne un caractère ambivalent : puissance quasi divine dans un corps humain. Ils ne connaissent ni le Bien ni le Mal. Ils sont donc dangereux et dérangent tout sur leur passage.
Ils sont aussi des éléments de désordre. Ils habitent JÖTNUNHEIM et aspirent à s’emparer de la souveraineté du monde symbolisée par le marteau de THOR. Le géant THRYM y est parvenu et s’apprête à prendre possession de l’univers.
Après bien des prières, il accepte cependant de rendre l’instrument du pouvoir, mais demande en compensation la déesse FREYJA, dont la réputation de lascivité est grande. LOKI trouve une ruse pour tromper le géant. Il déguise THOR en FREYJA et lui‑même en servante. Ils s’en vont tous les deux au banquet offert par THRYM et, au moment où celui‑ci remet le marteau, LOKI extermine toute la famille de ses hôtes.
cCelui démembré
De l’œuf primitif sort le premier être.
Les Chinois racontent : « Au temps où le Ciel et la terre étaient un chaos ressemblant à un œuf, P’AN-KOU naquit dans celui‑ci et y vécut pendant dix‑huit mille années. Et lorsque le Ciel et la terre se constituèrent, les purs éléments YIN formèrent la Terre. Et P’AN-KOU, qui était au milieu, chaque jour se transformait neuf mois, tantôt dieu dans le Ciel, tantôt saint sur la Terre. »
Le récit continue en disant comment P’AN-KOU est devenu l’ancêtre des dix mille êtres de l’univers : « Lorsque P’AN-KOU mourut, sa tête devint un pic sacré, ses yeux devinrent le soleil et la lune, sa graisse les fleuves et les mers, ses cheveux et ses poils les arbres et les autres végétaux. ». P’AN‑KOU extirpe de son corps les minéraux, les végétaux, les animaux et tout ce qui compose le monde.