Canalblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
VDS
Publicité
VDS
Publicité
Archives
Publicité
VDS
Derniers commentaires
Publicité
7 août 2003

PSYCHANALYSE HEROS - HIRONDELLE

-

Chapitre 1 HEROS. 1

a Caractéristiques. 1

i Demi‑dieux. 1

ii Gloire. 1

iii Vertu. 2

b Image idéale. 2

i Leur utilité dans la civilisation. 2

ii Leur utilité avérée. 2

a Exemples de HEROS. 2

c Typologie. 2

i Dit CHRETIEN.. 2

ii Dit combattant 2

a Influence des dieux combattants à aujourd’hui 3

iii Dit le prototype. 3

a Pourfendeur des dragons. 3

iv Dit de la science‑fiction. 3

v Dit solaire. 3

d Synonymie. 4

i Prince charmant 4

Chapitre 2 HIRONDELLE. 4

a L’hirondelle et les petits oiseaux (livre I) 4

Ce sont des surhommes mythiques. Hors du commun, ils donnent une forme aux rêves les plus extraordinaires.

aCaractéristiques

Hommes du temps passé ou du temps mythique, les HEROS détiennent une force et une puissance extraordinaire. Leur naissance est merveilleuse, leur éducation exemplaire. Ils sont des pionniers et des créateurs. Dieux ou HEROS, l’une et l’autre appellation leur est donnée. On sait seulement qu’ils ne sont pas les plus grands des dieux, les maîtres du monde, et qu’ils ne sont pas de simples mortels. Ils constituent une catégorie à part.

La gloire leur comme une seconde nature. Ils accomplissent des hauts faits, gagnent des batailles difficiles, tentent des aventures périlleuses, éprouvent des sentiments excessifs, mais jamais vulgaires, vivent d’une vie débordante et se font une renommée éternelle.

Tout d’une pièce, ils ont un caractère tranché, sont les parangons d’une vertu, d’une qualité, d’un don, parfois même d’un vice, en tout état de cause d’une singularité. Ils en sont l’expression la plus extrême.

bImage idéale

Les HEROS représentent des valeurs. Ils incarnent des ambitions, fournissent les images aux rêves impossibles.

Ils sont l’expression de l’idéal d’une civilisation, idéal dont ils montrent à la fois la proximité et l’éloignement. Les HEROS sont les moteurs de l’évolution. Ils indiquent une direction et inspirent les attitudes et les actes.

On trouve dans de nombreuses civilisations, de l’AMERIQUE du Nord à la SIBERIE, de l’AFRIQUE Noire à l’EXTREME‑orient, des héros civilisateurs, ancêtres mythiques, fondateurs des institutions, dispensateurs de la culture. Ils ont reconstitué le monde après le déluge, modifié les formes du paysage, dérobé à l’autre monde le feu, la lumière et l’eau. Ils sont les exterminateurs de monstres, ils ont libéré l’humanité des grands fléaux.

ULYSSE est la ruse personnifiée, ACHILLE : la rapidité, HERCULE : la force.

cTypologie

Le héros CHRETIEN, pour vaincre le monstre, n’utilise pas toujours les moyens expéditifs du glaive : Sainte MARTHE enlace la TARASQUE avec sa ceinture, de même, Saint SAMSON de DOLE noue sa ceinture au cou du serpent tandis que Saint VERAN lie d’une chaîne de fer le coulobre de la fontaine de VAUCLUSE et, selon DONTENVILLE, l’APOLLON SAUROCTONE du Musée du VATICAN apprivoise le reptile et ne le tue pas. Le mythologue nous indique dans ce procédé du liage une très importante bifurcation – qu’il nomme non CHRETIENNE – de l’attitude héroïque vis‑à‑vis du Mal fondamental, à savoir : une euphémisation du Mal. Le monstre apparaît comme amendable et s’ouvre ainsi de nouveau la voie à l’antiphrase, au renversement des valeurs imaginaires, dont le serpent à tête de bélier des DRUIDES (qui n’est pas sans évoquer pour nous le serpent à plumes AMERINDIENS) serait le symbole même, la tête de bélier est protectrice. Elle doit s’appliquer à diriger le serpent, le diriger intelligemment, c’est‑à‑dire en un sens favorable à l’homme. Il nous semble que la même inflexion soit donnée par la littérature apocalyptique pour laquelle la destruction définitive des démons est soigneusement différenciée de leur capture. Cette dernière, fait à l’aide de liens ou de chaînes, n’est d’ailleurs qu’un châtiment temporaire et, comme l’écrit LANGTON, l’enchaînement de SATAN pour une période qui varie selon les différents textes était un trait habituel des conceptions démonologiques qui florissaient parmi les JUIFS de cette époque. On retrouve la même distinction dans les conceptions du zoroastrisme.

Au départ, il y a les dieux combattants. On peut citer le MARS LATIN et ses lances – hastae MARTIS – qui utilise, comme d’autres, à la fois des armes humaines et des foudres cosmiques. D’innombrables doublets folkloriques de THORR emplissent les légendes GERMANIQUES, tueurs de monstres, d’ours, de dragons, tels BARCO ou BJARKI et son protégé HÖTTR qui ne sont pas sans rappeler MRUTAH et les compagnons belliqueux d’INDRA. LA CHRETIENTE hérite de cet archétype du héros combattant. Les deux prototypes CHRETIENS du bon combat sont un archange et un prince mythique : Saint MICHEL et Saint GEORGES, au nom desquels seront armés les chevaliers du Moyen‑Age. Le premier, véritable APOLLON CHRTIEN, pourfend le dragon et règne à GARGANO près du Mont TOMBE ; le second, tel PERSEE, délivre une jeune fille qu’un dragon va dévorer et le transperce de sa lance. Ces prototypes se voient monnayés en de nombreux succédanés régionaux, tous requis contre le dragon et mobilisés contre les ténèbres : c’est Saint ARMANTAIRE à DRAGUIGNAN, Saint AGRICOL en AVIGNON, Saint BERTRAND à COMMINGES, Saint MARTIAL à BORDEAUX, Saint DONAT à SISTERON, Saint MARCELà PARIS ou encore Saint HILAIRE à POITIERS. Le folkloriste montre que chaque évêché, sinon chaque paroisse, tant l’archétype a du prestige et de la vigueur psychique, revendique un Saint patron sauroctone, et d’insister sur Saint HILAIRE de POITIERS qu’il assimile à HERCULE et qui devient le spécialiste FRANÇAIS de la victoire contre le dragon. Le thème du héros combattant se retrouve enfin dans les contes populaires sous la forme euphémisée du Prince Charmant.

Que ce soit le KOMO ou le KWORE BAMBARA dont le chef est un forgeron et dont les emblèmes ne doivent pas être vus par les femmes, que ce soient les BERSERKIR GERMANIQUES ou les LUCERES LATINS, ou enfin que ce soient les ordres de chevalerie CHRETIENS, tous semblent modeler sur l’action mythologique du héros combattant primordial. DUMEZIL, dans un chapitre de son livre sur Les Dieux des GERMAINS, s’est longuement étendu sur les constitutions de ces sociétés d’hommes dont les armes sont une sublimation et une ségrégation vicariante du pouvoir thériomorphe des griffes et des crocs, soit chez hommes ours ou hommes loups de la culture NORDIQUE, soit chez les hommes panthères d’AFRIQUE CENTRALE. Tous les membres de ces sociétés sont avant tout des guerriers, possèdent des droits sexuels étendus, pratiquent de dures brimades initiatiques qui constituent peut‑être un doublet liturgique des exploits du héros primordial. En OCCIDENT, les BERSERKIR s’humanisent et se transforment en Vikings, qui eux‑mêmes tendront à une sorte de chevalerie, où la sexualité, sous la pression cathartique de cette constellation d’archétypes militaires, deviendra très réglementée. Non seulement les grands ordres de chevalerie médiévaux, et le fameux ordre des TEMPLIERS avec son ascétisme militaire et homosexuel à la fois, nous semblent être la séquelle des sociétés d’hommes primitives, mais encore les cercles d’étudiants de l’Allemagne BISMARKIENNE avec leur rituel belliqueux et les brimades pratiquées de nos jours dans tout groupe masculin fermé nous apparaissent hériter des mœurs lointaines des BERSERKIR.

Le prototype semble bien être APOLLON perçant de ses flèches le serpent PYTHON. MINERVE aussi est une déesse armée. C’est cette spiritualité du combat que la psychanalyse met en relief dans une remarquable constellation HUGOLIENNE où viennent confluer, autour de l’activité intellectuelle, l’épée, le père, la puissance et l’empereur. HUGO, compensant ses déficiences physiques par ce doublet de l’épée que constitue l’intelligence confesse explicitement : « J’aurais éprouvé le besoin de devenir puissant par l’épée comme mon père et NAPOLEON, si je n’avais découvert cet admirable ersatz de devenir puissant par l’esprit comme CHATEAUBRIAND.. » On ne s’étonnera donc pas, dans la mythologie, de voir l’épée toujours revêtir un sens APOLLINIEN.

Etant donné que la science‑fiction représente comme acquis ce que les auteurs espèrent et redoutent, les changements correspondants de l’être humain sont également décrits comme s’ils existaient déjà. Les héros de ces histoires ont surtout des qualités non humaines. Leur dépersonnalisation est souvent symbolisée par leurs noms, Og ou M.331 par l’absence ou le dédain du corps, par le manque de relations humaines intimes. Si les histoires abondent en prodiges scientifiques, elles évoquent aussi la possibilité d’une destruction du monde. Dans certaines, les robots ou d’autres créatures, après avoir détruit l’homme le récréent, mais synthétiquement et non pas au moyen de la procréation d’êtres à son image. L’amour est pratiquement absent. La plupart des héros sont des esprits dépourvus de corps. Apparemment, les auteurs de science‑fiction tout en désirant le progrès scientifique semblent redouter qu’il n’entraîne la fin de notre existence biologique humaine.

Le haros solaire est toujours un guerrier violent et s’oppose en cela au héros lunaire qui est un résigné. Chez le héros solaire, ce sont les exploits qui comptent plus que sa soumission à l’ordre d’un Destin. La révolte de PROMETHEE est archétype mythique de la liberté de l’esprit. Volontiers le héros solaire désobéit, rompt ses serments, ne peut limiter son audace tel HERCULE ou le SAMSON émérite. On pourrait dire que la transcendance exige ce mécontentement primitif, ce mouvement d’humeur que traduit l’audace du geste ou la témérité de l’entreprise. La transcendance est donc toujours armée, et déjà nous avons rencontré cette arme transcendante par excellence que constitue la flèche, et déjà nous avions reconnu que le sceptre de justice appelle la fulgurance des foudres et l’exécutif du glaive ou de la hache. L’arme dont se trouve muni le héros est donc à la fois symbole de puissance et de pureté. Le combat revêt mythologiquement un caractère spirituel sinon intellectuel, car les armes symbolisent la force de spiritualisation et de sublimation.

dSynonymie

Le Prince Charmant écarte et déjoue les maléfices, délivre, découvre et éveille. Le Prince Charmant que l’on remarque aussi bien dans la légende NORDIQUE de SIGUR et BRUNEHILDE, dans un conte TARTARE, ou dans notre Belle au Bois Dormant, tous illustrant ce thème vieux comme les ARGONAUTES.

aL’hirondelle et les petits oiseaux (livre I)

Une hirondelle en ses voyages

Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu

Peut avoir beaucoup retenu.

Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages,

Et, devant qu’ils fussent éclos,

Les annonçait aux matelots.

Il arriva qu’au temps que la chanvre se sème,

Elle vit un manant en couvrir maints sillons.

-« ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons :

je vous plains ; car, pour moi, dans ce péril extrême,

je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin.

Voyez-vous cette main qui par les airs chemine ?

Un jour viendra, qui n’est pas loin,

Que ce qu’elle répand sera votre ruine.

De là naîtront engins à vous envelopper,

Et lacets pour vous attraper,

Enfin mainte et mainte machine

Qui causera dans la saison

Votre mort ou votre prison :

Gare la cage ou chaudron !

C’est pourquoi, leur dit l’hirondelle,

Mangez ce grain, et croyez-moi. »

Les oiseaux se moquèrent d’elle :

Ils trouvaient aux champs trop de quoi

Quand la chènevière fut verte,

L’hirondelle leur dit : »arrachez brin à brin

Ce qu’a produit ce maudit grain,

Ou soyez sûrs de votre perte.

-prophète de malheur ! babillarde ! dit-on

le bel emploi que tu nous donnes !

il nous faudrait mille personnes

pour éplucher tout ce canton. »

le chanvre étant tout à fait crue,

l’hirondelle ajouta : »ceci ne va pas bien ;

mauvaise graine est tôt venue.

Mais, puisque jusqu’ici l’on ne m’a crue en rien,

Dès que vous verrez que la terre

Sera couverte, et qu’à leurs blés

Les gens n’étant plus occupés

Feront aux oisillons la guerre ;

Quand reglinglettes et réseaux

Attraperont petits oiseaux,

Ne volez plus de place en place,

Demeurez au logis, ou changez de climat.

Imitez le canard, la grue et la bécasse.

Mais vous n’êtes pas en état

De passer, comme nous, les déserts et les ondes,

Ni d’aller chercher d’autres mondes ;

C’est pourquoi vous n’avez qu’un parti qui soit sûr :

C’est de vous enfermer au trou de quelque mur. »

Les oisillons, las de l’entendre,

Se mirent à jaser aussi confusément

Que faisaient les Troyens, quand la pauvre Cassandre

Ouvrait la bouche seulement.

Il en prit aux uns comme aux autres :

Maint oisillon se vit esclave retenu.

Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres,

Et ne croyons le mal que quand il est venu. »

Publicité
Commentaires
Publicité